Qui peut contester une décision ?
Il faut remplir deux conditions le jour de l'assemblée.
D'abord, avoir un droit sur un lot : être propriétaire, usufruitier ou nu-propriétaire, par exemple. Un lot, c'est votre appartement, votre cave ou votre parking tel que décrit dans le règlement de copropriété.
Ensuite, être opposant ou défaillant :
| Votre situation lors du vote | Pouvez‑vous contester ? |
|---|---|
| Vous avez voté contre une décision adoptée | Oui |
| Vous avez voté pour une décision qui a été rejetée | Oui |
| Vous étiez absent et non représenté | Oui |
| Vous avez voté pour la décision adoptée | Non |
| Vous vous êtes abstenu | Non, en principe |
| Vous étiez représenté par un mandataire qui a voté pour | Non |
La qualité d'opposant s'apprécie résolution par résolution. Si vous avez voté contre une seule résolution, vous ne pouvez contester que celle-là. Si vous vous êtes opposé à toutes, ou si vous étiez absent, vous pouvez demander l'annulation de toute l'assemblée.
Exemple. Mme Lefèvre vote contre le ravalement mais pour le budget. Elle peut contester le vote du ravalement. Elle ne peut pas contester le budget.
Quel est le délai, et quand commence‑t‑il ?
Le délai est de 2 mois. Il part du jour où le procès-verbal vous est notifié, pas du jour de l'assemblée (loi du 10 juillet 1965, article 42).
- Le jour de l'assemblée, rien ne court encore.
- Le syndic doit vous notifier le procès-verbal dans le mois qui suit l'assemblée.
- Le délai de 2 mois commence à la date de cette notification : réception de la lettre recommandée, ou envoi électronique si vous l'avez accepté.
- À la fin des 2 mois, votre avocat doit avoir fait délivrer l'assignation, c'est-à-dire l'acte qui saisit le tribunal.
Si le syndic n'a jamais envoyé le procès-verbal, Service-Public.fr indique que le délai est de 5 ans. Le contenu et l'envoi du procès-verbal sont détaillés dans le procès-verbal d'AG.
Exemple. L'assemblée a lieu le 12 mars. M. Benali reçoit le procès-verbal par lettre recommandée le 3 avril. Il a jusqu'au 3 juin pour assigner le syndicat des copropriétaires.
Pour quels motifs peut‑on contester ?
Il faut montrer qu'une règle de la loi n'a pas été respectée. Vous n'avez pas à prouver un préjudice personnel. Le simple désaccord sur le fond ne suffit pas : l'assemblée est libre de ses choix dans le respect des règles.
Les motifs les plus fréquents sont les suivants :
- une convocation irrégulière : délai trop court, document manquant, convocation envoyée par une personne qui n'en avait pas le droit (voir les délais de convocation) ;
- une composition irrégulière : vote de personnes sans droit, absence de président de séance ;
- une mauvaise majorité : décision adoptée à la majorité simple alors qu'il fallait une majorité plus forte (voir les majorités de vote) ;
- une question hors ordre du jour : l'assemblée ne peut voter que sur ce qui figurait dans la convocation.
Que se passe‑t‑il si la décision est annulée ?
Elle est réputée n'avoir jamais existé. L'annulation vaut pour tous les copropriétaires, y compris ceux qui n'ont rien demandé.
Deux limites existent. Chacun reste tenu de payer ses charges. Et si c'est l'élection du syndic qui est annulée, les contrats qu'il a signés avec des tiers de bonne foi restent valables.
Les cas particuliers
- Vote par correspondance. Si vous avez voté contre par formulaire, vous êtes opposant. Les règles de ce vote sont dans le pouvoir et le vote par correspondance.
- Répartition des charges. Si le juge annule une décision qui modifiait la répartition des charges, il fixe lui-même la nouvelle répartition.
- Règlement intérieur. Il se conteste aussi dans les 2 mois après la notification du procès-verbal qui l'a adopté.
- Refus de vos travaux. Si l'assemblée refuse vos travaux privatifs, voir l'accord de la copropriété pour vos travaux.
Un recours en justice coûte du temps et de l'argent. Faites évaluer vos chances par un avocat avant d'assigner. I Love Immo n'est pas avocat et ne conduit pas de procédure.
À lire aussi : les recours contre le syndic.
Ce qu'il faut retenir
- Seuls les opposants et les défaillants peuvent contester une décision.
- Le délai est de 2 mois à partir de la notification du procès-verbal, pas de l'assemblée.
- Il faut un motif lié au non-respect de la loi, pas un simple désaccord.
- L'avocat est obligatoire, devant le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble.
- Sans contestation à temps, même une décision irrégulière devient définitive.
Passer à l'action
Trouver un professionnel vérifié
Notaires, géomètres-experts, agents immobiliers : l'annuaire des professionnels dont l'inscription ou la carte professionnelle a été vérifiée.
Questions fréquentes
Je me suis abstenu : puis‑je contester la décision ?
Non, en principe. Seuls peuvent agir les copropriétaires opposants, c'est-à-dire ceux qui ont voté contre une décision adoptée ou pour une décision rejetée, et les défaillants, absents et non représentés. L'abstention ne fait pas de vous un opposant.
Faut‑il prouver un préjudice pour obtenir l'annulation ?
Non. Il suffit de montrer qu'une règle prévue par la loi n'a pas été respectée : convocation, majorité, ordre du jour. Le juge n'exige pas que vous ayez subi un dommage personnel lorsque la décision a été prise en méconnaissance de la loi.
Si je conteste, puis‑je arrêter de payer mes charges ?
Non. Même si la décision est annulée, chacun reste tenu de payer ses charges. Continuez à régler les appels de fonds pendant la procédure, sinon le syndic pourra vous poursuivre pour impayés.
Le syndic n'a jamais envoyé le procès-verbal : suis‑je hors délai ?
Non. Le délai de 2 mois ne commence qu'à la notification. Sans notification, Service-Public.fr indique que le délai pour agir est de 5 ans. Demandez quand même le procès-verbal par écrit sans attendre : la notification fera alors courir les 2 mois.
Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plusVoir moins
Rédaction
L'équipe éditoriale I Love Immo
Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.
Relecture
À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.
Sources vérifiées le 18 octobre 2026.
Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale
Sources officielles (3)vérifiées le 18 octobre 2026
Sur le même sujet
- ARC copropriété : à quoi sert une association ?L'ARC et les autres associations de copropriétaires conseillent leurs adhérents face au syndic. Ce qu'elles font, leurs limites et l'aide gratuite de l'ADIL.
- Assurance du syndic bénévole : est‑elle obligatoire ?Le syndic bénévole répond de ses fautes, comme un professionnel. Son assurance n'est pas obligatoire mais recommandée : ce qu'elle couvre et qui paie la prime.
- Bruit en copropriété : règles de vie et rôle du syndicEn copropriété, le bruit est encadré par le règlement de copropriété, parfois par un règlement intérieur. Ce qu'ils peuvent imposer, le rôle du syndic, les étapes.
- Comptabilité de copropriété : comprendre les comptesCompte bancaire séparé, comptes annuels, votre compte individuel, approbation et quitus : la comptabilité de la copropriété expliquée simplement, avec un exemple.
- Copropriété ou indivision : quelle différence ?Copropriété et indivision ne se confondent pas : qui possède quoi, comment on décide, vend ou sort. Et le cas d'un lot de copropriété détenu en indivision.
- Créer une copropriété : diviser un immeuble, étapesPour créer une copropriété, il faut un état descriptif de division, un règlement signé chez le notaire, parfois une autorisation d'urbanisme. Étapes et coûts.
- Litige avec le syndic : les recours des copropriétairesSyndic qui ne répond pas, travaux non votés, documents refusés : les étapes pour défendre vos droits, de la lettre recommandée au tribunal, et qui peut agir.
- Loi Alur en copropriété : ce qu'elle imposeFonds de travaux, registre, fiche synthétique, compte séparé, assurance : ce que la loi Alur de 2014 impose en copropriété, et les lois qui l'ont modifiée.
À lire aussi
- Procès-verbal d'AG de copropriété : contenu et délaisLe procès-verbal d'AG de copropriété relate chaque vote. Ce qu'il doit contenir, qui le signe, quand le syndic l'envoie, et le délai de deux mois pour contester.
- Assemblée générale de copropriété : déroulementL'assemblée générale de copropriété se réunit au moins une fois par an. Qui y assiste, comment se passe la séance, ce qu'on y vote et le cas de l'AG extraordinaire.
- Convocation AG copropriété : délai de 21 jours et contenuLa convocation à l'AG de copropriété part au moins 21 jours avant, en principe par voie électronique. Qui convoque, ce qu'elle contient, et comment ajouter un point.
- Unanimité et majorités en copropriété : articles 24 à 26En copropriété, chaque décision a sa majorité : simple, absolue, double ou unanimité. Comment compter les voix, les seconds votes et les changements de 2024 et 2025.
- Copropriété : donner pouvoir pour l'AG ou voter à distanceVous ne pouvez pas aller à l'AG de copropriété ? Pouvoir à un proche, vote par correspondance ou visioconférence : les règles, les délais et les pièges à éviter.
- Copropriété : les guides du copropriétaireSyndic, assemblée générale, charges, travaux et vente d'un lot.
Comment se déroule le recours ?
L'avocat est obligatoire. Il rédige l'assignation contre le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic. Le tribunal compétent est le tribunal judiciaire du lieu où se trouve l'immeuble.
Pendant les 2 mois, le syndic ne peut pas, sauf urgence, lancer les travaux votés aux majorités les plus fortes. Cela laisse le temps aux opposants d'agir. Une fois l'assignation délivrée, en revanche, la décision reste applicable tant que le juge ne l'a pas annulée.
Avant d'assigner, parlez-en au conseil syndical. Une nouvelle assemblée peut parfois revoter correctement la décision. Cela règle le problème plus vite qu'un procès.