À quoi sert une convention d'indivision ?
Elle sert à garder un bien à plusieurs dans la durée, sans craindre qu'un seul ne force la vente. Sans convention, les règles par défaut s'appliquent :
- pour gérer le bien, par exemple le louer, il faut l'accord de ceux qui ont les deux tiers des droits ;
- pour le vendre, il faut l'accord de tous ;
- chacun peut demander à tout moment le partage, c'est-à-dire la fin de l'indivision.
Ces règles conviennent à une indivision courte, comme une succession réglée en quelques mois. Elles deviennent fragiles quand vous voulez garder un bien longtemps à plusieurs.
La convention répond à trois besoins :
- la stabilité : pendant sa durée, personne ne peut exiger le partage sans raison sérieuse reconnue par le juge ;
- la gestion : vous pouvez nommer un gérant, qui signe les baux, paie les factures et tient les comptes ;
- la clarté : les charges, l'occupation du bien et le sort de la part d'un indivisaire décédé sont réglés à l'avance.
Exemple : Claire, Hugo et Sophie, trois cousins, héritent chacun d'un tiers d'une maison de vacances. Ils veulent la garder. Chez le notaire, ils signent une convention de cinq ans. Hugo devient gérant. Chacun paie un tiers des charges, et un calendrier fixe qui occupe la maison et quand. Pendant cinq ans, aucun d'eux ne peut obtenir le partage, sauf raison sérieuse reconnue par le juge.
Quelles sont les conditions de forme ?
La loi pose trois conditions. Si l'une manque, la convention est nulle (article 1873-2 du Code civil).
- Tous les indivisaires sont d'accord. Une majorité ne suffit pas.
- La convention est écrite et désigne les biens possédés ensemble.
- Elle indique la part de chacun, par exemple un tiers, ou 60 % et 40 %.
Si l'indivision comprend une maison ou un appartement, la convention doit aussi être publiée au fichier immobilier. C'est le registre public qui recense les propriétaires. En pratique, cette formalité impose le notaire. Une convention rédigée entre vous, sans notaire (dite « sous seing privé »), ne vaut donc que pour d'autres biens : un bateau, des meubles, des actions.
Pour signer, il faut avoir le droit de disposer des biens, par exemple de les vendre. Pour un enfant mineur, son représentant légal, en général un parent, peut signer seul. Devenu majeur, l'enfant peut mettre fin à la convention dans l'année qui suit ses 18 ans.
Quelle durée choisir ?
Le bon choix dépend de votre projet : garder le bien un temps défini, ou seulement mieux le gérer ensemble.
| Durée | Ce que prévoit le Code civil | Pour qui |
|---|---|---|
| Fixe, cinq ans au plus | Renouvelable par un nouvel accord, ou automatiquement si la convention le prévoit ; partage avant la fin seulement pour une raison sérieuse | Ceux qui veulent garder le bien un temps défini |
| Sans durée fixe | Chacun peut demander le partage à tout moment, s'il est de bonne foi et ne choisit pas un moment qui nuit aux autres | Ceux qui veulent surtout organiser la gestion |
| Fin de la durée sans renouvellement | Retour aux règles par défaut de l'indivision | — |
La durée fixe protège le projet commun, mais elle bloque aussi chacun. Avant de signer pour cinq ans, demandez‑vous si l'un de vous risque d'avoir besoin de récupérer sa part.
Que mettre dans la convention ?
En plus des mentions obligatoires, la convention peut régler la plupart des sujets qui fâchent :
- Le gérant. Vous pouvez nommer un ou plusieurs gérants, parmi vous ou non. Vous décidez ensemble, à l'unanimité, comment le nommer et le révoquer. Il agit au nom de tous et gère les biens. Sauf accord contraire, il est payé pour ce travail. Chaque année, il rend des comptes et indique par écrit les bénéfices et les pertes.
- Les décisions. Si aucun indivisaire n'est mineur ou protégé, vous pouvez prévoir des votes à la majorité pour certaines décisions. En revanche, vendre un immeuble exige toujours l'accord de tous, sauf autorisation du juge (article 1873-8 du Code civil).
- Les charges. Taxe foncière, assurance, travaux : qui paie quoi, à quelle date, sur quel compte.
- L'occupation. Qui peut habiter le bien, à quelles périodes, et si celui qui l'occupe verse une indemnité aux autres.
- Le décès d'un indivisaire. La convention peut prévoir que les autres pourront racheter sa part. Elle peut aussi prévoir que son conjoint ou un héritier désigné pourra la recevoir. Ce droit se perd s'il n'est pas utilisé dans le mois qui suit une mise en demeure, c'est-à-dire une demande officielle de se décider.
Le gérant ne peut pas recevoir plus de pouvoirs que ceux prévus par la loi. Une clause qui les élargit n'a aucun effet.
Quelles sont les limites de la convention ?
La convention ne supprime pas certaines protections.
- Si l'un vend sa part, les autres gardent le droit de l'acheter en priorité : c'est le droit de préemption.
- Si l'un a des dettes personnelles, ses créanciers ne peuvent pas obtenir le partage pendant la durée de la convention. Ils le peuvent seulement dans les cas où leur débiteur le pourrait lui-même. En revanche, ils peuvent faire saisir et vendre sa part.
- Les décisions qui dépassent les pouvoirs du gérant demandent toujours l'accord de tous.
Les cas particuliers
- Partenaires de Pacs en indivision. Sauf clause contraire, chacun est gérant. Leur convention doit être publiée à chaque achat immobilier, sinon elle ne s'impose pas aux autres personnes. Elle dure autant que le Pacs (article 515-5-3 du Code civil). Voir acheter à deux en Pacs ou en concubinage.
- Couple non marié ou amis qui achètent ensemble. Vous pouvez signer la convention le jour de l'achat, chez le même notaire.
- Héritiers. Ils peuvent signer une convention pour garder la maison familiale quelque temps. Ils peuvent aussi choisir ensemble, à l'unanimité, une personne chargée de gérer. Voir la maison en indivision entre frères et sœurs.
- Usufruit. Quand l'un des propriétaires a l'usufruit, c'est-à-dire le droit d'occuper le bien ou d'en toucher les loyers, des règles spécifiques du Code civil s'appliquent. Demandez au notaire comment en tenir compte.
Les règles par défaut sont décrites dans l'indivision : définition et règles. Le notaire rédige la convention et la fait publier. I Love Immo ne fournit ni modèle ni rédaction d'acte.
Ce qu'il faut retenir
- La convention d'indivision organise un bien possédé à plusieurs ; elle exige l'accord de tous.
- Elle doit être écrite et indiquer les biens et la part de chacun ; pour un immeuble, le notaire est indispensable.
- Elle dure cinq ans au plus, avec renouvellement possible, ou n'a pas de durée fixe, et le partage est alors possible à tout moment.
- Elle peut nommer un gérant, répartir les charges, organiser l'occupation et prévoir le décès d'un indivisaire.
- Elle ne permet pas de vendre un immeuble sans l'accord de tous, sauf autorisation du juge.
Passer à l'action
Trouver un professionnel vérifié
Notaires, géomètres-experts, agents immobiliers : l'annuaire des professionnels dont l'inscription ou la carte professionnelle a été vérifiée.
Questions fréquentes
Peut‑on rédiger une convention d'indivision sans notaire ?
Oui, si l'indivision ne comprend ni maison ni appartement. Un écrit signé entre vous, dit « sous seing privé », suffit alors, s'il indique les biens et la part de chacun. Dès qu'un immeuble est concerné, la convention doit être publiée au fichier immobilier, le registre public des propriétaires. Il faut donc un acte de notaire.
Une convention à durée indéterminée empêche‑t‑elle de sortir de l'indivision ?
Non. Sans durée fixe, chacun peut demander le partage à tout moment, s'il est de bonne foi et ne choisit pas un moment qui nuit aux autres (article 1873-3 du Code civil). C'est la convention à durée fixe, de cinq ans au plus, qui bloque le partage avant son terme, sauf raison sérieuse reconnue par le juge.
Que devient la convention si un indivisaire vend sa part à un tiers ?
Les autres indivisaires gardent le droit d'acheter cette part en priorité : c'est le droit de préemption (article 1873-12 du Code civil). Si la part revient malgré tout à une personne extérieure, la convention est considérée comme conclue sans durée fixe. Chacun peut alors demander le partage.
Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plusVoir moins
Rédaction
L'équipe éditoriale I Love Immo
Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.
Relecture
À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.
Sources vérifiées le 16 octobre 2026.
Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale
Sources officielles (7)vérifiées le 16 octobre 2026
- Code civil, articles 1873-2 à 1873-15 (conventions relatives à l'exercice des droits indivis)Légifrance
- Article 1873-2 du Code civil (écrit, désignation des biens et quotes-parts, publicité foncière)Légifrance
- Article 1873-3 du Code civil (durée de la convention)Légifrance
- Article 815-1 du Code civil (renvoi aux conventions d'indivision)Légifrance
- Article 515-5-3 du Code civil (convention des partenaires de Pacs en indivision)Légifrance
- Succession : indivision entre les héritiersService-Public.fr
- Acheter en indivision (règles générales)Notaires de France
Sur le même sujet
- Biens en indivision dans un Pacs ou un concubinagePacsés ou concubins, vos biens communs sont en indivision. Qui en est propriétaire, qui décide, qui paie, et ce qui se passe en cas de séparation ou de décès.
- Racheter la part de la maison après une séparationGarder la maison après une séparation, c'est racheter la part de l'autre. Calcul de la soulte, prêt restant, frais selon mariage, Pacs ou concubinage.
- Démembrement de propriété : les inconvénientsVente bloquée sans accord, travaux sans revenus, IFI sur la pleine valeur, donation irrévocable : les inconvénients du démembrement pour chaque partie.
- Indivision : définition, règles, majorité des deux tiersUn bien en indivision appartient à plusieurs personnes, chacune pour sa part. Décisions à l'unanimité ou aux deux tiers, usage, frais, et la loi du 7 avril 2026.
- Maison en indivision entre frères et sœursMaison des parents ou achat à plusieurs : comment frères et sœurs décident, partagent les frais, rachètent la part de l'un ou vendent, et ce que cela coûte.
- Nue-propriété et succession : au décès de l'usufruitierAu décès de l'usufruitier, le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans droits de succession sur ce bien. Exceptions, démarches et décès du nu-propriétaire.
- Pacs, concubinage : acheter à deux en indivisionEn Pacs ou en union libre, acheter à deux crée une indivision : qui possède quelle part, comment la fixer, ce qui change en cas de séparation ou de décès.
- Quasi-usufruit : définition, convention, successionLe quasi-usufruitier peut dépenser une somme et doit la rendre à la fin de l'usufruit. Origine, convention, dette de restitution et règle fiscale de 2024.
À lire aussi
- Calcul des frais de notaire 2026 : ancien et neufLe montant exact des taxes de votre département, les émoluments et le total, en euros et en pourcentage du prix.
- Rachat de soulte : calcul et frais de notaireLa soulte à verser, le droit de partage ou les droits de mutation, et les frais de notaire.
- Succession, donation, indivision : les guidesHéritage, donation, indivision, SCI et viager.