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Travaux et rénovation · 7 min de lecture

Assurance dommages-ouvrage : obligatoire pour un particulier, ce qu'elle paie et dans quels délais

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

L'assurance dommages-ouvrage est obligatoire pour toute personne qui fait construire ou fait réaliser de gros travaux, particulier compris. Vous devez la souscrire avant l'ouverture du chantier (article L242-1 du code des assurances). En cas de dommage grave, elle paie les réparations sans attendre de savoir quelle entreprise est responsable. Sans elle, vous ne risquez pas de sanction pénale si vous construisez pour vous loger ou loger votre famille, mais vous perdez cette avance.

À quoi sert l'assurance dommages-ouvrage ?

Elle vous évite d'attendre des mois avant de faire réparer. Quand un dommage grave apparaît, plusieurs entreprises et leurs assureurs peuvent se renvoyer la responsabilité longtemps. Il peut s'agir de grosses fissures, d'infiltrations qui rendent une pièce inhabitable ou d'un plancher qui s'affaisse.

Avec la dommages-ouvrage, votre assureur fait d'abord expertiser le dommage. Il vous paie ensuite la totalité des réparations. C'est lui, enfin, qui se retourne contre les entreprises responsables pour se faire rembourser.

Elle couvre les mêmes dommages que la garantie décennale, c'est-à-dire la garantie de 10 ans que doit chaque constructeur. Ce sont les dommages qui menacent la solidité du bâtiment ou qui l'empêchent de servir normalement, par exemple une maison devenue inhabitable. Ce sont aussi les dommages aux équipements qu'on ne peut pas retirer sans abîmer le bâtiment : canalisations encastrées, plancher, chauffage central, huisseries.

Elle ne couvre pas l'usure normale, le manque d'entretien ou un mauvais usage. Elle ne couvre pas non plus un dommage dû à une cause extérieure aux travaux, ni à une faute du maître d'ouvrage, c'est-à-dire de vous-même.

Qui doit la souscrire, et pour quels travaux ?

C'est le maître d'ouvrage qui la souscrit, c'est-à-dire la personne pour qui les travaux sont faits. Ce peut être le propriétaire, la personne qu'il a chargée de le représenter, le vendeur ou le promoteur. Pour les parties communes d'un immeuble, c'est le syndic, au nom de la copropriété.

Les travaux concernés sont ceux que couvre la garantie décennale :

  • la construction d'une maison ou d'un immeuble ;
  • une extension ;
  • une rénovation lourde : modification de la structure, gros œuvre extérieur, fondations, terrassement, ravalement destiné à rendre la façade étanche.

Certains ouvrages échappent à l'obligation (article L243-1-1 du code des assurances). C'est le cas, par exemple, de la voirie, des parkings, des réseaux ou des équipements sportifs non couverts. L'obligation revient toutefois s'ils ne sont que le complément d'un ouvrage soumis à l'assurance.

Surtout, les parties existantes d'un bâtiment ne sont pas couvertes. Une seule exception : elles sont totalement intégrées aux travaux neufs, au point qu'on ne peut plus techniquement les séparer.

Le bon moment : vous souscrivez l'assurance avant l'ouverture du chantier. Dans un contrat de construction de maison individuelle, la référence de l'assurance figure au contrat. Ce contrat peut aussi prévoir qu'il ne s'appliquera que si vous l'obtenez : c'est une « condition suspensive ».

Quand l'assurance commence‑t‑elle à jouer ?

En principe, un an après la réception des travaux. La réception, c'est le moment où vous acceptez officiellement le chantier, avec ou sans réserves. Pendant la première année, la garantie de parfait achèvement s'applique : l'entreprise doit réparer les défauts que vous lui signalez.

Vous pouvez faire appel à la dommages-ouvrage plus tôt dans deux cas :

  1. Avant la réception. L'entreprise abandonne le chantier ou travaille mal. Vous l'avez mise en demeure, c'est-à-dire sommée par écrit de respecter ses engagements, sans résultat. Vous avez ensuite résilié le contrat parce qu'elle ne l'exécutait pas.
  2. Pendant l'année de parfait achèvement. Vous avez signalé les défauts et mis l'entreprise en demeure, mais elle n'a pas réparé.

La couverture s'arrête 10 ans après la réception. Le procès-verbal de réception est donc un document clé. Il marque le départ de la garantie décennale et celui de vos droits auprès de l'assureur.

Comment déclarer un sinistre, et en combien de temps l'assureur répond‑il ?

Vous déclarez le dommage par écrit, puis l'assureur doit respecter des délais fixés par la loi.

Concrètement :

  1. Envoyez votre déclaration par lettre recommandée avec accusé de réception, par recommandé électronique ou en la remettant contre un récépissé.
  2. Respectez le délai prévu par votre contrat. Ce délai ne peut pas être inférieur à 5 jours ouvrés.
  3. Ne laissez pas traîner : vous perdez votre droit à indemnisation si vous déclarez le dommage plus de 2 ans après son apparition ou après l'avoir découvert.

Les délais de l'assureur se comptent en jours calendaires, week-ends et jours fériés compris. Ils partent de la réception de votre déclaration :

ÉtapeDélai maximalSi l'assureur ne le respecte pas
Réclamer des pièces manquantes10 jours—
Vous donner sa position, avec le rapport d'expertise60 jours après la déclaration complèteVous pouvez lancer les travaux après l'avoir prévenu ; il ne peut plus contester la nature du dommage
Dommage estimé à moins de 1 800 €15 jours, sans expert obligatoireMême règle
Vous faire une offre d'indemnité90 joursVous lancez les travaux ; l'indemnité rapporte des intérêts au double du taux légal
Vous payer après votre accord15 joursMême majoration
Délai supplémentaire exceptionnel135 jours au plusSeulement avec votre accord écrit

Aucune franchise, c'est-à-dire aucune part du dommage, ne peut rester à votre charge. Si l'offre vous paraît trop faible et que les réparations sont urgentes, demandez une avance. Elle vaut au moins les trois quarts de l'offre et vous est versée en une fois, dans les 15 jours. L'indemnité doit servir à réparer réellement le bâtiment.

Exemple : Monique a fait construire une extension, réceptionnée il y a 4 ans. Des fissures apparaissent. Son assureur reçoit sa déclaration complète le 3 mars. Il doit lui donner sa position au plus tard le 2 mai, et lui faire une offre au plus tard le 1er juin. Si le 2 mai passe sans réponse, Monique le prévient par recommandé. Elle peut alors lancer les réparations.

Que faire si aucun assureur ne veut vous assurer ?

Saisissez le Bureau central de tarification (BCT), l'organisme qui fixe le prix quand les assureurs refusent. Il fixe la prime que l'assureur de votre choix doit accepter. Il peut aussi laisser une franchise à votre charge.

La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a modifié cette procédure (article L243-4 du code des assurances). Depuis le 28 mai 2026, l'assureur qui refuse doit vous indiquer que vous pouvez saisir le bureau, et comment le faire. Le bureau doit ensuite se prononcer dans un délai de trois mois.

Il n'existe pas de prix officiel de la dommages-ouvrage. Le prix dépend notamment du coût total de la construction et de la nature des travaux. Il dépend aussi des entreprises choisies, de leurs propres assurances et des études techniques fournies.

Concrètement :

  1. Demandez des propositions à plusieurs assureurs, bien avant la date d'ouverture du chantier.
  2. Gardez chaque refus écrit.
  3. Si tous les assureurs refusent, saisissez le Bureau central de tarification en joignant ces refus.

Les cas particuliers

  • Vente dans les 10 ans. L'assurance suit le bâtiment : elle passe au nouveau propriétaire. L'acte de vente mentionne son existence, et l'attestation y est jointe. Si un dommage apparaît après la vente, c'est l'acheteur qui contacte l'assureur. Sans assurance, l'acte de vente doit indiquer qu'il n'y en a pas.
  • Copropriété. Pour des travaux sur les parties communes couverts par la décennale, c'est le syndic qui souscrit. Il le fait au nom du syndicat des copropriétaires, c'est-à-dire de l'ensemble des copropriétaires.
  • Travaux faits par vous-même. La dommages-ouvrage vise les travaux confiés à des entreprises. Si vous construisez vous-même puis vendez, vous êtes responsable envers l'acheteur, comme un constructeur. Parlez-en à votre notaire avant la vente.
  • Location du bien construit. Si vous faites construire pour louer, l'exception pénale ne vous protège pas. Elle ne vise que le logement occupé par le propriétaire ou sa famille.
  • Pour aller plus loin. Les questions d'assurance du logement au quotidien sont réunies dans le guide Assurance.

À lire aussi : quel contrat pour faire construire, surélévation de maison.

Ce qu'il faut retenir

  • La dommages-ouvrage est obligatoire avant tout chantier de construction ou de gros travaux confié à des entreprises, même pour un particulier.
  • Elle paie les réparations des dommages graves sans attendre de savoir qui est responsable.
  • L'assureur a 60 jours pour prendre position et 90 jours pour faire une offre ; sinon, vous pouvez lancer les travaux.
  • Elle passe à l'acheteur si vous vendez dans les 10 ans : gardez l'attestation avec les papiers du logement.
  • Si tous les assureurs refusent, saisissez le Bureau central de tarification.

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Questions fréquentes

Faut‑il une dommages-ouvrage pour une extension de maison ?

Oui, si des entreprises réalisent l'extension. La loi vise toute personne qui fait construire en tant que propriétaire. Vous souscrivez l'assurance avant l'ouverture du chantier. Elle couvre l'extension, pas les parties existantes de la maison, sauf si elles sont totalement intégrées au nouvel ouvrage.

Que risque un particulier qui construit sans dommages-ouvrage ?

Aucune sanction pénale s'il construit pour y vivre ou y loger sa famille. Mais en cas de dommage, il doit attendre que les responsabilités soient établies, souvent devant un juge, avant d'être indemnisé. Et s'il vend dans les 10 ans, l'acte de vente doit indiquer qu'il n'y a pas d'assurance.

Combien coûte une assurance dommages-ouvrage ?

Il n'existe pas de tarif officiel : chaque assureur fixe son prix. Il dépend surtout du coût de la construction, de la nature des travaux, des entreprises et de leurs assurances, et des études fournies. Demandez plusieurs propositions avant l'ouverture du chantier. Si tous les assureurs refusent, vous pouvez saisir le Bureau central de tarification.

L'assureur peut‑il refuser de prendre en charge un sinistre déclaré ?

Oui, s'il estime que le dommage n'entre pas dans la garantie décennale, par exemple s'il vient de l'usure ou d'un manque d'entretien. Il doit vous donner sa position dans les 60 jours qui suivent votre déclaration complète, avec le rapport de l'expert. Passé ce délai, il ne peut plus contester la nature du dommage.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

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