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Assurance · 7 min de lecture

Catastrophe naturelle : de l'arrêté à l'indemnisation, ce que doit votre assurance

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

La garantie catastrophe naturelle est incluse d'office dans tout contrat qui assure vos biens, comme une multirisque habitation. Elle ne joue qu'après la publication au Journal officiel d'un arrêté qui reconnaît l'état de catastrophe naturelle dans votre commune. Vous avez alors 30 jours au plus pour déclarer le sinistre à votre assureur. Une franchise fixée par la loi reste à votre charge : 380 € pour une habitation, 1 520 € pour les dégâts dus à la sécheresse.

Qu'est‑ce qu'une catastrophe naturelle pour l'assurance ?

C'est un phénomène naturel d'une intensité anormale, qui cause des dommages matériels directs à vos biens. L'assureur ne choisit pas de vous l'accorder : la garantie fait partie de tout contrat de dommages aux biens, et il ne peut pas la refuser, sauf exceptions présentées plus bas.

ÉvénementGarantie qui joue
Inondation, coulée de boue, remontée de nappeCatastrophe naturelle
Submersion marine, fortes vaguesCatastrophe naturelle
Fissures dues à la sécheresse puis à la réhydratation des sols argileuxCatastrophe naturelle
Glissement de terrain, effondrement de cavité, séisme, avalancheCatastrophe naturelle
Cyclone ou ouragan (vents de plus de 145 km/h en moyenne sur 10 minutes)Catastrophe naturelle
Tempête, grêle, poids de la neigeGarantie tempête, grêle et neige du contrat
Feu de forêt ou de végétationUne autre garantie du contrat, en général l'incendie

Une seule condition dépend de vous : être assuré pour les biens touchés. Une simple assurance de responsabilité civile ne suffit pas, car elle ne couvre que les dommages causés aux autres.

Qui reconnaît l'état de catastrophe naturelle ?

C'est l'État, à la demande de la commune. La procédure suit plusieurs étapes.

  1. La mairie dépose une demande auprès du préfet. Elle a 24 mois après l'événement pour le faire. Pour la sécheresse, ce délai court depuis le dernier épisode sec.
  2. Une commission interministérielle examine le dossier, à partir de rapports d'experts.
  3. Un arrêté est publié au Journal officiel, en principe dans les deux mois qui suivent la réception de la demande en préfecture. Il précise les communes, la période et la nature des dommages.
  4. Le préfet notifie la décision à la commune. Elle doit être motivée et indiquer comment la contester.

Signalez vos dégâts à la mairie dès que possible, pour qu'elle constitue sa demande. Chaque département dispose aussi d'un référent catastrophes naturelles, désigné par le préfet, qui informe les communes et les habitants.

Comment déclarer votre sinistre ?

Prévenez votre assureur dès que vous constatez les dégâts. La date limite tombe 30 jours après la publication de l'arrêté au Journal officiel, en métropole comme en outre-mer.

Envoyez de préférence une lettre recommandée avec accusé de réception. Elle indique :

  • vos nom, adresse et numéro de contrat ;
  • la nature, la date et le lieu du sinistre ;
  • la liste chiffrée des biens abîmés ou perdus, avec factures ou photos ;
  • les dégâts causés chez d'autres, par exemple un arbre tombé chez un voisin.

Photographiez tout avant de nettoyer. Ne jetez pas les objets abîmés : l'expert voudra peut-être les voir. Si vous réparez vous-même une partie des dégâts, gardez les factures de matériaux.

Que paie l'assurance, et que reste‑t‑il à votre charge ?

L'assurance indemnise les dommages matériels directs aux biens assurés par votre contrat. Elle prend aussi en charge les frais de démolition, de déblaiement et de nettoyage. Les études de sol nécessaires à la réparation sont couvertes, ainsi que les honoraires d'architecte quand ils sont nécessaires.

Si votre résidence principale devient inhabitable, le contrat couvre votre relogement d'urgence pendant 5 jours, avec au moins 80 € par jour et par occupant. Une prise en charge plus longue, jusqu'à 6 mois, est prévue si vous ne pouvez pas rentrer chez vous.

Ne sont pas indemnisés les biens que votre contrat n'assure pas, souvent les clôtures, les plantations ou le terrain. Les dommages antérieurs à l'événement et la plupart des frais indirects restent aussi à votre charge.

Franchise légale pour un particulierMontant
Habitation et autres biens à usage non professionnel380 €
Dommages dus à la sécheresse et à la réhydratation des sols1 520 €
Véhicule à moteur380 € par véhicule

Cette franchise ne peut pas être supprimée par le contrat. Pour les événements autres que la sécheresse, la franchise tempête, grêle et neige de votre contrat s'applique si elle est plus basse. Depuis le 28 mai 2026, une seule franchise s'applique quand plusieurs aléas naturels se succèdent sur une courte période.

Pour la sécheresse, seuls les dommages qui touchent la solidité du bâtiment ou empêchent son usage normal sont couverts. Les particularités des maisons sur sol argileux sont expliquées dans les argiles et la vente d'une maison.

Exemple. La maison de Michel se fissure après un été très sec. Un arrêté reconnaît ensuite l'état de catastrophe naturelle dans sa commune. L'expert chiffre les travaux de reprise à 25 000 €. Michel touche 23 480 €, une fois retirée la franchise de 1 520 €, si son contrat ne prévoit pas d'autre déduction. Certains contrats retiennent une part d'usure : la vétusté en assurance habitation explique ce mécanisme.

Cette protection a un prix, inclus dans votre prime. La part catastrophe naturelle, appelée surprime, vaut 20 % de la prime de votre contrat habitation. Ce taux s'applique aux contrats signés ou renouvelés depuis le 1er janvier 2025. La surprime figure à part sur votre avis d'échéance.

Dans quels délais êtes‑vous indemnisé ?

Le code des assurances impose des délais à l'assureur. Votre contrat peut en prévoir de plus courts.

ÉtapeDélai de l'assureur
Vous informer des démarches et, s'il le juge utile, envoyer un expert1 mois après votre déclaration, ou après l'arrêté s'il est publié plus tard
Vous faire une proposition d'indemnisation ou de réparation1 mois après votre état estimatif des pertes ou le rapport définitif de l'expert
Missionner l'entreprise de réparation, après votre accord1 mois
Verser l'indemnité, après votre accord21 jours
Verser une avance sur l'indemnité2 mois après votre état estimatif, ou après l'arrêté s'il est publié plus tard

Passé ces délais, l'indemnité due produit des intérêts au taux légal. Si vous contestez l'évaluation, vous pouvez demander une contre-expertise : votre contrat doit le mentionner.

Et si votre commune n'est pas reconnue ?

Sans arrêté, la garantie catastrophe naturelle ne joue pas. Vérifiez d'abord si une autre garantie de votre contrat couvre le dommage, comme la tempête ou le dégât des eaux.

La décision de refus doit être motivée et indiquer les voies et délais de recours. C'est en général la commune qui la conteste. Rapprochez‑vous de la mairie et du référent départemental. La mairie peut aussi déposer une nouvelle demande pour un autre épisode, dans le délai de 24 mois.

Les cas particuliers

  • Construction interdite. Dans une zone déclarée inconstructible par un plan de prévention des risques, l'assureur peut refuser la garantie pour un bâtiment construit après ce plan. Il en va de même pour un bâtiment construit sans respecter les règles de prévention. Ce refus n'est possible qu'à la signature ou au renouvellement du contrat.
  • Travaux de prévention non faits. Le plan peut imposer des travaux à faire dans les cinq ans. S'ils ne sont pas réalisés, l'assureur peut être autorisé à déroger à la garantie.
  • Refus d'assurance. Si un assureur refuse de vous couvrir, vous pouvez saisir le Bureau central de tarification, qui statue en trois mois.
  • Outre-mer. Les règles de déclaration sont les mêmes. Si vous n'êtes pas assuré, la mairie vous dira comment solliciter le fonds de secours pour l'outre-mer.
  • Catastrophe technologique. Après un accident industriel majeur, les règles sont plus favorables : pas de franchise, et les meubles sont remplacés à neuf. Vous déclarez dans les 5 jours ouvrés.
  • Vente ou location du bien. Vous devez signaler dans l'état des risques les sinistres indemnisés au titre d'une catastrophe naturelle. Voir l'état des risques, et pour une maison exposée aux crues, acheter en zone inondable.

I Love Immo n'est pas un assureur et ne gère pas les sinistres. En cas de litige avec votre assureur, vous pouvez saisir le Médiateur de l'assurance, ou vous faire aider par une association de consommateurs ou un avocat.

Ce qu'il faut retenir

  • La garantie est incluse dans tout contrat qui assure vos biens, mais elle exige un arrêté publié au Journal officiel.
  • Déclarez dès les dégâts constatés, et au plus tard 30 jours après la publication de l'arrêté.
  • La franchise légale est de 380 €, ou de 1 520 € pour la sécheresse, et elle ne s'applique qu'une fois pour des aléas rapprochés.
  • L'assureur doit verser une avance dans les deux mois et payer dans les 21 jours après votre accord.
  • Les tempêtes, la grêle et la neige relèvent d'une autre garantie de votre contrat.

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Questions fréquentes

Peut‑on prévenir son assureur avant la publication de l'arrêté de catastrophe naturelle ?

Oui, et c'est conseillé. Vous devez déclarer le sinistre dès que vous en avez connaissance. La date limite tombe 30 jours après la publication de l'arrêté au Journal officiel. Prévenir tôt permet à l'assureur d'organiser l'expertise plus vite.

Les dégâts d'une tempête relèvent‑ils de la catastrophe naturelle ?

En général, non. Les vents violents, la grêle et le poids de la neige relèvent de la garantie tempête, grêle et neige de votre contrat. Seuls les vents de cyclone ou d'ouragan, au-delà de 145 km/h en moyenne sur dix minutes ou de 215 km/h en rafales, entrent dans la catastrophe naturelle.

Paie‑t‑on une franchise par inondation quand plusieurs se suivent ?

Non, depuis le 28 mai 2026. Le code des assurances prévoit désormais qu'une seule franchise s'applique quand plusieurs aléas naturels se succèdent sur une courte période. Demandez à votre assureur comment il l'applique à votre dossier.

Mon assureur peut‑il augmenter la franchise parce que ma commune est souvent sinistrée ?

Plus pour les événements survenus depuis le 1er janvier 2023. Pour un particulier, l'assureur ne peut plus relever la franchise selon le nombre de reconnaissances de la commune. Ce mécanisme reste applicable aux sinistres plus anciens.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 17 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

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