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Louer · 6 min de lecture

Louer un local commercial : le bail 3-6-9, son loyer, sa fin et ce qui a changé en 2026

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Un local où un commerçant ou un artisan exploite son activité se loue par un bail commercial d'au moins 9 ans (article L145-4 du code de commerce). Le locataire peut partir à la fin de chaque période de trois ans, d'où le nom « 3-6-9 », avec six mois de préavis. Le bailleur, lui, ne peut en principe reprendre son local qu'à la fin du bail, et un refus de renouveler l'oblige à indemniser le locataire. Depuis la loi du 26 mai 2026, le locataire d'une boutique peut exiger de payer chaque mois, et son dépôt de garantie est limité à trois mois de loyer.

Quand faut‑il un bail commercial ?

Le bail commercial s'applique dès que vous louez un local dans lequel un fonds est exploité. Le fonds, c'est l'activité elle-même : sa clientèle, son nom, son matériel. Le locataire doit être un commerçant ou un industriel inscrit au registre du commerce, ou un artisan inscrit au registre national des entreprises.

Ces règles sont d'ordre public : un contrat ne peut pas supprimer le droit au renouvellement ni les règles essentielles de durée et de loyer. Une clause contraire est réputée non écrite, c'est-à-dire qu'elle ne produit aucun effet.

Pour un médecin, un avocat ou un architecte, c'est en principe un bail professionnel. Il dure 6 ans au moins, et le locataire peut partir à tout moment avec six mois de préavis. Pour un logement, c'est la loi de 1989.

Comment fonctionne la durée 3-6-9 ?

MomentLe locataireLe bailleur
Fin de la 3e et de la 6e annéePeut partir, avec 6 mois de préavisNe peut partir que pour certains travaux prévus par la loi
Fin de la 9e annéePeut partir ou demander le renouvellementPeut refuser de renouveler, en payant en principe une indemnité d'éviction
Après 9 ans, sans congéLe bail continue : c'est la tacite prolongationPeut donner congé à tout moment, 6 mois avant la fin d'un trimestre civil
Bail renouveléRepart pour 9 ans, mêmes droits tous les 3 ansMêmes limites

Le congé du locataire à la fin d'une période triennale se donne par lettre recommandée avec avis de réception ou par commissaire de justice. Le contrat peut écarter cette faculté seulement dans des cas précis : bail de plus de 9 ans, bureaux, local construit pour un seul usage, certains entrepôts. Un locataire qui part à la retraite, ou ses héritiers à son décès, peuvent aussi donner congé en cours de période.

Le congé du bailleur se donne toujours par acte de commissaire de justice, l'ancien huissier, six mois à l'avance. Il doit dire pourquoi il est donné. Il rappelle aussi au locataire qu'il a deux ans pour le contester ou demander une indemnité.

Exemple. Jacqueline loue depuis 2020 le rez-de-chaussée de sa maison à une fleuriste. Le bail a démarré le 1er avril 2020. La fleuriste peut partir le 31 mars 2023, puis le 31 mars 2026, en prévenant au moins six mois avant. Jacqueline, elle, ne peut pas mettre fin au bail avant le 31 mars 2029, sauf travaux prévus par la loi. Si elle refuse alors de le renouveler, elle devra en principe verser une indemnité d'éviction.

Le renouvellement et l'indemnité d'éviction

À la fin du bail, le locataire peut demander son renouvellement. Il le fait dans les six mois qui précèdent la fin du bail, ou à tout moment pendant la tacite prolongation. Vous avez trois mois pour répondre. Sans réponse de votre part, vous êtes réputé accepter le principe du renouvellement. Les délais et la forme des demandes sont dans le renouvellement du bail commercial.

Le bail renouvelé dure 9 ans, sauf accord pour plus long. Si vous refusez de renouveler, vous devez en principe une indemnité d'éviction. Elle répare le tort causé au locataire : la valeur de son fonds, ses frais de déménagement et de réinstallation. Les points à peser avant d'acheter des murs loués sont détaillés dans investir dans un local commercial.

Comment le loyer évolue‑t‑il ?

Au départ, vous fixez librement le loyer avec le locataire : voyez comment fixer le loyer d'un local commercial.

Tous les trois ans, chacun peut demander sa révision, dans la limite de la variation de l'indice des loyers commerciaux, ou de celui des activités tertiaires. Au renouvellement, la hausse est en principe plafonnée de la même façon, sauf exceptions. Le calcul, avec des exemples, est dans la révision du loyer commercial.

Depuis le 28 mai 2026, le bail peut aussi prévoir une clause qui encadre la variation annuelle de l'indice, à la hausse comme à la baisse, dans les mêmes proportions.

Ce qui a changé avec la loi du 26 mai 2026

La loi de simplification de la vie économique a modifié plusieurs règles. Elles visent surtout les locaux de commerce et d'artisanat, pas les bureaux.

  1. Le paiement mensuel est de droit. Le locataire d'un local de commerce ou d'artisanat peut l'exiger, s'il n'a pas d'arriéré non contesté. Cela vaut aussi pour les baux en cours.
  2. Le dépôt de garantie est plafonné. Pour ces mêmes locaux, les sommes versées en garantie ne peuvent pas dépasser un trimestre de loyer. Cela vaut pour les baux signés ou renouvelés depuis le 26 mai 2026. Voyez le dépôt de garantie d'un bail commercial.
  3. Le dépôt doit être rendu en trois mois au plus après la remise des clés, déduction faite des sommes justifiées encore dues. Cela vaut pour les clés rendues à partir du 26 août 2026, même pour un bail plus ancien.
  4. Les délais de paiement sont plus encadrés. La clause résolutoire joue toujours un mois après un commandement de payer resté sans effet. Désormais, pour obtenir des délais du juge, le locataire doit pouvoir payer sa dette. Il doit aussi avoir repris le paiement du loyer courant avant la première audience.

La loi a aussi précisé les locaux où le locataire est prioritaire pour acheter si vous vendez : commerce de détail ou de gros, services commerciaux et artisanat, réserves comprises. Les bureaux seuls et les entrepôts en sont exclus. Faites vérifier la notification par votre notaire avant toute vente, et voyez comment estimer un local commercial.

Les cas particuliers

I Love Immo n'est ni avocat ni notaire. Un bail commercial vous engage pour 9 ans au moins : faites-le rédiger ou relire par un avocat ou un notaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le bail commercial dure 9 ans au moins. Le locataire peut partir tous les trois ans, avec six mois de préavis.
  • Le bailleur ne peut reprendre le local qu'en fin de bail, et paie en principe une indemnité d'éviction s'il refuse de renouveler.
  • La révision triennale et le renouvellement sont en principe plafonnés par l'indice des loyers commerciaux.
  • Depuis mai 2026, le locataire d'un commerce peut exiger de payer chaque mois.
  • Pour un bail signé depuis le 26 mai 2026, le dépôt de garantie d'un commerce est limité à un trimestre de loyer.

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Questions fréquentes

Le propriétaire peut‑il résilier un bail commercial tous les trois ans ?

Non, en principe. La sortie tous les trois ans est un droit du locataire. Le bailleur ne peut l'utiliser que pour certains travaux prévus par la loi, comme reconstruire ou surélever l'immeuble. Sinon, il doit attendre la fin du bail, et un refus de renouvellement l'oblige en principe à verser une indemnité d'éviction.

Un locataire commerçant peut‑il exiger de payer son loyer chaque mois ?

Oui, depuis la loi du 26 mai 2026, pour un local de commerce ou d'artisanat. Il suffit qu'il en fasse la demande et qu'il n'ait pas d'arriéré de loyer ou de charges non contesté. Le paiement mensuel commence à l'échéance suivante, y compris pour un bail déjà en cours.

Que se passe‑t‑il si personne ne donne congé à la fin des 9 ans ?

Le bail continue aux mêmes conditions : c'est la tacite prolongation, pour une durée indéterminée. Chacun peut alors y mettre fin à tout moment par un congé donné six mois à l'avance, pour le dernier jour d'un trimestre civil. Le locataire peut aussi demander le renouvellement.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plus

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