Aller au contenu
I Love Immo

Succession et donation · 6 min de lecture

La convention d'indivision : pourquoi la signer et ce qu'elle doit contenir

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

La convention d'indivision est un contrat signé par tous ceux qui possèdent un bien ensemble, les « indivisaires ». Elle leur permet d'organiser eux-mêmes la gestion du bien, au lieu de suivre les règles prévues par défaut (articles 1873-1 et suivants du Code civil). Elle doit être écrite et indiquer les biens et la part de chacun ; pour une maison ou un appartement, elle passe par un notaire. Elle dure cinq ans au plus, avec renouvellement possible, ou n'a pas de durée fixe.

À quoi sert une convention d'indivision ?

Elle sert à garder un bien à plusieurs dans la durée, sans craindre qu'un seul ne force la vente. Sans convention, les règles par défaut s'appliquent :

  • pour gérer le bien, par exemple le louer, il faut l'accord de ceux qui ont les deux tiers des droits ;
  • pour le vendre, il faut l'accord de tous ;
  • chacun peut demander à tout moment le partage, c'est-à-dire la fin de l'indivision.

Ces règles conviennent à une indivision courte, comme une succession réglée en quelques mois. Elles deviennent fragiles quand vous voulez garder un bien longtemps à plusieurs.

La convention répond à trois besoins :

  • la stabilité : pendant sa durée, personne ne peut exiger le partage sans raison sérieuse reconnue par le juge ;
  • la gestion : vous pouvez nommer un gérant, qui signe les baux, paie les factures et tient les comptes ;
  • la clarté : les charges, l'occupation du bien et le sort de la part d'un indivisaire décédé sont réglés à l'avance.

Exemple : Claire, Hugo et Sophie, trois cousins, héritent chacun d'un tiers d'une maison de vacances. Ils veulent la garder. Chez le notaire, ils signent une convention de cinq ans. Hugo devient gérant. Chacun paie un tiers des charges, et un calendrier fixe qui occupe la maison et quand. Pendant cinq ans, aucun d'eux ne peut obtenir le partage, sauf raison sérieuse reconnue par le juge.

Quelles sont les conditions de forme ?

La loi pose trois conditions. Si l'une manque, la convention est nulle (article 1873-2 du Code civil).

  1. Tous les indivisaires sont d'accord. Une majorité ne suffit pas.
  2. La convention est écrite et désigne les biens possédés ensemble.
  3. Elle indique la part de chacun, par exemple un tiers, ou 60 % et 40 %.

Si l'indivision comprend une maison ou un appartement, la convention doit aussi être publiée au fichier immobilier. C'est le registre public qui recense les propriétaires. En pratique, cette formalité impose le notaire. Une convention rédigée entre vous, sans notaire (dite « sous seing privé »), ne vaut donc que pour d'autres biens : un bateau, des meubles, des actions.

Pour signer, il faut avoir le droit de disposer des biens, par exemple de les vendre. Pour un enfant mineur, son représentant légal, en général un parent, peut signer seul. Devenu majeur, l'enfant peut mettre fin à la convention dans l'année qui suit ses 18 ans.

Quelle durée choisir ?

Le bon choix dépend de votre projet : garder le bien un temps défini, ou seulement mieux le gérer ensemble.

DuréeCe que prévoit le Code civilPour qui
Fixe, cinq ans au plusRenouvelable par un nouvel accord, ou automatiquement si la convention le prévoit ; partage avant la fin seulement pour une raison sérieuseCeux qui veulent garder le bien un temps défini
Sans durée fixeChacun peut demander le partage à tout moment, s'il est de bonne foi et ne choisit pas un moment qui nuit aux autresCeux qui veulent surtout organiser la gestion
Fin de la durée sans renouvellementRetour aux règles par défaut de l'indivision—

La durée fixe protège le projet commun, mais elle bloque aussi chacun. Avant de signer pour cinq ans, demandez‑vous si l'un de vous risque d'avoir besoin de récupérer sa part.

Que mettre dans la convention ?

En plus des mentions obligatoires, la convention peut régler la plupart des sujets qui fâchent :

  • Le gérant. Vous pouvez nommer un ou plusieurs gérants, parmi vous ou non. Vous décidez ensemble, à l'unanimité, comment le nommer et le révoquer. Il agit au nom de tous et gère les biens. Sauf accord contraire, il est payé pour ce travail. Chaque année, il rend des comptes et indique par écrit les bénéfices et les pertes.
  • Les décisions. Si aucun indivisaire n'est mineur ou protégé, vous pouvez prévoir des votes à la majorité pour certaines décisions. En revanche, vendre un immeuble exige toujours l'accord de tous, sauf autorisation du juge (article 1873-8 du Code civil).
  • Les charges. Taxe foncière, assurance, travaux : qui paie quoi, à quelle date, sur quel compte.
  • L'occupation. Qui peut habiter le bien, à quelles périodes, et si celui qui l'occupe verse une indemnité aux autres.
  • Le décès d'un indivisaire. La convention peut prévoir que les autres pourront racheter sa part. Elle peut aussi prévoir que son conjoint ou un héritier désigné pourra la recevoir. Ce droit se perd s'il n'est pas utilisé dans le mois qui suit une mise en demeure, c'est-à-dire une demande officielle de se décider.

Le gérant ne peut pas recevoir plus de pouvoirs que ceux prévus par la loi. Une clause qui les élargit n'a aucun effet.

Quelles sont les limites de la convention ?

La convention ne supprime pas certaines protections.

  • Si l'un vend sa part, les autres gardent le droit de l'acheter en priorité : c'est le droit de préemption.
  • Si l'un a des dettes personnelles, ses créanciers ne peuvent pas obtenir le partage pendant la durée de la convention. Ils le peuvent seulement dans les cas où leur débiteur le pourrait lui-même. En revanche, ils peuvent faire saisir et vendre sa part.
  • Les décisions qui dépassent les pouvoirs du gérant demandent toujours l'accord de tous.

Les cas particuliers

  • Partenaires de Pacs en indivision. Sauf clause contraire, chacun est gérant. Leur convention doit être publiée à chaque achat immobilier, sinon elle ne s'impose pas aux autres personnes. Elle dure autant que le Pacs (article 515-5-3 du Code civil). Voir acheter à deux en Pacs ou en concubinage.
  • Couple non marié ou amis qui achètent ensemble. Vous pouvez signer la convention le jour de l'achat, chez le même notaire.
  • Héritiers. Ils peuvent signer une convention pour garder la maison familiale quelque temps. Ils peuvent aussi choisir ensemble, à l'unanimité, une personne chargée de gérer. Voir la maison en indivision entre frères et sœurs.
  • Usufruit. Quand l'un des propriétaires a l'usufruit, c'est-à-dire le droit d'occuper le bien ou d'en toucher les loyers, des règles spécifiques du Code civil s'appliquent. Demandez au notaire comment en tenir compte.

Les règles par défaut sont décrites dans l'indivision : définition et règles. Le notaire rédige la convention et la fait publier. I Love Immo ne fournit ni modèle ni rédaction d'acte.

Ce qu'il faut retenir

  • La convention d'indivision organise un bien possédé à plusieurs ; elle exige l'accord de tous.
  • Elle doit être écrite et indiquer les biens et la part de chacun ; pour un immeuble, le notaire est indispensable.
  • Elle dure cinq ans au plus, avec renouvellement possible, ou n'a pas de durée fixe, et le partage est alors possible à tout moment.
  • Elle peut nommer un gérant, répartir les charges, organiser l'occupation et prévoir le décès d'un indivisaire.
  • Elle ne permet pas de vendre un immeuble sans l'accord de tous, sauf autorisation du juge.

Passer à l'action

Trouver un professionnel vérifié

Notaires, géomètres-experts, agents immobiliers : l'annuaire des professionnels dont l'inscription ou la carte professionnelle a été vérifiée.

Ouvrir l'annuaire

Questions fréquentes

Peut‑on rédiger une convention d'indivision sans notaire ?

Oui, si l'indivision ne comprend ni maison ni appartement. Un écrit signé entre vous, dit « sous seing privé », suffit alors, s'il indique les biens et la part de chacun. Dès qu'un immeuble est concerné, la convention doit être publiée au fichier immobilier, le registre public des propriétaires. Il faut donc un acte de notaire.

Une convention à durée indéterminée empêche‑t‑elle de sortir de l'indivision ?

Non. Sans durée fixe, chacun peut demander le partage à tout moment, s'il est de bonne foi et ne choisit pas un moment qui nuit aux autres (article 1873-3 du Code civil). C'est la convention à durée fixe, de cinq ans au plus, qui bloque le partage avant son terme, sauf raison sérieuse reconnue par le juge.

Que devient la convention si un indivisaire vend sa part à un tiers ?

Les autres indivisaires gardent le droit d'acheter cette part en priorité : c'est le droit de préemption (article 1873-12 du Code civil). Si la part revient malgré tout à une personne extérieure, la convention est considérée comme conclue sans durée fixe. Chacun peut alors demander le partage.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 16 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (7)vérifiées le 16 octobre 2026

Sur le même sujet

À lire aussi

Commençons par votre adresse.

Nous en déduisons les documents qui comptent pour votre bien.

Lettre gratuite

Les règles changent, la lettre vous prévient

Une fois par semaine : les nouvelles règles et leurs dates, quelques chiffres du marché avec leur source, et les échéances à prévoir avant de vendre ou de louer.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la lettre I Love Immo chaque semaine par e-mail. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, en un clic, depuis chaque lettre. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi : elle n'est ni vendue ni transmise. Confidentialité