Qu'est‑ce que la mérule ?
La mérule est un champignon qui mange le bois. On dit qu'il est « lignivore ». Le guide « Prévention et lutte contre les mérules dans l'habitat » a été publié par l'Anah, l'Agence nationale de l'habitat, et le ministère du Logement. Il compte une quarantaine de champignons capables d'abîmer les bois d'une maison. La mérule est le plus dangereux d'entre eux.
On l'appelle aussi « mérule pleureuse », car elle se couvre parfois de gouttelettes d'eau. Elle s'attaque surtout aux bois qui portent la maison et aux bois de finition. Ce sont les solives (les poutres qui portent le plancher), les planchers, les plinthes, les lambris, les charpentes et les encadrements de portes et de fenêtres. Elle peut aussi traverser un mur par ses joints pour atteindre d'autres bois. C'est ce qui la rend difficile à arrêter.
Son point faible est bien connu : sans humidité durable, elle ne pousse pas. Le guide le résume ainsi : une maison bien conçue et normalement entretenue ne peut pas être infestée.
Pourquoi la mérule apparaît‑elle ?
La mérule apparaît quand un bois reste humide, dans le noir, dans une pièce mal aérée. Ses spores, elles, sont présentes partout. Le guide de l'Anah donne des repères sur l'eau contenue dans le bois. En dessous d'environ 20 %, le bois ne craint rien. Au-delà d'environ 30 %, la mérule peut se développer.
Le ministère de la Transition écologique constate qu'elle suit le plus souvent un défaut d'entretien, un dégât des eaux ou des travaux mal adaptés au bâtiment. Voici les causes les plus fréquentes :
- une fuite ou une infiltration ancienne : tuile cassée, gouttière percée, tuyau qui suinte, joint de douche usé ;
- des remontées d'humidité dans un mur ancien, aggravées par un trottoir ou un enduit étanche collé à la façade ;
- un doublage ou un lambris collé sur un mur humide, qui empêche l'eau de s'évaporer ;
- une aération bouchée : grilles obstruées, portes sans passage d'air, cave fermée ;
- un revêtement étanche posé sur un vieux parquet.
C'est pourquoi on la découvre souvent tard. Elle se révèle pendant une rénovation, quand on retire un doublage ou un plancher.
Que faire si vous pensez avoir de la mérule ?
Ne touchez à rien, faites identifier le champignon et déclarez-le en mairie. Ensuite, faites supprimer la source d'humidité.
Concrètement :
- Ne refermez rien et ne traitez pas au hasard. Un produit passé en surface ne règle pas la cause. Il peut même cacher l'étendue du problème.
- Faites identifier le champignon. Le guide de l'Anah conseille un diagnostiqueur ou un expert qui connaît les maladies du bois. L'expert peut sonder et démonter certains éléments. Il mesure ainsi l'étendue de l'attaque et vérifie la solidité des planchers.
- Déclarez la mérule en mairie dès que vous savez qu'elle est là. Cette démarche n'est pas liée à une vente. Elle revient à l'occupant, ou au propriétaire si le logement est vide.
- Cherchez la source d'humidité et faites-la supprimer. C'est la première étape de tout traitement durable. Elle est détaillée dans le traitement de la mérule.
Les déclarations faites en mairie servent aussi à repérer les foyers de mérule. Quand plusieurs foyers sont connus, le préfet peut délimiter une zone à risque par un arrêté. Le Cerema, un organisme public d'expertise, tient une carte nationale de ces arrêtés.
Les cas particuliers
- Copropriété. La mérule peut toucher les parties communes : cave, cage d'escalier, charpente. Dans ce cas, c'est le syndicat des copropriétaires qui la déclare. Prévenez le syndic sans attendre : la copropriété votera et paiera le traitement.
- Locataire. Le locataire qui découvre de la mérule est l'occupant : c'est donc à lui de la déclarer en mairie. Il prévient aussi son bailleur. C'est en principe au bailleur de chercher la cause et de faire les travaux sur le bâtiment.
- Vente. Dans une zone délimitée par le préfet, le dossier de vente contient une information sur le risque de mérule (article L126-25). Ce que cela change pour le vendeur et l'acheteur est expliqué dans mérule et vente. L'obligation elle-même est décrite sur la page mérule.
- Insectes du bois. Des trous ronds ou ovales et de la sciure ne viennent pas d'un champignon, mais d'insectes. Voir capricornes et vrillettes.
I Love Immo n'est ni diagnostiqueur ni expert en maladies du bois : nous ne pouvons pas identifier un champignon à distance.
Ce qu'il faut retenir
- La mérule se reconnaît à ses filaments blancs, à ses cordons gris, à sa poussière rouille et au bois qui se fend en petits cubes.
- Elle ne pousse que dans un bois humide et mal aéré : sa cause est toujours un problème d'eau ou d'aération.
- On la découvre souvent tard, derrière un doublage, sous un plancher ou dans une cave.
- Dès que vous la connaissez, vous la déclarez en mairie : l'occupant, le propriétaire ou le syndicat, selon le cas.
- Faites identifier le champignon par un professionnel avant tout traitement.
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Questions fréquentes
La mérule est‑elle dangereuse pour la maison ?
Elle peut l'être. Le guide de l'Anah la présente comme le plus dangereux des champignons du bois. Si elle s'installe longtemps, elle détruit les planchers et les charpentes, jusqu'au risque d'effondrement. Mais elle ne se développe que si le bois reste humide.
Comment savoir si c'est de la mérule ou une simple moisissure ?
Une moisissure forme des taches en surface, sur un mur ou un plafond. La mérule, elle, fabrique des filaments cotonneux et des cordons qui courent sur les murs. Elle dépose aussi une poussière brun rouille, et le bois touché se fend en petits cubes. En cas de doute, seul un professionnel peut identifier le champignon.
Faut‑il déclarer la mérule si l'on ne vend pas ?
Oui. La loi impose de déclarer la mérule en mairie dès que vous la connaissez, que vous vendiez ou non (article L126-5 du code de la construction et de l'habitation). C'est l'occupant qui déclare. Si le logement est vide, c'est le propriétaire. Pour les parties communes d'une copropriété, c'est le syndicat des copropriétaires.
La mérule peut‑elle revenir après des travaux ?
Oui, si l'humidité revient. Ses spores, c'est-à-dire ses graines microscopiques, sont présentes partout. C'est le bois humide et mal aéré qui lui permet de pousser. Un bâtiment remis au sec, et gardé sec, ne lui offre plus ces conditions. C'est pourquoi il faut traiter la cause de l'humidité.
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Sources officielles (5)vérifiées le 16 octobre 2026
- Prévention et lutte contre les mérules dans l'habitat (guide Anah et ministère du Logement, décembre 2007)Ministère de la Transition écologique
- Termites, insectes xylophages et champignons lignivoresMinistère de la Transition écologique
- Article L126-5 du code de la construction et de l'habitation (déclaration de la mérule en mairie)Légifrance
- Article L126-25 du code de la construction et de l'habitation (information sur la mérule à la vente)Légifrance
- Cartographie nationale des termites et des mérulesCerema
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Comment reconnaître la mérule ?
Cherchez cinq signes. Ils n'apparaissent pas tous en même temps, car la mérule passe par plusieurs stades :
D'autres indices doivent vous alerter :
Exemple : Monique retire un vieux lambris collé contre le mur nord de sa maison ancienne. Elle trouve un feutrage blanc sur le mur et une poudre rousse au sol. Au dos, le bois du lambris est brun et se casse en petits morceaux. Avant de refermer quoi que ce soit, elle doit faire examiner les lieux par un professionnel.
Mérule ou coniophore ? Le coniophore des caves est un autre champignon. Il donne au bois la même pourriture en petits cubes. Il a besoin d'un bois encore plus mouillé que la mérule, et ses filaments sont en général plus sombres. Les deux se ressemblent beaucoup : seul un professionnel peut les distinguer de façon fiable.