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Diagnostics immobiliers · 6 min de lecture

Mérule découverte après une vente : qui est responsable, et quels recours ?

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Si de la mérule, un champignon qui détruit le bois, est découverte après une vente, le vendeur peut en être responsable au titre des vices cachés. Il en répond même s'il ignorait le problème, sauf si l'acte de vente contient une clause qui exclut cette garantie. Cette clause ne protège que le vendeur qui ne savait pas : s'il savait, il reste responsable et peut devoir des dommages et intérêts. L'acheteur a deux ans à partir de la découverte pour agir.

Que doit dire le vendeur sur la mérule ?

Tout dépend de l'endroit où se trouve le bien.

Le bien est dans une zone à risque fixée par le préfet. Le dossier de diagnostic technique regroupe les diagnostics joints à la promesse. Il contient alors une information sur la présence d'un risque de mérule (article L126-25 du code de la construction et de l'habitation). Ce n'est pas un diagnostic : c'est une déclaration du vendeur. Aucune visite d'un professionnel n'est obligatoire. Le détail figure sur la page mérule.

Le bien est hors de ces zones. Le dossier de diagnostic n'exige aucune information sur la mérule. Mais le vendeur reste tenu de la garantie des vices cachés, comme pour tout défaut du bâtiment.

Dans les deux cas, ce que le vendeur sait compte plus que ce que la loi l'oblige à écrire. Une mérule connue, traitée ou non, doit être signalée à l'acheteur, documents à l'appui.

Qu'est‑ce qu'un vice caché, appliqué à la mérule ?

Un vice caché est un défaut que l'on ne voit pas et qui rend le bien inutilisable. Il peut aussi réduire tellement son usage que l'acheteur ne l'aurait pas acheté, ou l'aurait payé à un prix plus bas, s'il l'avait connu. C'est la définition du code civil. Une mérule qui ronge les planchers ou la charpente peut correspondre à cette définition.

Le juge vérifie trois conditions :

  1. Le défaut était caché. Le vendeur ne répond pas des défauts visibles, que l'acheteur pouvait voir lui-même. Une mérule cachée derrière un doublage est un vice caché. En revanche, une fructification (la partie visible du champignon) vue sur un mur de la cave pendant les visites n'est pas cachée.
  2. Le défaut existait avant la vente, au moins à son début. Une attaque qui démarre après l'achat, à cause d'une fuite chez le nouveau propriétaire, ne concerne pas le vendeur.
  3. Le défaut est grave, au point de gêner l'usage du bien.

En général, ces points se prouvent par une expertise du bâtiment.

Qui est responsable : la clause d'exclusion protège‑t‑elle le vendeur ?

Entre particuliers, l'acte de vente contient souvent une clause d'exclusion : le vendeur y écarte la garantie des vices cachés. Mais cette clause a une limite. Elle ne protège que le vendeur qui ignorait le défaut (article 1643 du code civil). Le vendeur qui savait reste responsable, avec ou sans clause.

Situation du vendeurClause d'exclusion dans l'acte ?Ce que l'acheteur peut obtenir
Ignorait la méruleNonRendre le bien et récupérer le prix, ou garder le bien et obtenir une baisse du prix, avec le remboursement des frais de la vente
Ignorait la méruleOuiEn principe rien sur ce fondement : la clause joue
Connaissait la mérule et l'a tueOui ou nonLes mêmes choix, plus des dommages et intérêts : la clause ne le protège pas

C'est à l'acheteur de prouver que le vendeur savait. Une déclaration en mairie, une facture de traitement ou un devis retrouvés après la vente sont souvent des indices.

Exemple. Claire et Marc achètent une maison ancienne en 2025. Huit mois plus tard, en refaisant une chambre, ils découvrent de la mérule derrière un doublage récent. Un expert constate que l'attaque est ancienne. Une facture oubliée au grenier montre que le vendeur avait fait traiter ce mur trois ans plus tôt. La clause d'exclusion de l'acte ne protège donc pas ce vendeur. Le couple a deux ans à partir de la découverte pour agir.

Quels sont les délais et les recours de l'acheteur ?

Vous avez deux ans à partir de la découverte du vice pour agir en justice (article 1648 du code civil). Ce délai ne part pas du jour de la vente.

Concrètement :

  1. Déclarez la mérule en mairie. L'occupant doit le faire dès qu'il en a connaissance.
  2. Faites constater l'attaque par un expert en pathologie du bois, c'est-à-dire un spécialiste des maladies du bois. Faites-le avant tout traitement, qui en effacerait les traces.
  3. Rassemblez les pièces : acte de vente, dossier de diagnostic, annonces, photos des visites, échanges avec le vendeur ou l'agence.
  4. Écrivez au vendeur pour l'informer et proposer une solution à l'amiable.
  5. Consultez un avocat, ou le notaire qui a signé l'acte, avant d'engager une procédure.

Le traitement lui-même, ses étapes et ce qui fait varier son coût sont expliqués dans le traitement de la mérule.

Les cas particuliers

  • Information mérule absente alors que le bien est en zone à risque. Quand certains diagnostics manquent à l'acte, le vendeur perd sa clause d'exclusion : plomb, amiante, termites, gaz, électricité, assainissement. L'information sur la mérule ne fait pas partie de cette liste. Mais le vendeur qui connaissait la mérule reste responsable, comme expliqué plus haut.
  • Copropriété. Si la mérule touche les parties communes, c'est le syndicat des copropriétaires qui la déclare et fait faire les travaux. Avant de signer, lisez les procès-verbaux des assemblées générales et interrogez le syndic.
  • Vendeur professionnel. Un marchand de biens ou un promoteur n'est pas traité comme un particulier face aux vices de ce qu'il vend. Faites‑vous conseiller par un avocat.
  • Vente aux enchères ordonnée par un tribunal. La garantie des vices cachés ne s'applique pas aux ventes faites par décision de justice (article 1649 du code civil).
  • Assurance. La garantie dégâts des eaux couvre un sinistre soudain, comme une canalisation qui casse. Selon Service-Public, les infiltrations dues à un manque d'entretien en sont généralement exclues.

Chaque dossier dépend de ses preuves : seul un avocat, ou le notaire de la vente, peut évaluer vos chances. I Love Immo n'est ni avocat ni notaire et ne donne pas d'avis sur un litige.

À lire aussi : reconnaître la mérule, capricorne et vrillette.

Ce qu'il faut retenir

  • En zone à risque fixée par le préfet, le vendeur fournit une information sur la mérule. Hors zone, rien n'est exigé, mais la garantie des vices cachés s'applique.
  • Le vendeur répond des vices cachés même s'il les ignorait, sauf clause d'exclusion dans l'acte.
  • Cette clause ne protège pas le vendeur qui connaissait la mérule : il peut aussi devoir des dommages et intérêts.
  • L'acheteur a deux ans à partir de la découverte pour agir. Il doit faire constater l'attaque avant de la traiter.
  • Vendeur, signalez une mérule connue, avec le rapport et les factures : c'est ce qui vous protège le plus.

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Questions fréquentes

Le vendeur doit‑il signaler une mérule déjà traitée ?

C'est prudent, et souvent indispensable. Un vendeur qui connaissait un défaut grave et l'a tu ne peut pas compter sur la clause d'exclusion des vices cachés. Remettez à l'acheteur le rapport d'expertise et les factures du traitement avant la promesse : il achète alors en connaissance de cause.

Combien de temps l'acheteur a‑t‑il pour agir ?

Deux ans à partir de la découverte du vice (article 1648 du code civil). Le délai part donc du jour où la mérule est découverte, et non du jour de la vente.

L'absence d'information sur la mérule annule‑t‑elle la vente ?

Pas automatiquement. Quand l'état termites ou le repérage amiante manque à l'acte, le vendeur perd sa clause d'exclusion (article L271-4). La loi ne prévoit pas cette sanction pour l'information sur la mérule. L'acheteur peut en revanche agir pour vice caché si les conditions sont réunies. C'est le juge qui tranche : faites‑vous conseiller par un avocat.

Mon assurance habitation couvre‑t‑elle une mérule trouvée après l'achat ?

Rarement quand l'infestation date d'avant l'achat. La garantie dégâts des eaux vise les sinistres soudains et accidentels. Les infiltrations dues à un manque d'entretien en sont généralement exclues. Déclarez quand même le sinistre si une fuite récente est en cause, et lisez les exclusions de votre contrat.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

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