Quelles solutions pour la maison ?
Il y a trois issues. Chacune a son coût, que résume le tableau.
| Solution | Ce qui se passe | Ce que cela coûte surtout |
|---|---|---|
| Vendre à un tiers | Le prix rembourse le prêt, le reste se partage | Diagnostics, levée de l'hypothèque de la banque, éventuelles pénalités de remboursement anticipé du prêt |
| L'un rachète la part de l'autre | Il verse une soulte, c'est-à-dire une somme d'équilibre | Droit de partage de 1,10 %, rémunération et frais du notaire, souvent un nouveau prêt |
| Rester propriétaires à deux | Le bien devient indivis, par exemple pour le louer | Une convention chez le notaire, si vous voulez fixer les règles |
Exemple. Sylvie et Marc divorcent. Leur maison vaut 280 000 € et il reste 80 000 € de prêt. La valeur nette est de 200 000 €. Sylvie garde la maison : elle verse à Marc une soulte de 100 000 €, la moitié de la valeur nette. Le droit de partage est de 1,10 % de 200 000 €, soit 2 200 €. Viennent s'y ajouter les frais du notaire. Le calcul de la soulte refait ce calcul avec vos chiffres.
Qui est propriétaire de quoi ?
Tout dépend de votre contrat de mariage, ou de son absence. C'est la première chose que le notaire vérifie.
- Mariés sans contrat (communauté). Une maison achetée pendant le mariage est un bien commun : elle se partage par moitié. Une maison achetée avant le mariage, ou reçue en héritage, reste à celui qui en est propriétaire.
- Séparation de biens. Chacun garde ses biens. Un bien acheté à deux se partage selon les parts écrites dans l'acte d'achat.
- Argent commun mis dans le bien d'un seul. Parfois, l'argent du couple a remboursé le prêt d'un bien qui n'appartient qu'à l'un. Son propriétaire peut alors devoir une « récompense », c'est-à-dire un remboursement à la communauté.
Ces comptes se font lors de la liquidation, l'opération qui chiffre tout ce que le couple possède et doit, pour calculer la part de chacun.
Peut‑on vendre pendant la procédure ?
Oui, si vous êtes d'accord tous les deux. Pendant le mariage, aucun époux ne peut vendre seul le logement de la famille, même s'il en est l'unique propriétaire. Une vente faite sans l'accord de l'autre peut être annulée à sa demande, dans l'année où il l'apprend (Code civil, art. 215).
Si vous vendez pendant la procédure, le prix entre dans les biens à partager. Dans un divorce par consentement mutuel, la convention signée avec vos avocats doit contenir la liquidation de vos biens. Quand elle porte sur un bien immobilier, cette liquidation doit être faite chez le notaire, par acte authentique.
Que devient le prêt immobilier ?
Le divorce ne met pas fin au prêt. Si vous l'avez signé à deux, la banque peut réclamer chaque mensualité à l'un ou à l'autre. Trois sorties sont possibles :
- Rembourser le prêt par anticipation, en général avec le prix de vente. Des pénalités peuvent être dues si le contrat les prévoit : le calcul du remboursement anticipé les estime.
- Demander la désolidarisation de l'un des deux, si la banque l'accepte. L'autre reste alors seul tenu du prêt : voyez la désolidarisation d'un prêt après séparation.
- Remplacer la garantie de celui qui part par une autre, par exemple une caution ou une hypothèque, avec l'accord de la banque.
Tant que la banque n'a pas donné son accord par écrit, continuez à payer : un impayé pénalise les deux ex-époux.
Allez‑vous payer un impôt sur la plus-value ?
En général non, si la maison était votre résidence principale à la séparation. Celui qui est parti reste aussi exonéré, à trois conditions :
- le logement était la résidence principale du couple au moment de la séparation ;
- l'autre l'a occupé jusqu'à sa mise en vente ;
- la vente a lieu dans un délai normal, en principe un an au plus.
Le service des impôts peut accepter un délai plus long, selon le marché local, le prix demandé et vos démarches de vente. Entre la mise en vente et la vente, le logement ne doit pas être loué ni prêté. Ces règles valent aussi pour les concubins et les partenaires de Pacs qui se séparent.
Les cas particuliers
- Concubins. Vous êtes propriétaires en indivision, selon les parts de votre acte d'achat. Entre concubins, le rachat de la part de l'autre est traité comme une vente : il supporte les taxes d'une vente, plus élevées que le droit de partage. Voir acheter à deux en indivision.
- Partenaires de Pacs. Le droit de partage de 1,10 % s'applique aussi au partage qui suit la fin du Pacs.
- Désaccord total. Le bien reste en indivision, et l'un peut demander au juge le partage ou la vente. Les règles sont dans vendre un bien en indivision.
- Maison appartenant à un seul époux. Elle lui reste. Le juge aux affaires familiales peut toutefois accorder un bail à l'autre, au plus jusqu'à la majorité du plus jeune enfant.
- Résidence secondaire ou bien loué. Les mêmes règles de partage s'appliquent, mais pas l'exonération de la résidence principale.
I Love Immo n'est ni avocat ni notaire. Pour votre propre divorce, l'avocat et le notaire chiffrent les options avant que vous ne choisissiez.
À lire aussi : vendre un bien avec un crédit en cours, levée d'hypothèque après remboursement du prêt.
Ce qu'il faut retenir
- Trois issues : vendre à un tiers, racheter la part de l'autre, ou rester propriétaires à deux.
- Le rachat supporte un droit de partage de 1,10 % de la valeur nette partagée, plus les frais du notaire.
- Vendre à un tiers avec un acte qui répartit le prix évite le droit de partage.
- Le prêt reste dû par les deux tant que la banque n'a pas accepté de libérer l'un d'eux.
- L'ancienne résidence principale vendue dans un délai normal reste en général exonérée de plus-value, même pour celui qui est parti.
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Questions fréquentes
Mon ex peut‑il m'obliger à vendre la maison ?
Après le divorce, personne n'est obligé de rester en indivision : chacun peut demander le partage, et le juge peut ordonner la vente si vous ne trouvez pas d'accord. Avant d'en arriver là, cherchez un accord : une procédure de partage en justice est longue et coûteuse.
Je garde la maison mais le prêt est aux deux noms : suis‑je libéré ?
Pas automatiquement. Votre ex reste tenu envers la banque tant qu'elle n'a pas accepté de le désolidariser. Le rachat de soulte se fait donc souvent avec un nouveau prêt à votre seul nom, qui rembourse l'ancien.
Faut‑il payer le droit de partage si nous vendons la maison à un tiers ?
Pas si l'acte de vente répartit lui-même le prix entre vous selon vos droits. L'administration fiscale renonce alors au droit de partage, même si la vente est ensuite rappelée dans la convention ou le jugement de divorce.
Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plusVoir moins
Rédaction
L'équipe éditoriale I Love Immo
Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.
Relecture
À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.
Sources vérifiées le 16 octobre 2026.
Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale
Sources officielles (7)vérifiées le 16 octobre 2026
- Divorce : quelles sont les règles de partage des biens des époux ?Service-Public.fr
- Garantie co-emprunteur : que faire en cas de divorce ou de séparation du couple ?Service-Public.fr
- Code général des impôts, article 746 (droit de partage, taux de 1,10 % depuis le 1er janvier 2022)Légifrance
- Code civil, article 215 (logement de la famille)Légifrance
- Code civil, article 229-3 (contenu de la convention de divorce par consentement mutuel)Légifrance
- BOI-ENR-PTG-10-10, § 65 : vente de biens indivis et clauses de partage du prixBOFiP-Impôts
- Nous nous séparons et vendons notre résidence principale, allons‑nous payer un impôt sur la plus-value ?impots.gouv.fr
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