Aller au contenu
I Love Immo

Diagnostics immobiliers · 6 min de lecture

La mérule : reconnaître ce champignon du bois, et savoir quoi faire en cas de doute

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

La mérule est un champignon qui détruit le bois des maisons humides et mal aérées. On la reconnaît à ses filaments blancs et cotonneux, à ses cordons gris sur les murs et à une fine poussière couleur rouille. Le bois touché brunit et se fend en petits cubes. Dès que vous la découvrez, vous devez la déclarer en mairie, même si vous ne vendez pas (article L126-5 du code de la construction et de l'habitation).

Qu'est‑ce que la mérule ?

La mérule est un champignon qui mange le bois. On dit qu'il est « lignivore ». Le guide « Prévention et lutte contre les mérules dans l'habitat » a été publié par l'Anah, l'Agence nationale de l'habitat, et le ministère du Logement. Il compte une quarantaine de champignons capables d'abîmer les bois d'une maison. La mérule est le plus dangereux d'entre eux.

On l'appelle aussi « mérule pleureuse », car elle se couvre parfois de gouttelettes d'eau. Elle s'attaque surtout aux bois qui portent la maison et aux bois de finition. Ce sont les solives (les poutres qui portent le plancher), les planchers, les plinthes, les lambris, les charpentes et les encadrements de portes et de fenêtres. Elle peut aussi traverser un mur par ses joints pour atteindre d'autres bois. C'est ce qui la rend difficile à arrêter.

Son point faible est bien connu : sans humidité durable, elle ne pousse pas. Le guide le résume ainsi : une maison bien conçue et normalement entretenue ne peut pas être infestée.

Comment reconnaître la mérule ?

Cherchez cinq signes. Ils n'apparaissent pas tous en même temps, car la mérule passe par plusieurs stades :

Ce que vous voyezÀ quoi cela ressembleOù le chercher
Le mycélium (le corps du champignon)Un voile ou des amas de filaments blancs, cotonneux comme de la ouate, qui jaunissent avec le tempsDans les recoins sombres, derrière un lambris, sous un parquet
Les cordonsDes filaments plus épais, grisâtres, qui courent sur la maçonnerie ou dans les jointsSur les murs de cave, en pied de mur
La fructification (la partie qui porte les spores)Une galette plate, brun rouille, plissée, souvent bordée de blanc, parfois de grande tailleSur un mur, un plafond ou un plancher, souvent en fin d'évolution
Les spores (les graines microscopiques)Une poussière brun rouille, comme de la brique pilée, déposée autour de la galetteSur les surfaces voisines, les meubles, les toiles d'araignée
Le bois atteintUn bois bruni, léger, qui se fissure en petits cubes et s'effrite sous le doigtPlanchers, solives, plinthes, bas des encadrements

D'autres indices doivent vous alerter :

  • une odeur de champignon ou de cave qui ne part pas ;
  • un parquet qui s'enfonce ;
  • une plinthe qui se décolle ou qui sonne creux ;
  • une peinture qui cloque sur un mur humide.

Exemple : Monique retire un vieux lambris collé contre le mur nord de sa maison ancienne. Elle trouve un feutrage blanc sur le mur et une poudre rousse au sol. Au dos, le bois du lambris est brun et se casse en petits morceaux. Avant de refermer quoi que ce soit, elle doit faire examiner les lieux par un professionnel.

Mérule ou coniophore ? Le coniophore des caves est un autre champignon. Il donne au bois la même pourriture en petits cubes. Il a besoin d'un bois encore plus mouillé que la mérule, et ses filaments sont en général plus sombres. Les deux se ressemblent beaucoup : seul un professionnel peut les distinguer de façon fiable.

Pourquoi la mérule apparaît‑elle ?

La mérule apparaît quand un bois reste humide, dans le noir, dans une pièce mal aérée. Ses spores, elles, sont présentes partout. Le guide de l'Anah donne des repères sur l'eau contenue dans le bois. En dessous d'environ 20 %, le bois ne craint rien. Au-delà d'environ 30 %, la mérule peut se développer.

Le ministère de la Transition écologique constate qu'elle suit le plus souvent un défaut d'entretien, un dégât des eaux ou des travaux mal adaptés au bâtiment. Voici les causes les plus fréquentes :

  • une fuite ou une infiltration ancienne : tuile cassée, gouttière percée, tuyau qui suinte, joint de douche usé ;
  • des remontées d'humidité dans un mur ancien, aggravées par un trottoir ou un enduit étanche collé à la façade ;
  • un doublage ou un lambris collé sur un mur humide, qui empêche l'eau de s'évaporer ;
  • une aération bouchée : grilles obstruées, portes sans passage d'air, cave fermée ;
  • un revêtement étanche posé sur un vieux parquet.

C'est pourquoi on la découvre souvent tard. Elle se révèle pendant une rénovation, quand on retire un doublage ou un plancher.

Que faire si vous pensez avoir de la mérule ?

Ne touchez à rien, faites identifier le champignon et déclarez-le en mairie. Ensuite, faites supprimer la source d'humidité.

Concrètement :

  1. Ne refermez rien et ne traitez pas au hasard. Un produit passé en surface ne règle pas la cause. Il peut même cacher l'étendue du problème.
  2. Faites identifier le champignon. Le guide de l'Anah conseille un diagnostiqueur ou un expert qui connaît les maladies du bois. L'expert peut sonder et démonter certains éléments. Il mesure ainsi l'étendue de l'attaque et vérifie la solidité des planchers.
  3. Déclarez la mérule en mairie dès que vous savez qu'elle est là. Cette démarche n'est pas liée à une vente. Elle revient à l'occupant, ou au propriétaire si le logement est vide.
  4. Cherchez la source d'humidité et faites-la supprimer. C'est la première étape de tout traitement durable. Elle est détaillée dans le traitement de la mérule.

Les déclarations faites en mairie servent aussi à repérer les foyers de mérule. Quand plusieurs foyers sont connus, le préfet peut délimiter une zone à risque par un arrêté. Le Cerema, un organisme public d'expertise, tient une carte nationale de ces arrêtés.

Les cas particuliers

  • Copropriété. La mérule peut toucher les parties communes : cave, cage d'escalier, charpente. Dans ce cas, c'est le syndicat des copropriétaires qui la déclare. Prévenez le syndic sans attendre : la copropriété votera et paiera le traitement.
  • Locataire. Le locataire qui découvre de la mérule est l'occupant : c'est donc à lui de la déclarer en mairie. Il prévient aussi son bailleur. C'est en principe au bailleur de chercher la cause et de faire les travaux sur le bâtiment.
  • Vente. Dans une zone délimitée par le préfet, le dossier de vente contient une information sur le risque de mérule (article L126-25). Ce que cela change pour le vendeur et l'acheteur est expliqué dans mérule et vente. L'obligation elle-même est décrite sur la page mérule.
  • Insectes du bois. Des trous ronds ou ovales et de la sciure ne viennent pas d'un champignon, mais d'insectes. Voir capricornes et vrillettes.

I Love Immo n'est ni diagnostiqueur ni expert en maladies du bois : nous ne pouvons pas identifier un champignon à distance.

Ce qu'il faut retenir

  • La mérule se reconnaît à ses filaments blancs, à ses cordons gris, à sa poussière rouille et au bois qui se fend en petits cubes.
  • Elle ne pousse que dans un bois humide et mal aéré : sa cause est toujours un problème d'eau ou d'aération.
  • On la découvre souvent tard, derrière un doublage, sous un plancher ou dans une cave.
  • Dès que vous la connaissez, vous la déclarez en mairie : l'occupant, le propriétaire ou le syndicat, selon le cas.
  • Faites identifier le champignon par un professionnel avant tout traitement.

Passer à l'action

Les diagnostics de votre bien

L'adresse et quelques questions : la liste qui s'applique à votre bien, gratuitement et sans inscription.

Faire la simulation

Questions fréquentes

La mérule est‑elle dangereuse pour la maison ?

Elle peut l'être. Le guide de l'Anah la présente comme le plus dangereux des champignons du bois. Si elle s'installe longtemps, elle détruit les planchers et les charpentes, jusqu'au risque d'effondrement. Mais elle ne se développe que si le bois reste humide.

Comment savoir si c'est de la mérule ou une simple moisissure ?

Une moisissure forme des taches en surface, sur un mur ou un plafond. La mérule, elle, fabrique des filaments cotonneux et des cordons qui courent sur les murs. Elle dépose aussi une poussière brun rouille, et le bois touché se fend en petits cubes. En cas de doute, seul un professionnel peut identifier le champignon.

Faut‑il déclarer la mérule si l'on ne vend pas ?

Oui. La loi impose de déclarer la mérule en mairie dès que vous la connaissez, que vous vendiez ou non (article L126-5 du code de la construction et de l'habitation). C'est l'occupant qui déclare. Si le logement est vide, c'est le propriétaire. Pour les parties communes d'une copropriété, c'est le syndicat des copropriétaires.

La mérule peut‑elle revenir après des travaux ?

Oui, si l'humidité revient. Ses spores, c'est-à-dire ses graines microscopiques, sont présentes partout. C'est le bois humide et mal aéré qui lui permet de pousser. Un bâtiment remis au sec, et gardé sec, ne lui offre plus ces conditions. C'est pourquoi il faut traiter la cause de l'humidité.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 16 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (5)vérifiées le 16 octobre 2026

Sur le même sujet

À lire aussi

Commençons par votre adresse.

Nous en déduisons les documents qui comptent pour votre bien.

Lettre gratuite

Les règles changent, la lettre vous prévient

Une fois par semaine : les nouvelles règles et leurs dates, quelques chiffres du marché avec leur source, et les échéances à prévoir avant de vendre ou de louer.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la lettre I Love Immo chaque semaine par e-mail. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, en un clic, depuis chaque lettre. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi : elle n'est ni vendue ni transmise. Confidentialité