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Travaux et rénovation · 6 min de lecture

Panneaux solaires : la déclaration préalable, la vente du surplus et les impôts

Mis à jour le 19 octobre 2026

La réponse en bref

Pour poser des panneaux solaires sur le toit d'une maison existante, vous devez déposer une déclaration préalable en mairie (article R421-17 du code de l'urbanisme). La mairie répond en un mois, deux en secteur protégé. Au sol, une installation de moins de 3 kW et de 1,80 m de haut au plus ne demande aucune démarche, hors secteur protégé. Le surplus se vend par un contrat de 20 ans, au prix fixé par l'arrêté du 1er juin 2026 ; ses revenus ne sont pas imposés jusqu'à 3 kWc, sous conditions.

Quelle autorisation pour des panneaux en toiture ?

Sur une maison existante, vous devez déposer une déclaration préalable. C'est vrai pour les panneaux photovoltaïques, qui produisent de l'électricité, comme pour les panneaux thermiques, qui chauffent l'eau. La raison : ils modifient l'aspect extérieur du bâtiment. Vous déposez le dossier à la mairie, ou en ligne si la commune le permet. À Paris, c'est uniquement en ligne.

Pour une maison à construire, les panneaux sont décrits dans la demande de permis de construire. Aucune démarche séparée n'est nécessaire.

ÉtapeDélaiÀ savoir
Dépôt de la déclarationAvant les travauxPlans, photos, insertion des panneaux dans le paysage
Dossier incompletSignalé dans le mois3 mois pour compléter
Instruction1 mois, 2 mois en secteur protégéAvis de l'architecte des bâtiments de France aux abords d'un monument historique ou en site patrimonial remarquable
Décision taciteÀ la fin du délaiSauf exceptions, l'absence de réponse vaut accord

L'architecte des bâtiments de France est le spécialiste de l'État qui veille sur le patrimoine. Il donne son avis près des monuments historiques et dans les quartiers anciens protégés.

Le plan local d'urbanisme (PLU), le document qui fixe les règles de construction de la commune, peut imposer un aspect. Il peut par exemple exiger des panneaux intégrés ou posés à plat sur le toit, une teinte ou un alignement.

Concrètement, avant de signer le bon de commande :

  1. Consultez le PLU en mairie ou sur le Géoportail de l'urbanisme.
  2. Préparez la déclaration préalable avec plans et photos, ou demandez à l'installateur de la préparer.
  3. Attendez l'accord, ou la fin du délai sans réponse, avant de commencer les travaux.

Toutes les autorisations sont présentées dans le pilier urbanisme.

Et pour des panneaux au sol ?

Les règles dépendent de la puissance et de la hauteur. Elles sont plus strictes en secteur protégé. Ces secteurs sont les sites patrimoniaux remarquables, les abords de monuments historiques, les sites classés, les réserves naturelles et les parcs nationaux.

Installation au solHors secteur protégéEn secteur protégé
Moins de 3 kW, hauteur de 1,80 m au plusAucune formalitéDéclaration préalable
Moins de 3 kW, plus de 1,80 m de hautDéclaration préalableDéclaration préalable
De 3 kW à moins de 3 000 kWDéclaration préalablePermis de construire
3 000 kW ou plusPermis de construirePermis de construire

Le kilowatt (kW) mesure la puissance des panneaux. Pour une installation solaire, on parle souvent de kilowatt-crête (kWc) : la puissance maximale, en plein soleil.

Exemple : Gérard installe dans son jardin six panneaux de 2,4 kW au total. Ils sont posés sur des supports de 1,20 m de haut. Sa commune n'a pas de secteur protégé. Il n'a donc aucune démarche d'urbanisme à faire. Les mêmes panneaux posés sur le toit de son garage demanderaient une déclaration préalable.

Et en copropriété ?

Vous ne pouvez pas poser seul des panneaux sur le toit ou la façade, car ce sont des parties communes. Vous devez d'abord obtenir l'accord de l'assemblée générale pour faire ces travaux à vos frais. La décision se prend à la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non (article 25 de la loi du 10 juillet 1965).

Le plus simple est souvent un projet porté par le syndicat des copropriétaires pour tout l'immeuble. Dans les deux cas, la déclaration préalable en mairie reste nécessaire. Le règlement de copropriété peut aussi ajouter ses propres règles d'aspect.

Comment vendre le surplus d'électricité ?

Le surplus est l'électricité que vous produisez sans la consommer. Pour le vendre, vous demandez le raccordement au réseau, en général à Enedis, et vous signez un contrat d'achat de 20 ans.

Les règles ont changé avec l'arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin. Pour les nouvelles demandes, la prime à l'autoconsommation est supprimée. Le surplus est racheté 1,1 centime hors taxes par kilowattheure, avec une hausse de 2 % par an. Jusqu'à 9 kWc, seule la vente du surplus reste possible. Une demande complète déposée avant ce changement garde en principe les règles d'avant : faites-le confirmer par écrit.

Le détail, avec des exemples chiffrés, est dans l'autoconsommation solaire.

Prévenez votre assureur habitation : une assurance de responsabilité civile qui couvre l'installation est obligatoire.

Quelle TVA et quels impôts ?

La TVA à 5,5 % s'applique à l'installation depuis le 1er octobre 2025, si toutes ces conditions sont réunies :

  • une puissance de 9 kWc au plus, soit environ 25 panneaux ;
  • une empreinte carbone des panneaux inférieure à 530 kg éq. CO2 par kWc ;
  • une teneur nulle ou faible en métaux lourds (argent, plomb, cadmium) ;
  • un système de gestion de l'énergie, qui fait fonctionner vos appareils quand les panneaux produisent.

Sinon, la TVA est de 10 %.

L'impôt sur le revenu. La vente d'électricité n'est pas imposable si trois conditions sont réunies :

  • l'installation fait 3 kWc au plus ;
  • elle est raccordée au réseau en deux points au plus ;
  • elle ne sert pas à une activité professionnelle.

Au-delà, vous déclarez ces revenus comme des bénéfices commerciaux (BIC).

Exemple : Nadia fait poser 6 kWc de panneaux qui respectent les critères environnementaux, avec un système de gestion de l'énergie. Sa facture porte une TVA à 5,5 %. Mais son installation dépasse 3 kWc : la vente du surplus est imposable. Elle doit déclarer ses recettes chaque année.

Ces règles fiscales dépendent de votre situation, surtout si le logement est loué ou appartient à une société. Un conseiller fiscal ou un notaire peut vérifier votre cas.

Les cas particuliers

  • Logement loué. Le locataire doit avoir l'accord écrit du propriétaire avant de modifier le toit ou la façade.
  • Lotissement. Le cahier des charges ou le règlement du lotissement peut encadrer l'aspect des toits. Vérifiez-le avant la déclaration.
  • Vente de la maison. Gardez la déclaration préalable, le contrat d'achat, les attestations et les factures. Vous les remettrez à l'acheteur, et le notaire vérifiera que l'installation était autorisée. Depuis 2023, des équipements à énergie renouvelable posés avec une autorisation d'urbanisme peuvent aussi figurer dans le carnet d'information du logement.
  • Démarchage. Ne signez pas sous la pression. Le rendement annoncé doit être chiffré pour votre propre toit. Et la prime à l'autoconsommation n'existe plus pour les nouvelles demandes.

Pour placer ces travaux dans un projet d'ensemble, voyez rénover une maison ancienne et l'ordre des travaux de rénovation énergétique.

À lire aussi : Consuel panneau solaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Sur un toit, les panneaux solaires demandent une déclaration préalable. La mairie répond en un mois, deux en secteur protégé.
  • Au sol, moins de 3 kW et 1,80 m de haut au plus : aucune démarche hors secteur protégé.
  • En copropriété, il faut l'accord de l'assemblée générale pour poser des panneaux à ses frais.
  • Le surplus se vend par un contrat de 20 ans ; depuis juin 2026, la prime a disparu et le prix est de 1,1 c€ HT par kWh.
  • TVA à 5,5 % jusqu'à 9 kWc sous conditions. Revenus non imposables jusqu'à 3 kWc.

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Questions fréquentes

Faut‑il une déclaration préalable pour des panneaux solaires posés sur un abri de jardin ?

Oui, comme sur tout bâtiment existant. Les panneaux changent l'aspect extérieur de l'abri : il faut donc une déclaration préalable. Si l'abri reste à construire, les panneaux sont décrits dans le dossier de l'abri lui-même.

Les panneaux solaires thermiques suivent‑ils les mêmes règles ?

Pour l'urbanisme, oui : sur un toit, ils changent l'aspect du bâtiment et demandent une déclaration préalable. Ils chauffent l'eau sans produire d'électricité : pas de contrat d'achat, pas d'impôt sur une vente. Depuis le 1er septembre 2026, le chauffe-eau solaire n'est plus aidé par MaPrimeRénov' en métropole, mais il l'est encore outre-mer.

Que se passe‑t‑il si j'ai posé des panneaux sans déclaration préalable ?

Vos travaux ne respectent pas les règles d'urbanisme. La commune peut exiger une régularisation ou une remise en état, et des sanctions sont prévues. Renseignez‑vous en mairie : si l'installation respecte les règles locales, vous pouvez la régulariser par une déclaration. Sans autorisation, la vente de la maison peut aussi poser problème.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plus

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