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Prêt in fine : comment il fonctionne, ce qu'il coûte et ce que la banque demande

Mis à jour le 18 octobre 2026

La réponse en bref

Un prêt in fine est un crédit où vous ne payez chaque mois que les intérêts et l'assurance. Le capital emprunté est remboursé en une seule fois, à la dernière échéance. La banque demande presque toujours une garantie solide, souvent une épargne placée et bloquée à son profit. Il coûte plus d'intérêts qu'un prêt classique, mais les mensualités sont plus faibles.

Comment fonctionne un prêt in fine ?

Pendant toute la durée, le capital dû ne baisse pas. Vos mensualités ne servent qu'à payer les intérêts et l'assurance emprunteur.

Dans un prêt classique, dit « amortissable », chaque mensualité rembourse une part d'intérêts et une part de capital. La somme due diminue mois après mois. Dans un prêt in fine, « in fine » veut dire « à la fin » en latin : tout le capital revient d'un coup au dernier mois.

Prêt amortissablePrêt in fine
MensualitéIntérêts + capital + assuranceIntérêts + assurance
Capital restant dûBaisse chaque moisReste le même jusqu'au bout
Dernière échéanceComme les autresTout le capital d'un coup
Coût total des intérêtsPlus faiblePlus élevé
Garantie demandéeCaution ou hypothèqueSouvent une épargne bloquée en plus

Exemple : Hélène, 55 ans, emprunte 200 000 € sur 15 ans pour un appartement qu'elle va louer. Avec un taux de 3,5 %, elle paie environ 583 € d'intérêts par mois, plus l'assurance. Au bout de 15 ans, elle doit rembourser les 200 000 € en une fois. Avec un prêt amortissable au même taux, sa mensualité serait d'environ 1 430 €. Ces chiffres illustrent le calcul, ils ne sont pas une offre.

Combien coûte un prêt in fine ?

Il coûte plus cher en intérêts, car vous payez des intérêts sur tout le capital, pendant toute la durée.

Reprenons l'exemple d'Hélène. En prêt in fine, elle paie environ 105 000 € d'intérêts sur 15 ans (583 € × 180 mois). En prêt amortissable, elle en paierait environ 57 000 €. L'écart est important. Il ne se justifie que si l'argent qu'elle ne rembourse pas tout de suite rapporte de son côté, ou si la fiscalité de son investissement est favorable.

Le taux proposé est aussi souvent un peu plus élevé que pour un prêt classique. Pour comparer deux offres, regardez leur TAEG, le taux annuel effectif global : il additionne intérêts, assurance, garantie et frais. Il doit rester sous le taux d'usure, le plafond légal.

Le simulateur de prêt immobilier vous montre la mensualité et le coût d'un prêt amortissable, pour avoir un point de comparaison.

Quelles garanties la banque demande‑t‑elle ?

La banque veut être sûre que vous aurez le capital à la fin. Elle demande donc en général deux choses.

  1. Une garantie classique sur le prêt : une caution d'organisme ou une hypothèque. Leurs différences sont expliquées dans notre guide sur la garantie du prêt immobilier.
  2. Le nantissement d'une épargne : vous placez une somme, souvent sur une assurance vie ou un compte-titres, et vous la donnez en garantie à la banque. Vous ne pouvez plus la retirer librement tant que le prêt court.

Le montant de cette épargne varie selon la banque et le placement choisi. Certaines demandent une somme placée dès le départ, d'autres des versements réguliers.

Pour qui un prêt in fine peut‑il convenir ?

Il s'adresse surtout aux emprunteurs qui ont déjà un patrimoine et une épargne. Ce n'est pas un moyen d'emprunter plus quand on a peu d'argent.

On le rencontre surtout dans trois situations :

  • un investissement locatif, quand le loyer couvre les intérêts ;
  • un emprunteur qui a une épargne importante et préfère la garder placée ;
  • un projet où le capital sera remboursé par la vente prévue d'un autre bien.

La banque vérifie aussi votre taux d'effort, c'est-à-dire la part de vos revenus consacrée aux crédits. La règle du Haut Conseil de stabilité financière limite cette part à 35 %, assurance comprise, avec une durée de 25 ans au plus. Vous pouvez estimer la vôtre avec le calcul du taux d'endettement.

Les cas particuliers

  • Fin de prêt et retraite. Si le prêt finit après votre départ en retraite, la banque regardera vos revenus futurs. Préparez une estimation de votre pension.
  • Vente du bien avant la fin. Le capital entier est dû à la vente, et une hypothèque doit être levée. Le prix de vente doit couvrir le prêt.
  • Placement en baisse. Si l'épargne nantie est investie en unités de compte ou en actions, elle peut perdre de la valeur. Vous restez tenu de rembourser tout le capital.
  • Fiscalité. Pour un bien loué, les intérêts peuvent être déductibles selon votre régime d'imposition. Faites étudier votre cas par un conseiller fiscal ou un notaire avant de choisir.
  • Renégociation. Un prêt in fine peut aussi se renégocier ; voyez quand renégocier son prêt immobilier.

I Love Immo n'est ni une banque ni un courtier : nous ne proposons pas de crédit.

À lire aussi : hypothèque d'une maison : comment ça fonctionne, prêt lissé, différé, à paliers : les montages.

Ce qu'il faut retenir

  • Dans un prêt in fine, vous payez seulement les intérêts et l'assurance chaque mois.
  • Tout le capital est remboursé à la dernière échéance.
  • Le coût total des intérêts est plus élevé qu'avec un prêt amortissable.
  • La banque demande souvent une épargne bloquée en garantie, en plus d'une caution ou d'une hypothèque.
  • Ce prêt convient surtout aux emprunteurs qui ont déjà une épargne solide.

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Questions fréquentes

Peut‑on rembourser un prêt in fine avant son terme ?

Oui, en général, comme tout prêt immobilier. Le contrat prévoit les conditions et les éventuelles indemnités de remboursement anticipé. Lisez cette clause avant de signer, surtout si vous comptez vendre le bien avant la fin.

Que se passe‑t‑il si l'épargne nantie a perdu de la valeur à la fin du prêt ?

Vous devez tout de même rembourser la totalité du capital. Si le placement ne suffit pas, il faut compléter avec d'autres économies, la vente d'un bien ou un nouveau financement. C'est le principal risque de ce prêt.

Un prêt in fine est‑il possible pour une résidence principale ?

Rien ne l'interdit, mais les banques le proposent surtout pour un investissement locatif ou à des emprunteurs qui ont déjà une épargne importante. Pour une résidence principale, un prêt amortissable classique reste la formule la plus courante.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plus

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