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Succession et donation · 7 min de lecture

Maison en indivision entre frères et sœurs : héritée ou achetée ensemble

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Au décès des parents, leurs enfants héritent ensemble de la maison : ils sont « en indivision », chacun pour sa part, jusqu'au partage. Louer exige l'accord des deux tiers des droits, vendre celui de tous, et celui qui occupe seul la maison doit en principe une indemnité (article 815-9 du Code civil). Pour en sortir, l'un peut racheter la part des autres, avec une taxe de 2,50 % entre héritiers, ou la maison peut être vendue. Des frères et sœurs qui achètent ensemble suivent les mêmes règles, mais le rachat entre eux est taxé comme une vente.

Comment des frères et sœurs se retrouvent‑ils en indivision ?

Il y a deux situations, très différentes :

  • La maison est héritée. Au décès du dernier parent, les enfants deviennent propriétaires ensemble, en général à parts égales, en attendant le partage. Personne ne l'a choisi : l'indivision s'impose, même si les uns veulent garder la maison et les autres la vendre.
  • La maison est achetée ensemble. Des frères et sœurs achètent une maison de famille ou un bien à louer, chacun pour la part qu'il finance. Cette indivision est voulue, et vous pouvez l'organiser dès l'achat.

Dans les deux cas, les règles de base sont celles du Code civil. Elles sont détaillées dans l'indivision : définition et règles. Ce qui change, c'est le coût de la sortie.

Qui décide quoi pour la maison ?

Tout dépend de la décision. Voici les plus courantes pour une maison de famille, avec l'accord qu'elles exigent :

DécisionAccord nécessaire
Faire réparer une fuite de toitureUn seul d'entre vous peut agir
Louer la maison à l'année avec un bail d'habitationDeux tiers des droits
Confier la gestion à une agenceDeux tiers des droits
Prêter la maison gratuitement à l'un d'entre vousAccord des autres sur l'usage, sinon décision du juge
Vendre la maisonTous, ou autorisation du tribunal à la demande des deux tiers
Signer un bail commercialTous

Exemple : Hélène, Pierre et Luc héritent chacun d'un tiers de la maison de leurs parents. Hélène et Pierre veulent la louer. À eux deux, ils ont les deux tiers des droits : ils peuvent signer le bail, en informant Luc. Pour vendre, il faut l'accord des trois. Si Luc refuse, Hélène et Pierre peuvent lancer la procédure chez un notaire. Ils pourront ensuite demander au tribunal d'autoriser la vente aux enchères.

L'un de vous habite la maison : que doit‑il ?

En principe, il doit une indemnité d'occupation, sorte de loyer versé à l'indivision. Chacun de vous peut utiliser la maison, s'il respecte son usage prévu et les droits des autres. Mais celui qui l'occupe seul, parce qu'il y vit ou en garde seul les clés, doit cette indemnité. Les autres peuvent toutefois y renoncer. Si vous ne vous entendez pas sur l'usage de la maison, le président du tribunal judiciaire règle la situation de façon provisoire.

L'indemnité est versée à l'indivision, puis répartie selon les parts. Elle se règle en général au moment du partage. Mieux vaut décider par écrit, dès le départ, si l'occupant paie et combien. Le calcul et les délais sont expliqués dans l'indemnité d'occupation entre indivisaires.

Comment se répartissent les frais ?

Chacun paie les charges et reçoit les revenus selon sa part. Un frère qui détient la moitié paie la moitié des charges et reçoit la moitié des loyers. En pratique :

  • la taxe foncière, l'assurance et l'entretien courant se répartissent selon les parts de chacun ;
  • celui qui avance seul une dépense nécessaire pour conserver la maison, comme une toiture à refaire, est remboursé au partage (article 815-13 du Code civil) ;
  • celui qui améliore la maison à ses frais, par exemple en l'isolant, a droit à une indemnité équitable, calculée selon la valeur gagnée par la maison ;
  • celui qui abîme la maison par sa faute doit réparer le dommage.

Gardez les factures et les relevés de virement : ils serviront à faire les comptes au partage.

L'un veut vendre, les autres non : que faire ?

Plusieurs issues existent, de la plus amiable à la plus conflictuelle :

  1. Les autres rachètent sa part. Celui qui sort reçoit une soulte, c'est-à-dire une somme d'argent. Elle se calcule sur la valeur nette de la maison, prêts déduits.
  2. Il vend sa part à quelqu'un d'autre. Les autres ont un mois pour l'acheter en priorité, aux mêmes conditions.
  3. La maison est vendue. Le prix est partagé selon les parts, après remboursement des dettes et prise en compte des comptes entre vous.
  4. Le tribunal tranche. Ceux qui ont les deux tiers des droits peuvent faire autoriser la vente. Chacun peut aussi demander au tribunal d'organiser le partage, avec un avocat.

Entre héritiers, le rachat de part est taxé à 2,50 % (article 750 du code général des impôts). S'il met fin à l'indivision, cette taxe porte sur la valeur de toute la maison.

L'enfant qui habitait déjà la maison au décès de ses parents peut demander à la garder lors du partage, en versant une soulte aux autres. C'est l'attribution préférentielle (article 831-2 du Code civil). Le partage amiable, le partage par le tribunal et leurs coûts sont détaillés dans sortir de l'indivision. Le calcul du rachat de soulte chiffre la soulte et les frais.

Exemple : une maison héritée vaut 240 000 €, sans prêt. Marie rachète les parts de ses deux frères, un tiers chacun. Elle leur verse 80 000 € chacun, soit 160 000 €. La taxe de 2,50 % porte sur 240 000 € : elle s'élève à 6 000 €. Les frais du notaire s'y ajoutent.

Et si vous achetez une maison ensemble ?

Vous êtes alors en indivision ordinaire : chacun possède la part inscrite dans l'acte d'achat. Concrètement :

  1. Fixez les parts selon ce que chacun finance vraiment, apport et prêt compris.
  2. Signez une convention d'indivision. Ce contrat règle les charges, l'occupation et le départ de l'un d'entre vous.
  3. Prévoyez le rachat. Hors succession, racheter la part d'un frère est taxé comme une vente, avec les droits de mutation, c'est-à-dire les taxes d'une vente immobilière.

Une société civile immobilière (SCI) est une autre formule : ses statuts, le règlement de la société, remplacent les règles de l'indivision. Elle demande des formalités et a des impôts propres. Pesez-la avec les avantages et inconvénients d'une SCI, puis comparez avec le choix de l'impôt d'une SCI.

Les cas particuliers

  • Un parent survivant a l'usufruit, c'est-à-dire le droit d'habiter la maison ou de la louer. Tant qu'il est en vie, les enfants n'ont que la nue-propriété, les murs, à plusieurs. Rien ne peut être vendu sans ce parent. La vente autorisée par le tribunal à la demande des deux tiers n'est pas possible. Voir usufruit et nue-propriété.
  • Un frère ou une sœur est décédé. Ses propres héritiers, souvent ses enfants, prennent sa place dans l'indivision.
  • Un indivisaire mineur ou protégé. Les décisions importantes passent par son représentant légal et, souvent, par le juge des tutelles.
  • Un indivisaire injoignable. Le juge peut autoriser un autre indivisaire à le représenter. Le partage amiable reste possible avec un représentant désigné.
  • Valeur de la maison. Avant toute discussion, faites estimer la maison. L'estimation d'une maison donne une première idée ; le notaire ou un expert l'affinera.

Une indivision entre frères et sœurs mêle souvent histoire familiale et argent. Le notaire chargé de la succession peut proposer une solution amiable. Si le conflit s'installe, un avocat vous accompagnera devant le tribunal. I Love Immo n'est ni notaire ni avocat. L'annuaire des notaires liste des offices vérifiés.

Ce qu'il faut retenir

  • La maison héritée appartient à tous les enfants, en indivision, chacun pour sa part, jusqu'au partage.
  • Louer : deux tiers des droits. Vendre : tout le monde, ou le tribunal à la demande des deux tiers.
  • Celui qui occupe seul la maison doit en principe une indemnité, et chacun paie les frais selon sa part.
  • Racheter les parts des autres dans une maison héritée coûte 2,50 % de la valeur de la maison, plus les frais du notaire.
  • Entre frères et sœurs qui ont acheté ensemble, le rachat est taxé comme une vente : prévoyez la sortie dans une convention.

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Questions fréquentes

Combien coûte le rachat de la part de mon frère dans la maison de nos parents ?

Entre héritiers, le rachat est taxé à 2,50 % (article 750 du code général des impôts). S'il met fin à l'indivision, cette taxe porte sur la valeur de toute la maison, sans déduire votre propre part. S'y ajoutent les honoraires du notaire, fixés par un barème officiel, et les frais qu'il avance pour vous. La soulte, la somme versée à votre frère, dépend de la valeur nette de la maison et de sa part.

Ma sœur peut‑elle vendre sa part de la maison à un inconnu ?

Oui, mais elle doit d'abord vous prévenir par un commissaire de justice (l'ancien huissier). Elle vous indique le prix, les conditions et le nom de l'acheteur. Vous avez alors un mois pour acheter cette part vous-même, aux mêmes conditions (article 815-14 du Code civil).

Faut‑il un notaire pour acheter une maison à plusieurs entre frères et sœurs ?

Oui, comme pour tout achat immobilier : l'acte de vente est signé chez le notaire et indique la part de chacun. C'est aussi le bon moment pour signer, chez le même notaire, une convention d'indivision. Elle règle les charges, l'occupation et le départ de l'un d'entre vous.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

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