Qu'est‑ce qu'un logement de fonction ?
C'est un logement lié à un emploi. L'occupant y vit parce qu'il occupe un poste, et pour la durée de ce poste. On le trouve dans trois grandes situations :
- dans la fonction publique, quand l'agent doit être logé sur place ou tout près pour assurer son service ;
- chez un employeur privé, pour un gardien, un concierge ou un salarié d'astreinte ;
- dans un commerce, quand un logement est loué avec la boutique ou l'atelier, par le même bail commercial.
Dans ces cas, ce n'est pas un bail d'habitation ordinaire. La loi de 1989 exclut ces logements, mais quelques règles restent dues. Le propriétaire doit fournir le dossier de diagnostics, comme le DPE et l'état des risques. Le logement doit aussi être décent. Sinon, l'occupant peut demander sa mise en conformité, puis saisir la commission de conciliation ou le juge.
Qui doit assurer le logement de fonction ?
La réponse dépend de qui loge qui. Le tableau résume.
| Situation | Assurance de l'occupant | Assurance du propriétaire |
|---|---|---|
| Logement de l'État, gratuit pour nécessité absolue de service | Obligatoire : risques dont il répond comme occupant | L'État ou l'établissement propriétaire |
| Logement de l'État avec astreinte, contre une redevance | Obligatoire : même règle | L'État ou l'établissement propriétaire |
| Logement fourni par un employeur privé | Selon la convention ou le contrat de travail | L'employeur ou le propriétaire du logement |
| Logement loué par une entreprise à un particulier pour y loger un salarié | Selon le bail signé avec l'entreprise | Le particulier, avec une assurance propriétaire non occupant conseillée |
| Logement compris dans un bail commercial | Le bail commercial impose souvent au commerçant de s'assurer, logement compris | Le bailleur des murs |
Ce que couvre une bonne assurance d'occupant. Elle protège vos meubles et vos affaires. Elle couvre aussi votre responsabilité si un dégât des eaux ou un incendie part de chez vous. Ce point compte : le Code civil rend le locataire responsable de l'incendie, sauf s'il prouve un cas fortuit, un vice de construction ou un feu venu d'à côté.
Exemple. Julien, gardien d'une résidence, est logé gratuitement dans la loge. Sa convention ne parle pas d'assurance. Une fuite de son lave-linge abîme l'appartement du dessous. Sans assurance habitation, il risque de payer lui-même les dégâts. Une multirisque habitation l'aurait en principe pris en charge, selon les garanties du contrat.
Notre page assurance habitation obligatoire explique qui doit s'assurer et quelles garanties vérifier. Si vous êtes le propriétaire qui loue à une entreprise, voyez l'assurance propriétaire non occupant.
Qui paie les charges et le loyer ?
Dans un logement de l'État. Deux régimes existent :
- la concession pour nécessité absolue de service : le logement nu est gratuit, sans loyer ;
- la convention d'occupation précaire avec astreinte : l'agent paie une redevance égale à 50 % de la valeur locative réelle, retenue chaque mois sur son salaire.
Dans les deux cas, l'agent paie les charges locatives, les réparations locatives et les impôts liés à l'occupation. Les charges locatives sont celles qu'un locataire paie d'habitude : eau, chauffage, entretien des parties communes. Les réparations locatives sont les petites réparations du quotidien.
Chez un employeur privé. Le contrat de travail ou la convention d'occupation dit ce qui est gratuit et ce qui reste à payer. Lisez-les avant d'emménager : chauffage, électricité, garage, ménage des parties communes.
Quand faut‑il quitter le logement ?
Le droit d'occuper suit l'emploi. Quand l'emploi s'arrête, le logement doit être libéré.
Dans un logement de l'État, les titres sont précaires et révocables. Ils durent autant que l'occupation réelle du poste qui les justifie. À la fin, l'agent doit partir sans délai. S'il reste, il doit une redevance égale à la valeur locative, majorée de 50 % les six premiers mois, puis doublée au-delà. Il peut aussi être expulsé.
Dans le privé, la convention ou le contrat fixe le délai de départ. À défaut d'accord, c'est le juge qui tranche.
Exemple. Martine, agente d'entretien d'un lycée, est logée sur place par la région. Elle part à la retraite en juillet. Son droit au logement prend fin avec ses fonctions : elle doit organiser son déménagement pour la date prévue par la décision qui l'a logée.
Le local commercial avec logement de fonction
Certaines boutiques ont un logement à l'étage, loué avec le commerce par un seul bail commercial. Ce logement est un local accessoire : il suit le bail commercial et sa durée de 9 ans.
Le bailleur peut le reprendre à l'une des échéances de trois ans, dans un cas précis. Le logement doit être inoccupé et séparable du commerce, et sa reprise ne doit pas gêner gravement l'exploitation. Il ne doit pas non plus servir d'hôtel, de meublé, d'hôpital ou d'école. La reprise n'est possible que si le logement reste inoccupé six mois après le congé.
Les autres règles du bail sont détaillées dans le bail commercial 3-6-9.
Les cas particuliers
- Vous louez votre logement à une entreprise. Si elle y loge un salarié en raison de son emploi, le contrat sort pour l'essentiel de la loi de 1989. Vous rédigez alors un contrat sur mesure, proche d'un bail civil. Diagnostics et décence restent obligatoires.
- Votre propre maison pendant que vous êtes logé. Elle reste votre bien. Si vous la louez, ce sont les règles habituelles de la location qui s'appliquent.
- Un logement de fonction dans un immeuble ancien. Même sous la loi de 1948, l'occupation qui est l'accessoire d'un contrat de travail ne donne pas droit au maintien dans les lieux.
- Les collectivités locales et les hôpitaux. Leurs logements de fonction sont attribués par une délibération ou une décision qui fixe les conditions : lisez-la, car elle fait office de contrat.
I Love Immo n'est ni assureur ni avocat. Pour un litige avec votre employeur sur le logement, adressez‑vous à un avocat en droit du travail ou à vos représentants du personnel.
Ce qu'il faut retenir
- Un logement de fonction suit l'emploi : il échappe pour l'essentiel à la loi de 1989.
- Diagnostics et décence restent dus par le propriétaire.
- Dans un logement de l'État, l'occupant doit s'assurer ; dans le privé, la convention le prévoit souvent.
- Pour un salarié, le logement fourni est un avantage en nature imposable.
- À la fin de l'emploi, le logement doit être libéré, souvent sans délai.
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Assurance habitation obligatoire : qui doit s'assurer ?
Locataire, propriétaire, bailleur : ce que la loi impose et ce qu'il faut couvrir.
Questions fréquentes
L'occupant d'un logement de fonction doit‑il prendre une assurance habitation ?
Dans un logement de l'État, oui : l'agent logé doit s'assurer contre les risques dont il répond comme occupant. Dans le privé, aucune loi générale ne l'impose, mais la convention d'occupation le prévoit souvent. Même sans obligation, une assurance habitation protège vos meubles et couvre les dommages que vous causez.
Un logement de fonction gratuit est‑il imposable ?
Oui, pour un salarié. Le logement fourni par l'employeur est un avantage en nature, ajouté au salaire imposable. Il est évalué selon un barème forfaitaire qui dépend du salaire et du nombre de pièces, ou selon la valeur locative cadastrale. Le montant figure déjà sur votre déclaration préremplie.
Doit‑on quitter un logement de fonction à la retraite ?
En principe, oui. Le droit d'occuper le logement est lié à l'emploi qui le justifie. Dans un logement de l'État, l'agent doit partir sans délai à la fin de ses fonctions. Dans le privé, la convention fixe le délai. Rester sans droit expose à une indemnité d'occupation, puis à une expulsion.
Qui paie la taxe foncière d'un logement de fonction ?
Le propriétaire, comme pour tout logement. L'occupant paie, selon les cas, les charges locatives et les impôts liés à l'occupation. Dans un logement de l'État, c'est la règle fixée par le code de la propriété des personnes publiques.
Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plusVoir moins
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Sources officielles (7)vérifiées le 17 octobre 2026
- Article 2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (logements attribués ou loués en raison d'une fonction ou d'un emploi)Légifrance
- Code général de la propriété des personnes publiques, concessions de logement (articles R2124-64 à R2124-78)Légifrance
- Code général de la fonction publique, logements de fonction (articles L721-1 à L721-5)Légifrance
- Code civil, du louage des choses (article 1733 : responsabilité du locataire en cas d'incendie)Légifrance
- Impôt sur le revenu : avantages en nature (logement)Service-Public.fr
- Résilier un bail commercial (reprise du local d'habitation accessoire)Entreprendre.Service-Public.fr
- Articles L145-4 à L145-7-1 du Code de commerce (durée du bail commercial, réaffectation du local d'habitation accessoire)Légifrance
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Comment l'avantage est‑il imposé ?
Pour un salarié, un logement fourni gratuitement ou à prix réduit est un avantage en nature. Il s'ajoute au salaire imposable et figure déjà sur la déclaration préremplie.
L'employeur l'évalue de l'une de ces deux façons :
Des règles particulières s'appliquent quand vous êtes obligé de loger sur votre lieu de travail. C'est le cas des fonctionnaires logés par nécessité absolue de service et des personnels de gardiennage. Vérifiez votre bulletin de paie et posez la question à votre employeur.