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Travaux et rénovation · 4 min de lecture

Gros travaux dans un logement loué : les droits du locataire et ce que le bailleur doit faire

Mis à jour le 19 octobre 2026

La réponse en bref

Pendant le bail, le locataire doit laisser le propriétaire faire les travaux d'entretien, d'amélioration, de mise en décence et de rénovation énergétique. En échange, le bailleur doit le prévenir avant, par lettre recommandée ou remise en main propre, en précisant la nature des travaux, leurs dates et leur durée. Le locataire n'est pas tenu d'ouvrir le samedi, le dimanche ni les jours fériés. Si les travaux durent plus de 21 jours, le loyer baisse en proportion ; s'ils sont abusifs ou rendent le logement dangereux, le juge peut les arrêter.

Quels travaux le locataire doit‑il accepter ?

Le locataire doit laisser l'accès au logement pour préparer et faire ces travaux :

  • les travaux d'entretien normal et de maintien en état, comme un volet cassé ;
  • les travaux d'amélioration des parties communes ou du logement ;
  • les travaux d'amélioration de la performance énergétique, comme l'isolation ;
  • les travaux pour rendre le logement décent.

Il ne peut pas s'y opposer s'ils ont été annoncés correctement. Qui paie quoi entre bailleur et locataire est expliqué dans travaux : charge du bailleur ou du locataire.

Comment le bailleur doit‑il prévenir le locataire ?

Le propriétaire doit envoyer une notification avant le début des travaux. Elle part par lettre recommandée avec accusé de réception, ou elle est remise en main propre.

Concrètement, la lettre indique :

  1. la nature des travaux et l'amélioration recherchée ;
  2. leur urgence éventuelle et, pour l'énergie, la performance visée ;
  3. la date de début et la durée prévue ;
  4. les jours et les pièces où l'accès sera nécessaire.

Le locataire peut refuser l'accès le samedi, le dimanche et les jours fériés. Les règles d'entrée dans un logement loué sont détaillées dans la visite du propriétaire.

Quels sont les droits du locataire pendant le chantier ?

SituationDroit du locataireQui tranche en cas de désaccord
Travaux de plus de 21 joursBaisse de loyer proportionnelle à la durée et à la partie du logement inutilisableLe juge des contentieux de la protection
Travaux abusifs ou vexatoiresDemander l'interruption ou l'interdiction des travauxLe même juge
Travaux différents de la notificationDemander l'interruption ou l'interdictionLe même juge
Logement impossible à utiliser ou dangereuxDemander l'interruption ou l'interdictionLe même juge
Réparations urgentes qui rendent le logement inhabitableDemander la résiliation du bailLe même juge

Des travaux sont « abusifs ou vexatoires » quand ils dépassent ce qui est utile, ou sont menés pour gêner le locataire. Par exemple, un chantier interrompu sans raison pendant des semaines.

Exemple : Mme Lefèvre loue un appartement 900 € par mois à Rennes. Elle fait refaire la cuisine et la salle de bains pendant 30 jours. Ces deux pièces sont inutilisables pendant ce temps. Le chantier dépasse 21 jours : elle doit accorder une baisse de loyer. Elle propose par écrit un montant tenant compte de la durée et des pièces touchées. Le locataire l'accepte, ce qui évite le juge.

Que faire en cas de désaccord ?

  1. Écrivez d'abord. Le locataire expose sa demande par lettre recommandée : baisse de loyer, report, horaires.
  2. Tentez une solution amiable. Pour un litige de 5 000 € au plus, une conciliation, une médiation ou une procédure participative est obligatoire avant le juge. La commission départementale de conciliation et le conciliateur de justice sont gratuits.
  3. Saisissez le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement, si rien n'aboutit.

Le locataire ne doit jamais cesser de payer son loyer de lui-même pour faire pression. Il risquerait la résiliation de son bail.

Les cas particuliers

  • Bailleur qui ne fait pas les travaux. Le locataire prévient, puis met en demeure. Deux mois plus tard sans accord, il peut saisir la commission de conciliation, puis le juge. Le juge peut obliger le bailleur à agir, ou autoriser le locataire à faire les travaux à ses frais.
  • Logement mal classé au DPE. Les travaux pour sortir d'une passoire thermique sont des travaux d'amélioration énergétique que le locataire doit laisser faire. Les aides sont dans MaPrimeRénov' pour les bailleurs.
  • Choix des entreprises. Des devis clairs, avec des dates, facilitent la notification : voyez les mentions d'un devis.
  • Surélévation ou combles au-dessus d'un logement loué. Les nuisances peuvent durer des mois : voyez surélever sa maison et prévoyez la baisse de loyer dans votre budget.
  • Travaux faits par le locataire. Le locataire peut faire à ses frais certains travaux de rénovation énergétique après en avoir informé le bailleur. Les autres transformations demandent l'accord écrit du propriétaire.

Les obligations générales du bailleur sont résumées dans les obligations du propriétaire bailleur.

Ce qu'il faut retenir

  • Le locataire doit laisser faire les travaux d'entretien, d'amélioration, de décence et de rénovation énergétique.
  • Le bailleur le prévient avant, par écrit, avec la nature, les dates et la durée des travaux.
  • Pas d'accès imposé le samedi, le dimanche ni les jours fériés.
  • Au-delà de 21 jours de travaux, le loyer baisse en proportion.
  • Travaux abusifs ou dangereux : le juge des contentieux de la protection peut les arrêter.

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Questions fréquentes

Le locataire peut‑il refuser des travaux d'isolation ?

En principe non. Le locataire doit laisser faire les travaux d'amélioration et ceux qui améliorent la performance énergétique, une fois prévenu par écrit. Il peut en revanche saisir le juge si les travaux sont abusifs, ne suivent pas la notification ou rendent le logement dangereux.

Le bailleur peut‑il augmenter le loyer après de gros travaux ?

Pas librement pendant le bail. Une hausse liée à des travaux d'amélioration n'est possible que si le bail le prévoit, ou lors du renouvellement selon des règles strictes, et souvent pas du tout en zone d'encadrement des loyers. Faites vérifier votre cas par l'ADIL ou un avocat avant d'annoncer une hausse.

Qui paie l'hôtel si le logement devient inhabitable pendant les travaux ?

Aucun texte ne fixe un relogement automatique pour des travaux ordinaires. Si les travaux rendent le logement inhabitable, le locataire peut demander au juge la résiliation du bail ou des dommages et intérêts. Le plus sûr, pour le bailleur, est de convenir par écrit d'une solution avant le chantier.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plus

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Sources vérifiées le 19 octobre 2026.

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Sources officielles (3)vérifiées le 19 octobre 2026

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