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Voisinage · 3 min de lecture

Eaux qui coulent du terrain voisin : devez‑vous les recevoir ?

Mis à jour le 19 octobre 2026

La réponse en bref

Si votre terrain est en contrebas, vous devez recevoir l'eau de pluie, de source ou de fonte des neiges qui descend naturellement du terrain voisin. Vous ne pouvez pas construire d'obstacle qui la bloque. Mais cette obligation tombe si le voisin aggrave l'écoulement par ses travaux, et elle ne concerne jamais les eaux usées. Le droit de puisage, lui, est un droit écrit de venir prendre de l'eau chez un voisin : il n'existe que si un acte le prévoit.

Devez‑vous recevoir l'eau qui vient d'en haut ?

Oui, quand l'eau s'écoule naturellement, sans intervention humaine. On parle de servitude naturelle d'écoulement : le terrain du bas supporte l'eau du terrain du haut, simplement à cause de la pente.

Concrètement, vous ne pouvez pas élever un muret, un remblai ou une clôture pleine qui empêche cette eau de passer. Votre voisin du haut, de son côté, ne doit rien faire qui augmente le flux.

Quelles eaux, et dans quelles limites ?

SituationDevez‑vous l'accepter ?
Pluie qui ruisselle selon la penteOui
Eau d'une source qui sort naturellementOui
Fonte des neigesOui
Eau dirigée vers vous par un drain ou une buse du voisinNon : l'écoulement est aggravé
Gouttière du voisin qui se déverse chez vousNon : un toit doit déverser chez soi ou sur la rue
Eaux usées (cuisine, salle de bain, lave-linge, WC)Non, jamais

Exemple : Mme Roche, 71 ans, vit en bas d'un coteau. Chaque orage, un peu d'eau traverse sa pelouse : elle doit l'accepter. Mais son voisin a posé un drain qui envoie toute l'eau de sa cour vers son garage. Là, l'écoulement n'est plus naturel. Elle peut lui demander de le supprimer.

Et le droit de puisage ?

Le droit de puisage permet d'aller prendre de l'eau à un puits, une source ou une citerne situés chez un voisin. Le Code civil le classe parmi les servitudes « discontinues », c'est-à-dire qui supposent que quelqu'un agisse pour s'en servir.

Ce droit ne naît pas de la pente ou de la nature. Il doit être prévu par un titre, le plus souvent un acte notarié ancien. On le trouve parfois dans les campagnes, entre deux maisons issues d'une même ferme.

S'il figure dans votre acte, il suit la maison en cas de vente. Le passage vers le puits fait alors partie du droit. Pour savoir s'il est toujours valable, faites lire vos titres par un notaire.

Concrètement : l'eau du voisin vous cause un dommage

  1. Parlez-lui, photos à l'appui, en expliquant d'où vient l'eau.
  2. Envoyez un courrier simple qui décrit la gêne et ce que vous demandez.
  3. Envoyez ensuite une lettre recommandée avec avis de réception s'il ne fait rien.
  4. Tentez une solution amiable : conciliateur de justice (gratuit), médiateur (payant) ou procédure avec avocats. C'est en principe obligatoire avant le tribunal pour un trouble de voisinage.
  5. Saisissez le tribunal judiciaire du lieu du terrain si rien n'aboutit. Vous pouvez demander l'arrêt du trouble, la remise en état et des dommages et intérêts.

Pour choisir entre conciliateur et médiateur, lisez médiateur ou conciliateur : lequel saisir.

Les cas particuliers

  • Des canalisations traversent votre terrain : c'est une autre servitude. Voir la servitude de canalisation.
  • Un toit qui dépasse au-dessus de chez vous : voir le droit de surplomb.
  • Vous construisez une clôture : elle ne doit pas faire barrage à l'eau de pluie. Voir la clôture entre voisins.
  • Une inondation ou des coulées de boue : il s'agit alors d'un risque naturel, qui relève aussi de l'état des risques et de votre assurance.
  • Un litige qui dure : un géomètre-expert ou un expert peut établir d'où vient l'eau. Pour votre cas, un avocat vous dira quelles demandes faire au juge.

À lire aussi : construire en limite de propriété : les règles.

Ce qu'il faut retenir

  • Le terrain du bas reçoit l'eau naturelle du terrain du haut : pluie, source, neige.
  • Le voisin du haut ne doit pas aggraver l'écoulement par ses travaux.
  • Les eaux usées et les gouttières dirigées chez vous ne sont jamais à accepter.
  • Le droit de puisage n'existe que s'il est écrit dans un titre.

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Questions fréquentes

Je veux remblayer mon jardin situé en contrebas : est‑ce permis ?

Vous pouvez aménager votre terrain, mais pas au point de bloquer l'écoulement naturel venant d'en haut. Si un remblai fait remonter l'eau chez le voisin, il peut vous demander de le modifier. Prévoyez un drainage qui laisse l'eau passer.

Le voisin du dessus a goudronné toute sa cour : dois‑je accepter plus d'eau ?

Non, si l'eau arrive en plus grande quantité ou plus vite à cause de ses travaux. L'obligation ne vaut que pour l'écoulement naturel. Gardez des photos avant et après, et des relevés lors des pluies.

Un droit de puisage se perd‑il si on ne l'utilise pas ?

Ne le supposez pas. Un droit ancien peut avoir été modifié ou abandonné dans un acte plus récent. Si votre titre mentionne un droit de puisage oublié, demandez au notaire s'il est encore valable avant de vous en servir.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plus

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