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Louer · 6 min de lecture

Bail civil (bail du Code civil) : pour quelles locations, avec quelles règles et quelles limites

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Le « bail civil » est une location soumise aux seules règles du Code civil, sans la loi de 1989 sur les baux d'habitation. Il sert aux locations que cette loi ne couvre pas : une résidence secondaire, un garage loué seul, un terrain, un local de stockage. Il est en revanche impossible pour un logement qui est la résidence principale du locataire : la loi de 1989 s'impose alors, quel que soit le titre du contrat. Le Code civil laisse beaucoup de liberté, d'où l'importance d'un contrat bien écrit.

Qu'est‑ce qu'un bail civil ?

Le Code civil définit la location, qu'il appelle « louage de choses ». C'est un contrat par lequel le propriétaire donne la jouissance d'un bien pendant un certain temps, contre un prix. Ces règles datent pour la plupart de 1804. Elles s'appliquent à toutes les locations, sauf quand une loi particulière prévoit autre chose.

Pour les logements, les bureaux ou les commerces, des lois particulières s'y ajoutent. Elles protègent davantage le locataire. On parle de bail civil, ou de bail de droit commun, quand aucune de ces lois particulières ne s'applique.

Dans quels cas peut‑on signer un bail civil ?

La loi de 1989 vise les logements loués vides ou meublés qui sont la résidence principale du locataire, c'est-à-dire occupés au moins huit mois par an. Elle exclut aussi certains cas, comme les logements de fonction et les locations saisonnières. Le statut des baux commerciaux suppose, lui, un locataire immatriculé qui exploite un fonds dans le local.

LocationContrat qui s'applique
Logement, résidence principale du locataireBail d'habitation de la loi de 1989, obligatoire
Résidence secondaire du locataireBail civil possible
Garage, box ou place de parking loué seulBail civil
Place louée avec le logement, même propriétaireBail d'habitation, comme le logement
Terrain nu, jardin seul, local de stockageBail civil, sauf usage commercial particulier
Local d'un commerçant ou d'un artisan immatriculéBail commercial, sauf bail dérogatoire court
Cabinet d'une profession libéraleBail professionnel, de 6 ans au moins

Pour les garages, les règles pratiques sont détaillées dans louer un garage ou un parking. Pour les professions libérales, voyez le bail professionnel.

Quelles règles s'appliquent à un bail civil ?

Le Code civil fixe un socle d'obligations. Le contrat peut l'aménager sur la plupart des points.

Pour vous, bailleur. Vous remettez le bien en bon état et faites les réparations autres que locatives. Vous assurez au locataire une jouissance paisible, c'est-à-dire sans trouble de votre part.

Pour le locataire. Il utilise le bien raisonnablement, selon l'usage prévu, et paie le loyer aux dates convenues. Il répond des dégradations survenues pendant la location, sauf s'il prouve qu'il n'y est pour rien.

Pour la durée et la fin du bail. Un bail écrit à durée fixe prend fin seul à son terme. Si le locataire reste sans opposition de votre part, un nouveau bail se forme, mais sans écrit. Un bail sans écrit se termine par un congé, donné dans les délais d'usage du lieu.

Pour le reste. Sans clause contraire, le locataire peut sous-louer. Le décès d'une des parties ne met pas fin au bail. Sans état des lieux, le bien est présumé remis en bon état.

Ces règles par défaut conviennent rarement. Écrivez donc dans le contrat la durée, le préavis, la révision du loyer et le sort de la sous-location.

Ce que le contrat doit prévoir

Aucun modèle n'est imposé. Pour une résidence secondaire louée vide, un contrat solide comporte au moins :

  1. la description du logement et de ses annexes ;
  2. la mention que le logement n'est pas la résidence principale du locataire, avec l'adresse de son domicile principal ;
  3. la durée et les conditions de renouvellement ;
  4. le préavis de chacun et la forme du congé ;
  5. le loyer, sa révision et les charges remboursées ;
  6. le dépôt de garantie et son délai de restitution ;
  7. l'entretien et les réparations à la charge de chacun ;
  8. l'interdiction ou l'encadrement de la sous-location ;
  9. l'assurance du locataire.

Joignez-y un état des lieux d'entrée. Il vous protège à la sortie.

Exemple. Jean-Pierre loue sa maison de campagne à un couple qui vit et travaille à Lyon. Le couple y vient les week-ends et l'été. Un bail civil d'un an est possible : le contrat mentionne leur domicile lyonnais et fixe un préavis de deux mois. Trois ans plus tard, le couple vend son appartement de Lyon et s'installe dans la maison à l'année. Elle devient leur résidence principale : la loi de 1989 s'applique désormais.

Les risques d'un bail civil mal choisi

Le risque principal est la requalification. Le juge regarde la réalité, pas le titre du contrat. Si le logement est en fait la résidence principale du locataire, il appliquera la loi de 1989. Le bail durera alors 3 ans au moins pour un bailleur particulier, avec un congé très encadré.

Le même risque existe avec un commerçant ou un artisan. S'il exploite son activité dans le local et remplit les conditions du statut, le bail commercial s'applique. Le locataire gagne alors un bail de 9 ans et un droit au renouvellement. Voyez le bail commercial 3-6-9.

Les cas particuliers

  • Une association. Elle n'est en principe pas inscrite au registre du commerce. Le statut des baux commerciaux ne s'applique donc pas d'office à son local. Le bon contrat dépend de son activité : faites-le vérifier.
  • Un logement loué à une société. La loi de 1989 vise la résidence principale du locataire. Quand le locataire est une société qui loge un salarié, la question du contrat applicable est délicate. Faites rédiger le bail par un professionnel.
  • Un logement de fonction. La loi de 1989 l'exclut pour l'essentiel. Quelques règles restent : la décence du logement et le dossier de diagnostics, notamment.
  • Une location de vacances. Un meublé loué à des touristes pour de courts séjours est un meublé de tourisme. Depuis le 20 mai 2026, il se déclare avant la première location, partout en France, et reçoit un numéro d'enregistrement : voyez la déclaration d'un meublé de tourisme.
  • Un bail court pour un logement. Le bail civil ne sert pas à contourner la durée d'un bail d'habitation. Voyez le bail précaire et le bail dérogatoire.

I Love Immo n'est ni avocat ni notaire. Avant de signer un bail civil pour un logement ou un local d'activité, faites vérifier la situation par un avocat ou un notaire.

À lire aussi : louer un terrain ou une terre.

Ce qu'il faut retenir

  • Le bail civil suit les seules règles du Code civil, qui laissent beaucoup de place au contrat.
  • Il convient à une résidence secondaire, un garage loué seul, un terrain ou un local de stockage.
  • Il est exclu pour la résidence principale du locataire : la loi de 1989 s'impose.
  • Un commerçant immatriculé qui exploite son activité dans le local relève du bail commercial.
  • Écrivez durée, préavis, loyer, révision et sous-location : sinon, ce sont les règles par défaut.

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Questions fréquentes

Peut‑on louer sa résidence secondaire avec un bail civil ?

Oui, si le logement n'est pas la résidence principale de votre locataire, c'est-à-dire s'il ne l'occupe pas au moins huit mois par an. Gardez une preuve de son autre domicile. S'il finit par y vivre à l'année, la loi de 1989 s'appliquera, quel que soit le titre du contrat.

Un bail civil peut‑il remplacer un bail commercial ?

Non, si votre locataire est un commerçant ou un artisan immatriculé qui exploite son activité dans le local. Le statut des baux commerciaux s'impose alors. Seuls un bail dérogatoire de trois ans au plus ou une vraie convention d'occupation précaire permettent d'y échapper.

Existe‑t‑il un modèle officiel de bail civil ?

Non. Contrairement au bail d'habitation, aucun contrat type n'est imposé. Un modèle trouvé en ligne doit être adapté à votre bien et à votre locataire. Faites relire le contrat si l'enjeu est important.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plus

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