Aller au contenu
I Love Immo

Gestion locative · 6 min de lecture

Expulsion d'un locataire : les étapes, les délais légaux et ce que le propriétaire ne doit jamais faire

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Un propriétaire ne peut expulser son locataire qu'avec une décision de justice, puis par l'intermédiaire d'un commissaire de justice, l'ancien huissier. Après le jugement, le locataire reçoit un commandement de quitter les lieux et dispose en principe de deux mois pour partir. L'expulsion est impossible pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, sauf exceptions. Si l'occupant refuse de partir, seul le préfet peut accorder l'aide de la police.

Dans quels cas peut‑on expulser un locataire ?

L'expulsion est la fin d'une procédure. Il faut d'abord que le bail prenne fin, puis qu'un juge ordonne le départ. Trois situations reviennent le plus souvent.

SituationCe qui met fin au bailCe que décide le juge
Loyers ou charges impayésLa clause résolutoire du bail, six semaines après un commandement de payer resté sans effetIl constate la résiliation, sauf s'il accorde des délais au locataire qui a repris le paiement du loyer
Congé pour vendre, pour habiter le logement ou pour motif sérieuxLa fin du bail après un congé valableIl vérifie le congé et ordonne le départ de l'occupant resté sur place
Défaut d'assurance, troubles de voisinage, faute graveLa clause résolutoire ou une demande de résiliationIl apprécie si la faute justifie la fin du bail

Un bail ancien peut ne pas contenir de clause résolutoire. Le juge vérifie alors si la faute du locataire est assez grave pour résilier le bail. Depuis le 29 juillet 2023, tout bail d'habitation doit contenir cette clause. Son fonctionnement est détaillé dans le commandement de payer et la clause résolutoire.

Quelles sont les étapes de la procédure pour impayés ?

Voici les étapes dans l'ordre, avec les délais minimaux fixés par la loi. Chaque acte est délivré par un commissaire de justice.

ÉtapeQui agitDélai minimal
1. Commandement de payer visant la clause résolutoireCommissaire de justice, à votre demandeLe locataire a 6 semaines pour payer
2. Assignation devant le juge des contentieux de la protectionCommissaire de justice, qui la notifie aussi au préfetL'audience a lieu 6 semaines au moins après cette notification
3. Jugement : résiliation du bail et expulsionLe jugeSelon le calendrier du tribunal
4. Signification du jugement et commandement de quitter les lieuxCommissaire de justice, qui informe le préfetLe locataire a en principe 2 mois pour partir
5. Délais de grâce éventuelsLe juge de l'exécution, saisi par le locataireDe 1 mois à 1 an
6. ExpulsionCommissaire de justice, avec la police si le préfet l'accordeJamais du 1er novembre au 31 mars, sauf exceptions

Exemple. Mme Lambert loue un trois-pièces 820 € par mois, charges comprises. Son locataire ne paie plus depuis trois mois. Le commandement de payer est délivré le 2 février. Faute de paiement, l'assignation part fin mars. L'audience est fixée en mai. Le jugement est signifié en juin, avec le commandement de quitter les lieux. Le locataire doit partir en août. Sans délai de grâce ni refus de la police, l'expulsion peut avoir lieu à la fin de l'été. Une seule étape retardée, et elle glisse au printemps suivant.

Avant l'audience, un organisme social réalise un diagnostic social et financier du locataire. Vous recevez une demande d'informations : répondez-y, car le juge s'en sert pour décider.

Que peut décider le juge ?

Le juge ne prononce pas toujours l'expulsion. Si le locataire a repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience et peut rembourser sa dette, il peut lui accorder jusqu'à trois ans pour payer. Il peut alors suspendre la clause résolutoire.

Si le locataire respecte cet échéancier, le bail continue comme si la clause n'avait jamais joué. Au premier retard, la suspension prend fin et l'expulsion peut être poursuivie. À l'inverse, si le locataire n'a pas repris le paiement, le juge constate la résiliation et ordonne l'expulsion.

Dès que le bail est résilié, l'occupant ne vous doit plus un loyer mais une indemnité d'occupation, dont le juge fixe le montant. Demandez-la dans votre assignation, avec le paiement de la dette.

Combien de temps a le locataire pour partir après le jugement ?

En principe, deux mois après le commandement de quitter les lieux. Le juge peut réduire ou supprimer ce délai s'il constate la mauvaise foi du locataire. Il peut aussi le prolonger de trois mois au plus si l'expulsion aurait des conséquences d'une dureté exceptionnelle.

Le locataire peut ensuite demander au juge de l'exécution des délais supplémentaires, dits « délais de grâce ». Depuis la loi du 27 juillet 2023, ils vont de un mois à un an, contre trois mois à trois ans auparavant. Le juge tient compte de l'âge, de la santé, de la bonne volonté de l'occupant et de votre propre situation.

Un locataire qui reste plus de deux mois après le commandement, sans délai ni trêve en cours, commet un délit puni de 7 500 € d'amende. Ce délit ne vise pas les logements d'un bailleur social ou d'une personne publique.

Comment se passe l'expulsion elle-même ?

Le commissaire de justice se présente un jour ouvrable, entre 6 heures et 21 heures. Trois cas se présentent.

  1. Le locataire part. Le commissaire de justice dresse un procès-verbal d'expulsion. Les meubles restants vont en garde-meuble, aux frais de la personne expulsée.
  2. Le locataire refuse ou est absent. Le commissaire de justice dresse un procès-verbal de tentative, puis demande au préfet le concours de la police ou de la gendarmerie.
  3. Le préfet refuse ou ne répond pas en deux mois. Vous pouvez demander à l'État une indemnisation : loyers perdus, frais de remise en état, frais de procédure. La demande se fait par lettre recommandée au préfet.

Ne faites jamais l'expulsion vous-même. Changer la serrure, couper l'eau ou sortir les affaires du locataire est un délit puni de trois ans de prison et de 30 000 € d'amende. Le coût des actes est détaillé dans le rôle et le coût du commissaire de justice.

Les cas particuliers

  • Trêve hivernale. Du 1er novembre au 31 mars, l'expulsion est reportée, sauf relogement assuré. Voir la trêve hivernale.
  • Logement social. La procédure judiciaire est la même. Seule l'amende de 7 500 € pour maintien dans les lieux ne s'applique pas.
  • Locataire en surendettement. Une décision de la commission de surendettement peut imposer au juge des délais propres. Un avocat vous dira ce qui change pour votre dossier.
  • Locataire âgé. Le congé donné à un locataire de plus de 65 ans aux ressources modestes doit s'accompagner d'une offre de relogement, sauf exceptions. Voir les obligations du propriétaire bailleur.
  • Squat. Une personne entrée par effraction n'est pas un locataire. La procédure, plus rapide, est décrite dans l'expulsion des squatteurs.

Faites‑vous conseiller dès le début : un avocat peut vous assister à l'audience, et le numéro gratuit SOS loyers impayés (0 805 160 075) informe les propriétaires. I Love Immo n'est ni avocat ni commissaire de justice.

À lire aussi : l'occupant sans droit ni titre.

Ce qu'il faut retenir

  • Aucune expulsion sans jugement, ni sans commissaire de justice.
  • Les délais minimaux : 6 semaines après le commandement de payer, 6 semaines avant l'audience, 2 mois après le commandement de quitter les lieux.
  • Le juge peut accorder jusqu'à 3 ans au locataire qui a repris le paiement du loyer courant.
  • Les délais de grâce vont désormais de 1 mois à 1 an.
  • Expulser soi-même est un délit : 3 ans de prison et 30 000 € d'amende.

Passer à l'action

Rangez les documents de votre bien

Un coffre-fort pour les diagnostics, actes et factures du bien, avec un rappel avant qu'un document ne doive être refait.

Ajouter mon bien

Questions fréquentes

Peut‑on expulser un locataire qui paie son loyer ?

Oui, mais seulement avec un jugement et pour un motif prévu par la loi : congé régulier pour vendre ou habiter le logement, défaut d'assurance, troubles de voisinage constatés par un juge ou manquement grave au bail. Le juge décide. Un locataire qui paie ne peut jamais être mis dehors sans décision de justice.

Le propriétaire doit‑il reloger le locataire expulsé ?

Non, un bailleur privé n'a pas à le reloger. Le relogement relève des pouvoirs publics. Le locataire peut saisir la commission de médiation du droit au logement opposable, dont l'adresse figure sur la décision d'expulsion. Un congé donné à un locataire âgé et modeste obéit en revanche à des règles propres.

Combien de temps dure une expulsion pour impayés ?

Aucune durée n'est fixée. En additionnant les délais minimaux de la loi, il faut compter plusieurs mois entre le commandement de payer et l'expulsion. Les délais accordés par le juge, la trêve hivernale ou un refus de la police peuvent allonger fortement la procédure.

Que deviennent les meubles laissés par le locataire expulsé ?

Le commissaire de justice les fait déposer dans un garde-meuble, aux frais de la personne expulsée. Si elle ne les reprend pas dans les deux mois, ceux qui ont une valeur marchande sont vendus aux enchères. N'y touchez pas vous-même : c'est le rôle du commissaire de justice.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 17 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (6)vérifiées le 17 octobre 2026

Sur le même sujet

À lire aussi

Commençons par votre adresse.

Nous en déduisons les documents qui comptent pour votre bien.

Lettre gratuite

Les règles changent, la lettre vous prévient

Une fois par semaine : les nouvelles règles et leurs dates, quelques chiffres du marché avec leur source, et les échéances à prévoir avant de vendre ou de louer.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la lettre I Love Immo chaque semaine par e-mail. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, en un clic, depuis chaque lettre. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi : elle n'est ni vendue ni transmise. Confidentialité