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Gestion locative · 5 min de lecture

Trêve hivernale : du 1er novembre au 31 mars, ce que le propriétaire peut faire et ce qui doit attendre

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

La trêve hivernale va du 1er novembre au 31 mars inclus, chaque année. Pendant cette période, aucune expulsion d'un logement ne peut être exécutée, même ordonnée par le juge, sauf relogement adapté de l'occupant. La procédure, elle, continue : commandement, audience et jugement restent possibles. Depuis le 29 juillet 2023, la trêve ne protège plus les squatteurs entrés dans le domicile d'autrui.

Quelles sont les dates de la trêve hivernale ?

Les dates sont fixées par la loi et ne changent pas d'une année à l'autre. La trêve commence le 1er novembre et se termine le 31 mars de l'année suivante, dernier jour compris. Aucun arrêté du préfet n'est nécessaire.

TrêveDébutFinExpulsion de nouveau possible
2026-2027Dimanche 1er novembre 2026Mercredi 31 mars 2027Jeudi 1er avril 2027
2027-2028Lundi 1er novembre 2027Vendredi 31 mars 2028Samedi 1er avril 2028

Dans les départements d'outre-mer, une trêve cyclonique peut s'ajouter. Ses dates varient selon le département : la préfecture vous les indique.

Qu'est‑ce que la trêve hivernale interdit ?

Elle interdit une seule chose : faire sortir l'occupant de force. La loi parle de « sursis » à toute mesure d'expulsion non exécutée au 1er novembre. Le sursis vaut même si le jugement est définitif et si tous les délais accordés par le juge ont expiré.

Concrètement, le commissaire de justice (l'ancien huissier) ne peut pas procéder à l'expulsion. Le préfet ne prête pas le concours de la police pour l'exécuter. Si le délai laissé au locataire pour partir finit pendant la trêve, l'expulsion est simplement reportée au 1er avril.

Exemple. M. Garnier obtient un jugement d'expulsion en septembre 2026. Le commandement de quitter les lieux est délivré le 15 septembre. Le locataire a deux mois pour partir, soit jusqu'au 15 novembre. Cette date tombe dans la trêve : l'expulsion ne pourra pas avoir lieu avant le jeudi 1er avril 2027.

Rien ne vous autorise, pendant ce temps, à agir vous-même. Changer la serrure, couper l'eau ou sortir les meubles reste interdit toute l'année. Forcer quelqu'un à quitter le lieu qu'il habite sans le concours de l'État est un délit puni de trois ans de prison et de 30 000 € d'amende.

Que pouvez‑vous continuer à faire pendant la trêve ?

Presque tout, sauf l'expulsion. La trêve est le bon moment pour faire avancer le dossier, afin d'être prêt au 1er avril.

DémarchePossible du 1er novembre au 31 mars ?
Relancer le locataire, lui proposer un échéancier écritOui
Mettre en jeu la caution, Visale ou votre assurance loyers impayésOui
Faire délivrer un commandement de payerOui
Assigner le locataire devant le juge, même en référé (procédure d'urgence)Oui
Obtenir le jugement de résiliation du bail et d'expulsionOui
Faire délivrer le commandement de quitter les lieuxOui
Faire exécuter l'expulsionNon, sauf relogement assuré ou exception

Les étapes et leurs délais sont détaillés dans la procédure d'expulsion d'un locataire. Pour un premier impayé, commencez par les premières démarches face à un loyer impayé.

Qui n'est pas protégé par la trêve hivernale ?

La trêve protège le locataire et, plus largement, toute personne entrée dans les lieux de façon régulière. Elle connaît pourtant plusieurs exceptions.

  • Un relogement assuré. Si l'occupant dispose d'un logement adapté à sa famille, l'expulsion peut avoir lieu en hiver. Le nombre de pièces doit correspondre au nombre d'occupants.
  • Les squatteurs du domicile d'autrui. Depuis la loi du 27 juillet 2023, la trêve ne s'applique pas à ceux qui sont entrés dans un domicile par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte.
  • Les squatteurs d'un autre local. Pour un logement vide, un bureau ou un hangar, le juge peut réduire ou supprimer la trêve.
  • Le conjoint violent. L'expulsion ordonnée par le juge aux affaires familiales pour des violences peut avoir lieu en hiver.
  • Certains logements d'étudiants. L'occupant d'un logement réservé aux étudiants qui ne remplit plus les conditions ne bénéficie pas de la trêve.

Les démarches propres aux squats, plus rapides, sont expliquées dans l'expulsion des squatteurs.

Que se passe‑t‑il si le préfet refuse la police ?

Le commissaire de justice peut demander l'aide de la police ou de la gendarmerie quand l'occupant refuse de partir. Le préfet peut refuser, mais il doit motiver sa décision. Son silence pendant deux mois vaut refus.

Un refus ouvre droit à une indemnisation par l'État : loyers perdus, frais de remise en état, frais de commissaire de justice, par exemple. Mais l'hiver n'est pas indemnisé. Si le refus intervient pendant la trêve, vous ne pouvez demander réparation que pour la période qui suit le 31 mars. La demande se fait par lettre recommandée au préfet, avec vos justificatifs.

Comment préparer la sortie de la trêve ?

  1. Vérifiez où en est la procédure dès l'automne : jugement signifié, commandement de quitter les lieux délivré, délai de deux mois écoulé.
  2. Demandez au commissaire de justice de préparer la demande de concours de la force publique, pour qu'elle soit traitée au plus tôt.
  3. Continuez de facturer l'indemnité d'occupation fixée par le juge et gardez une trace de chaque somme reçue.
  4. Rassemblez vos pièces : bail, décompte de la dette, jugement, actes du commissaire de justice. Ils serviront aussi en cas de demande d'indemnisation.
  5. Restez joignable par les services sociaux. Un relogement trouvé pendant l'hiver peut régler la situation sans expulsion.

Les cas particuliers

  • Location meublée ou vide. La trêve s'applique de la même façon aux deux, dès que le logement est habité.
  • Ancien locataire resté après un congé. Il n'est pas un squatteur : il est entré avec votre accord. Il est protégé par la trêve comme un locataire.
  • Meublé de tourisme. Un voyageur qui reste après la fin de sa location peut, depuis le 20 août 2026, faire l'objet de la procédure d'évacuation rapide des squats. La trêve ne s'applique pas à cette évacuation, selon Service-Public.
  • Locataire en surendettement. Des règles propres s'appliquent à la procédure. Un avocat peut vous dire ce qui change pour votre dossier.

Pour un conseil gratuit, le numéro SOS loyers impayés (0 805 160 075) répond aux propriétaires comme aux locataires. L'ADIL de votre département vous renseigne aussi gratuitement. I Love Immo n'est ni avocat ni commissaire de justice.

À lire aussi : l'occupant sans droit ni titre.

Ce qu'il faut retenir

  • La trêve hivernale va du 1er novembre au 31 mars inclus, sans arrêté à attendre.
  • Elle reporte l'expulsion, mais ne bloque ni le commandement, ni l'audience, ni le jugement.
  • Le loyer, puis l'indemnité d'occupation, restent dus pendant tout l'hiver.
  • Les squatteurs d'un domicile et l'occupant relogé ne sont pas protégés.
  • Un refus de la police pendant la trêve n'est indemnisé que pour la période après le 31 mars.

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Questions fréquentes

Peut‑on délivrer un commandement de payer pendant la trêve hivernale ?

Oui. La trêve ne suspend que l'expulsion elle-même. Vous pouvez faire délivrer un commandement de payer, assigner le locataire et obtenir un jugement entre le 1er novembre et le 31 mars. Seule la sortie forcée du logement attend le 1er avril.

Le locataire doit‑il payer son loyer pendant la trêve hivernale ?

Oui. La trêve ne crée aucun droit à ne pas payer. Le loyer reste dû tant que le bail court. Après la résiliation du bail, l'occupant vous doit une indemnité d'occupation fixée par le juge, mois après mois, trêve comprise.

À partir de quand l'expulsion redevient‑elle possible en 2027 ?

À partir du jeudi 1er avril 2027. La trêve 2026-2027 commence le dimanche 1er novembre 2026 et s'achève le mercredi 31 mars 2027 inclus. Le commissaire de justice peut alors reprendre l'exécution, un jour ouvrable, entre 6 heures et 21 heures.

Un ancien locataire qui reste après la fin du bail est‑il protégé par la trêve ?

Oui. Il est occupant sans droit ni titre, mais il n'est pas un squatteur : il est entré dans les lieux avec votre accord. Son expulsion suit la procédure judiciaire ordinaire et ne peut pas être exécutée pendant la trêve, sauf relogement assuré.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plus

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