Aller au contenu
I Love Immo

Travaux et rénovation · 7 min de lecture

Malfaçons : quels recours contre l'artisan, le constructeur ou le vendeur de la maison ?

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Votre recours dépend du moment où la malfaçon apparaît et de la personne avec qui vous avez signé. Pendant le chantier, vous agissez contre l'entreprise ; ensuite, contre le constructeur, grâce aux garanties de 1, 2 et 10 ans, qui passent à l'acheteur si la maison est vendue. Pour une maison achetée sans travaux récents, vous agissez contre le vendeur pour vices cachés, dans les 2 ans de leur découverte (article 1648 du Code civil). Dans tous les cas, commencez par une lettre recommandée, puis tentez une conciliation, avant d'aller au tribunal judiciaire.

Contre qui agir, selon votre situation ?

Votre situationContre quiFondementDélai pour agir
Travaux en cours, pas encore reçusL'entrepriseLe contrat (responsabilité contractuelle)Selon le droit commun ; agissez sans attendre
Défaut apparu dans l'année suivant la réceptionL'entrepriseGarantie de parfait achèvement1 an après la réception
Équipement démontable en panneLe constructeurGarantie de bon fonctionnementAu moins 2 ans après la réception
Dommage grave à la solidité ou à l'usageLe constructeur, son assureur, votre dommages-ouvrageGarantie décennale10 ans après la réception
Maison achetée, travaux de moins de 10 ansLes constructeurs, le vendeur s'il a construit ou fait construireGarantie décennale, transmise à l'acheteur10 ans après la réception des travaux
Maison achetée, défaut caché sans travaux récentsLe vendeurGarantie des vices cachés2 ans après la découverte
Logement neuf acheté sur plan (VEFA), défaut apparentLe promoteurCode civil, règles de la vente sur plan1 an après la date à laquelle il peut être déchargé (réception, ou un mois après la prise de possession si c'est plus tard)

Quelques mots de ce tableau :

  • la réception est le moment où vous acceptez officiellement le chantier terminé, avec ou sans réserves ;
  • la dommages-ouvrage est une assurance que vous prenez avant les travaux. Elle paie les grosses réparations sans attendre de savoir qui est responsable ;
  • un vice caché est un défaut grave qu'on ne pouvait pas voir lors de l'achat.

Que faire pendant le chantier, avant la réception ?

Avant la réception, les garanties légales ne s'appliquent pas encore. L'entreprise doit simplement faire ce qu'elle a promis, selon le devis et les règles du métier.

  1. Écrivez-lui par lettre recommandée avec accusé de réception. Décrivez le défaut, joignez des photos datées et fixez un délai raisonnable pour le réparer. C'est la mise en demeure.
  2. Faites faire le travail par un autre, si elle ne réagit pas. Après la mise en demeure, vous pouvez confier la réparation à une autre entreprise, dans un délai et à un coût raisonnables. Vous demandez ensuite le remboursement à la première entreprise (article 1222 du Code civil).
  3. Mettez fin au contrat si le manquement est grave. Si vous aviez pris une assurance dommages-ouvrage, elle peut alors payer la reprise des dommages graves.

Ne laissez pas la réception se faire sans écrit. Signez un procès-verbal qui liste chaque défaut sous forme de « réserve ». Vous pouvez retenir au plus 5 % du prix, en déposant cette somme chez un tiers. Consultez la réception des travaux.

Que faire après la réception ?

Tout dépend de la nature du défaut et de la date où il est apparu. Les trois garanties et leurs exemples (fenêtre, électricité, plomberie) sont expliqués dans parfait achèvement, biennale, décennale.

Pour un dommage grave, écrivez à la fois au constructeur et à votre assureur dommages-ouvrage. Cet assureur doit vous répondre dans les 60 jours qui suivent votre déclaration complète. Il avance l'argent des réparations.

L'entreprise a disparu ? Son assureur décennal doit quand même payer. Son nom figure sur l'attestation décennale. Sinon, le liquidateur de l'entreprise peut vous le donner.

Vous avez acheté une maison et découvrez des malfaçons ?

Commencez par trouver la date des travaux en cause. Le dossier de vente, les factures remises par le vendeur, l'acte du notaire et ses annexes vous la donnent. Pour des travaux de moins de 10 ans soumis à l'assurance obligatoire, l'acte devait dire si ces assurances existaient ou non.

Trois cas se présentent :

  • Les travaux ont moins de 10 ans. La garantie décennale suit la maison : le constructeur est responsable envers le client et envers l'acheteur (article 1792 du Code civil). Vous pouvez agir contre les entreprises, leurs assureurs et la dommages-ouvrage, qui vous a été transmise avec la maison. Le vendeur est lui aussi traité comme un constructeur s'il a construit ou fait construire ce qu'il vous a vendu. C'est vrai même s'il a fait les travaux de ses mains.
  • Pas de travaux récents, ou un défaut non couvert par la décennale. Il reste la garantie des vices cachés contre le vendeur. Elle vise un défaut invisible lors de la vente, qui rend le bien inutilisable ou le gêne tellement que vous ne l'auriez pas acheté, ou à un prix plus bas. Vous devez agir dans les 2 ans de la découverte. Les actes contiennent souvent une clause qui écarte cette garantie. Elle protège le vendeur particulier de bonne foi, mais pas celui qui connaissait le défaut. Un cas concret est détaillé dans la mérule et les vices cachés.
  • Un logement neuf acheté sur plan. Votre interlocuteur est le promoteur, pas l'entreprise. Signalez les défauts visibles à la livraison, ou dans le mois qui suit votre entrée dans les lieux. Après la réception, il vous doit les garanties des constructeurs (article 1646-1 du Code civil).

Exemple. En 2026, vous achetez une maison. Le vendeur avait fait isoler les combles et refaire la toiture en 2021. Au premier hiver, des infiltrations rendent une chambre inutilisable. Les travaux ont moins de 10 ans et le dommage empêche d'utiliser une pièce. Écrivez donc :

  1. au couvreur ;
  2. à son assureur décennal, dont l'attestation doit être jointe à votre acte ;
  3. à l'assureur dommages-ouvrage, s'il y en a un.

Si le vendeur avait refait la toiture lui-même, c'est contre lui que vous agiriez, au titre de la décennale.

Quelles étapes avant le tribunal ?

  1. Rassemblez les preuves : devis, factures, procès-verbal de réception, attestations d'assurance, photos datées, échanges écrits. Un constat de commissaire de justice, l'ancien huissier, fixe l'état des lieux. Une expertise, amiable ou ordonnée par le juge, établit la cause et le coût de la réparation.
  2. Mettez en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Citez la garantie que vous invoquez et fixez un délai.
  3. Tentez une conciliation. Le conciliateur de justice est gratuit. Pour un litige de 5 000 € au plus, cette tentative d'accord est obligatoire avant de saisir le tribunal judiciaire, sauf exceptions.
  4. Saisissez le tribunal judiciaire avant la fin du délai de la garantie. Une simple lettre ne suffit pas à arrêter ce délai.

Pour un dommage important ou une maison achetée récemment, faites‑vous conseiller par un avocat. Le choix de la garantie et des personnes à poursuivre décide de l'issue. L'annuaire I Love Immo recense des avocats en droit immobilier. L'ADIL de votre département, service public d'information sur le logement, donne aussi un premier conseil gratuit. I Love Immo n'est ni avocat ni expert et ne peut pas juger votre dossier.

Les cas particuliers

  • Appartement en copropriété. Un problème sur les parties communes, comme la toiture, la façade ou les canalisations communes, est traité par le syndic, au nom de tous les copropriétaires. Signalez-le-lui par écrit.
  • Sous-traitant. Vous n'avez pas signé avec lui. Agissez contre l'entreprise principale, qui répond de son travail.
  • Travaux sans facture. Sans devis, facture ni attestation, il devient très difficile de prouver le contrat et de trouver l'assureur. Raison de plus pour exiger ces documents.
  • Logement loué. La malfaçon gêne votre locataire ? Vous lui devez un logement décent pendant que vous poursuivez l'entreprise.
  • Clause qui réduit les garanties. Une clause du devis qui réduit les garanties légales est considérée comme non écrite. Elle ne peut pas vous être opposée.

À lire aussi : les mentions du devis de travaux et l'acompte.

Ce qu'il faut retenir

  • Le recours dépend du moment : chantier en cours, après la réception, ou après l'achat de la maison.
  • Les garanties des constructeurs passent à l'acheteur pendant 10 ans après la réception des travaux.
  • Le vendeur qui a construit ou fait construire est traité comme un constructeur. Sinon, il reste les vices cachés, à faire valoir dans les 2 ans de la découverte.
  • Commencez toujours par une lettre recommandée et une conciliation, et gardez toutes les preuves.
  • Pour un dommage important, consultez un avocat avant la fin du délai de la garantie.

Passer à l'action

Trouver un professionnel vérifié

Notaires, géomètres-experts, agents immobiliers : l'annuaire des professionnels dont l'inscription ou la carte professionnelle a été vérifiée.

Ouvrir l'annuaire

Questions fréquentes

Le vendeur de ma maison avait fait les travaux lui-même : est‑il responsable des malfaçons ?

Oui. S'il a construit ou fait construire ce qu'il vous a vendu, la loi le traite comme un constructeur. Il vous doit la garantie décennale pendant 10 ans après la fin de ces travaux. Une clause de l'acte qui écarte la garantie des vices cachés ne l'en dispense pas.

Les malfaçons d'un appartement neuf se signalent‑elles au promoteur ou à l'entreprise ?

Au promoteur, qui vous a vendu le logement. Signalez-lui les défauts visibles à la livraison, ou dans le mois qui suit votre entrée dans les lieux. Agissez dans l'année si rien n'est réparé. Après la réception, il vous doit les mêmes garanties que les constructeurs. C'est à lui de se retourner contre les entreprises.

Puis‑je arrêter de payer l'artisan tant que la malfaçon n'est pas réparée ?

C'est risqué avant la fin du chantier, si le défaut n'est pas assez grave. Mettez d'abord l'entreprise en demeure par écrit. À la réception, la loi prévoit une autre solution : retenir 5 % du prix au plus, en déposant cette somme chez un tiers. Refuser de payer sans raison claire peut se retourner contre vous.

Faut‑il un expert pour prouver une malfaçon ?

Pas toujours. Pour un défaut visible, des photos datées, le devis, les factures et un constat de commissaire de justice suffisent souvent. Pour un problème technique, comme des fissures, des infiltrations ou la structure, une expertise trouve la cause et le coût de la réparation. Elle peut être amiable ou ordonnée par le juge.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 16 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (6)vérifiées le 16 octobre 2026

Sur le même sujet

À lire aussi

Commençons par votre adresse.

Nous en déduisons les documents qui comptent pour votre bien.

Lettre gratuite

Les règles changent, la lettre vous prévient

Une fois par semaine : les nouvelles règles et leurs dates, quelques chiffres du marché avec leur source, et les échéances à prévoir avant de vendre ou de louer.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la lettre I Love Immo chaque semaine par e-mail. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, en un clic, depuis chaque lettre. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi : elle n'est ni vendue ni transmise. Confidentialité