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Acheter et emprunter · 4 min de lecture

Désolidarisation du prêt immobilier : sortir d'un crédit commun après une séparation

Mis à jour le 18 octobre 2026

La réponse en bref

Un divorce, une rupture de Pacs ou de concubinage ne met pas fin au prêt immobilier signé à deux. La banque peut toujours réclamer chaque mensualité à l'un ou à l'autre. La désolidarisation est l'accord par lequel la banque libère l'un des deux emprunteurs : l'autre reste alors seul tenu du prêt. Elle n'est jamais automatique et la banque peut refuser.

Pourquoi le prêt reste‑t‑il dû par les deux ?

Parce qu'en signant ensemble, vous êtes devenus co-emprunteurs solidaires. Cela veut dire que chacun peut être poursuivi pour la totalité de la dette, et pas seulement pour sa moitié.

La séparation ne change rien à ce contrat. Même si votre convention de divorce dit que l'un paie seul, la banque n'est pas liée par cet accord entre vous.

Exemple : Laure et Thomas se séparent. Thomas garde l'appartement et promet de payer le prêt. Six mois plus tard, il cesse de payer. Sans désolidarisation, la banque peut réclamer les mensualités à Laure, même si elle n'habite plus le logement.

Quelles sont les solutions pour sortir du prêt ?

Il y en a trois, et deux demandent l'accord de la banque.

SolutionCe qui se passeAccord de la banque
Vendre et rembourser le prêtLe prix de vente solde le crédit, la garantie des deux prend finNon nécessaire, mais des pénalités peuvent être dues
DésolidarisationL'un sort du prêt, l'autre reste seul emprunteurOui
Remplacer le co-emprunteurL'un sort, une nouvelle garantie le remplace : caution, hypothèque, nouveau co-emprunteurOui

Une quatrième voie est fréquente : celui qui garde le bien fait un nouveau prêt à son seul nom, souvent dans une autre banque. Ce prêt rembourse l'ancien et finance la soulte, c'est-à-dire la somme versée à l'autre pour sa part. Le calcul de la soulte estime ce montant.

Le sort du bien lui-même (vendre, racheter la part, rester en indivision) est expliqué dans vendre une maison en cas de divorce ou de séparation.

Comment demander la désolidarisation ?

Écrivez ensemble à la banque, avec un dossier qui prouve que celui qui reste peut payer seul. Les étapes :

  1. Mettez‑vous d'accord sur qui garde le bien et le prêt.
  2. Envoyez à la banque une lettre recommandée signée par les deux. Indiquez la référence du prêt, le nom de celui qui sort et de celui qui reste, et la raison.
  3. Joignez les justificatifs de celui qui reste : revenus, charges, avis d'imposition, relevés de compte.
  4. Proposez, si besoin, une garantie complémentaire ou un nouveau co-emprunteur.
  5. Une fois l'accord obtenu, signez l'avenant au contrat de prêt et adaptez l'assurance emprunteur.

La banque regarde surtout la capacité de remboursement de celui qui reste, comme pour un nouveau prêt. Une seule personne avec des revenus suffisants a plus de chances qu'un couple qui se répartit l'effort.

Que faire si la banque refuse ?

Vous gardez les autres solutions. Vous pouvez :

  • proposer une garantie de remplacement : une caution d'un proche, une hypothèque sur un autre bien ;
  • faire racheter le prêt par une autre banque au seul nom de celui qui reste : voyez le rachat de crédit immobilier ;
  • vendre le bien et rembourser le prêt avec le prix.

En attendant, continuez à payer les mensualités. Un impayé pénalise les deux emprunteurs et peut conduire à la saisie du bien. Si vous n'arrivez pas à vous entendre, un avocat ou un notaire peut vous aider à trouver un accord. I Love Immo n'est ni une banque ni un conseil juridique.

Les cas particuliers

Concubins et partenaires de Pacs. Les règles du prêt sont les mêmes que pour les époux : seule la banque peut libérer l'un des deux. Le partage du bien dépend en revanche de la façon dont vous l'avez acheté : voyez acheter en couple non marié ou pacsé.

Prêts aidés. Un prêt à taux zéro ou un prêt d'accession sociale est lié à la résidence principale. Si le bien est vendu, il doit être remboursé, sauf transfert accepté par la banque.

Assurance emprunteur. Après la désolidarisation, celui qui reste doit souvent être assuré pour la totalité du prêt. La répartition entre deux emprunteurs est expliquée dans la quotité d'assurance.

Ce qu'il faut retenir

  • La séparation ne met pas fin au prêt : la banque peut réclamer tout à chacun.
  • La désolidarisation libère l'un des deux, seulement si la banque accepte.
  • Le dossier doit montrer que celui qui reste peut payer seul.
  • En cas de refus : nouvelle garantie, rachat par une autre banque ou vente.
  • Continuez à payer pendant les démarches, et faites‑vous conseiller en cas de désaccord.

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Questions fréquentes

Le jugement de divorce me libère‑t‑il du prêt ?

Non, pas vis-à-vis de la banque. Le jugement ou la convention peut dire lequel de vous deux paie le prêt, mais la banque n'est pas tenue par cet accord. Tant qu'elle n'a pas accepté la désolidarisation, elle peut réclamer les mensualités à chacun.

La banque peut‑elle refuser la désolidarisation ?

Oui, elle est libre d'accepter ou de refuser. Elle refuse souvent si celui qui garde le prêt n'a pas les revenus suffisants seul. Vous pouvez alors proposer une autre garantie, faire racheter le prêt par une autre banque ou vendre le bien.

Combien coûte une désolidarisation ?

Il n'existe pas de tarif officiel. La banque peut facturer un avenant au contrat de prêt, et parfois une nouvelle garantie. Si un notaire intervient pour le partage du bien, ses frais et le droit de partage s'ajoutent. Demandez un chiffrage écrit avant de vous engager.

Et l'assurance emprunteur après la désolidarisation ?

Elle doit être revue. Celui qui garde le prêt doit être assuré sur la totalité du capital restant, souvent pour toute la dette. Celui qui sort du prêt peut faire cesser son assurance une fois l'avenant signé.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 18 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

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