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Gestion locative · 5 min de lecture

Loi du 27 juillet 2023 sur les squats et les impayés : ce qui a changé pour les propriétaires, et ses suites en 2025 et 2026

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

La loi du 27 juillet 2023, souvent appelée loi « anti-squat », est entrée en vigueur le 29 juillet 2023. Elle punit plus sévèrement le squat et rend la clause résolutoire obligatoire dans tout bail d'habitation. Elle raccourcit plusieurs délais : le commandement de payer laisse six semaines au lieu de deux mois, et les délais de grâce vont de un mois à un an. Des décrets de 2025 et 2026, puis une loi du 18 août 2026, ont complété le dispositif.

Ce qui a changé pour les loyers impayés

La loi accélère la procédure quand le locataire ne paie plus, tout en gardant une chance de régler la dette.

PointAvant le 29 juillet 2023Depuis le 29 juillet 2023
Clause résolutoire dans le bailFacultativeObligatoire dans tout bail d'habitation
Délai laissé par le commandement de payer2 mois6 semaines
Délai entre la notification de l'assignation au préfet et l'audience2 mois6 semaines
Signalement du commandement à la commission de prévention des expulsionsSeuils fixés par chaque préfetSeuils nationaux : 2 mois d'impayés ou dette de 2 mois de loyer hors charges
Délais de paiement accordés par le juge (jusqu'à 3 ans)Sans condition de reprise du loyer courantSeulement s'il a repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience
Suspension de la clause résolutoireAutomatique avec les délaisSur demande du bailleur ou du locataire, avec la même condition

Exemple. Un commandement de payer est délivré le 3 février 2026. Le locataire a jusqu'au 17 mars pour payer, soit six semaines. Avant la loi, il aurait eu jusqu'au 3 avril. Le reste de la procédure est décrit dans le commandement de payer et la clause résolutoire.

Ce qui a changé après le jugement d'expulsion

PointAvantDepuis le 29 juillet 2023
Délai de deux mois après le commandement de quitter les lieuxÉcarté en cas d'entrée par voie de faitÉcarté aussi en cas de mauvaise foi constatée par le juge
Délais de grâce du juge de l'exécutionDe 3 mois à 3 ansDe 1 mois à 1 an, refusés au locataire de mauvaise foi
Locataire qui se maintient après une expulsion définitivePas d'infraction propreAmende de 7 500 €, plus de deux mois après le commandement, hors trêve et hors délais en cours
Indemnisation si le préfet refuse la policePrincipe posé par la loi, sans décret dédiéModalités précisées par un décret du 3 novembre 2025

Ces règles s'ajoutent à la trêve hivernale, qui reste en place du 1er novembre au 31 mars. Voir la trêve hivernale et la procédure d'expulsion.

Ce qui a changé pour les squats

Le squat est l'occupation d'un lieu par une personne entrée sans droit, par effraction, tromperie, menace ou violence. La loi distingue désormais deux infractions.

  • La violation de domicile vise le squat d'un domicile. Les peines passent d'un an de prison et 15 000 € d'amende à trois ans et 45 000 €. Un logement meublé où vous avez vos affaires reste votre domicile, même si vous n'y vivez pas.
  • L'occupation frauduleuse est un nouveau délit. Elle vise un local d'habitation qui n'est pas un domicile, par exemple un logement vide entre deux locations, ou un local commercial. Elle est punie de deux ans et 30 000 €.

La procédure d'évacuation par le préfet, sans passer par le juge, est élargie. Le propriétaire peut la demander lui-même, et plus seulement l'occupant du domicile. Si vous ne pouvez plus prouver votre propriété, le préfet interroge les impôts dans les 72 heures. Les squatteurs d'un domicile ne bénéficient pas de la trêve hivernale, et aucun squatteur ne peut obtenir de délais de grâce. La démarche pas à pas est expliquée dans l'expulsion des squatteurs.

La loi punit aussi de 3 750 € d'amende la publicité en faveur des méthodes de squat.

Ce que le Conseil constitutionnel a censuré

Le Conseil constitutionnel a validé l'essentiel de la loi le 26 juillet 2023. Il a censuré une mesure : celle qui dispensait le propriétaire d'un logement squatté de son obligation d'entretien. Vous restez donc responsable des dommages dus à un défaut d'entretien, même pendant un squat.

Ce qui a suivi en 2025 et 2026

Plusieurs textes ont mis en œuvre la loi ou l'ont complétée. Voici ceux qui touchent un propriétaire.

DateTexteCe qui change
3 novembre 2025Décret n° 2025-1052Règles d'indemnisation par l'État quand le préfet refuse la police pour une expulsion
12 février 2026Décrets n° 2026-83 et n° 2026-84Rôle renforcé des commissions de prévention des expulsions ; nouveau traitement des impayés des allocataires d'aides au logement au 1er janvier 2027
4 août 2026Décret n° 2026-739Contenu du diagnostic social et financier du locataire, lancé dès le signalement du commandement de payer
18 août 2026 (en vigueur le 20 août)Loi n° 2026-798Évacuation par le préfet étendue aux locaux commerciaux, agricoles ou professionnels, et au voyageur qui reste dans un meublé de tourisme
1er octobre 2026Décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026Les modèles officiels de bail contiennent la clause résolutoire ; ils s'appliquent aux baux signés ou renouvelés depuis cette date

Le nouveau modèle de bail est présenté dans le bail de location vide.

Les cas particuliers

  • Un bail ancien sans clause résolutoire. La loi ne l'ajoute pas d'elle-même. Vous pouvez toujours demander au juge de résilier le bail ; il appréciera la gravité des impayés.
  • Un logement social. L'amende de 7 500 € pour maintien dans les lieux ne s'applique pas aux logements des bailleurs sociaux et des personnes publiques.
  • Un locataire en surendettement. La loi a précisé comment le juge articule les délais avec la procédure de surendettement. Un avocat vous dira ce qui s'applique à votre dossier.
  • Un ancien locataire resté après la fin du bail. Il n'est pas un squatteur. Son départ passe par le juge, avec la trêve et les délais habituels.

Ces règles évoluent encore. Pour votre situation, consultez un avocat ou l'ADIL de votre département. I Love Immo n'est ni avocat ni commissaire de justice.

À lire aussi : l'occupant sans droit ni titre.

Ce qu'il faut retenir

  • La loi du 27 juillet 2023 s'applique depuis le 29 juillet 2023.
  • Le commandement de payer laisse six semaines au locataire, au lieu de deux mois.
  • Les délais de grâce vont de un mois à un an, et sont refusés au locataire de mauvaise foi.
  • Le squat d'un domicile est puni de trois ans de prison et 45 000 € d'amende.
  • Depuis le 1er octobre 2026, les modèles de bail contiennent la clause résolutoire obligatoire.

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Questions fréquentes

La loi de 2023 s'applique‑t‑elle aux baux signés avant juillet 2023 ?

Les nouveaux délais de procédure s'appliquent depuis le 29 juillet 2023, quel que soit l'âge du bail : six semaines après un commandement de payer, délais de grâce de un mois à un an. Un ancien bail sans clause résolutoire ne l'acquiert pas tout seul ; le juge peut alors prononcer la résiliation.

Le propriétaire d'un logement squatté doit‑il encore l'entretenir ?

Oui. La loi voulait l'en dispenser, mais le Conseil constitutionnel a censuré cette mesure le 26 juillet 2023. Le propriétaire reste responsable d'un défaut d'entretien, y compris pendant une occupation illicite.

Quelles sont les dernières nouveautés en 2026 ?

Les modèles de bail intègrent la clause résolutoire obligatoire depuis le 1er octobre 2026. Depuis le 20 août 2026, l'évacuation rapide par le préfet vise aussi les locaux commerciaux ou professionnels et le voyageur qui reste dans un meublé de tourisme. Le 1er janvier 2027, le traitement des impayés des allocataires d'aides au logement change.

Un locataire peut‑il aller en prison s'il ne quitte pas le logement ?

Non. Le locataire qui reste plus de deux mois après un commandement de quitter les lieux, sans délai ni trêve en cours, risque une amende de 7 500 €, pas la prison. Les peines de prison visent les squatteurs entrés par effraction, menace ou contrainte.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plus

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Sources vérifiées le 17 octobre 2026.

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Sources officielles (7)vérifiées le 17 octobre 2026

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