Qui paie les dettes du défunt ?
Les dettes ne s'effacent pas au décès. Elles sont payées d'abord avec les biens de la succession : comptes, maison, placements. C'est le notaire qui fait le point sur ce qui reste.
Ensuite, chaque héritier qui accepte en supporte sa part. La règle est simple : vous payez dans la proportion de ce que vous héritez. Les héritiers ne sont pas tenus les uns pour les autres. Un créancier ne peut pas réclamer toute la dette à un seul d'entre eux.
Exemple. M. Lefort laisse 200 000 € de biens et 40 000 € de dettes. Ses deux filles héritent chacune de la moitié. Chacune doit 20 000 € de dettes. Il leur reste 80 000 € chacune.
Quelles dettes font partie de la succession ?
| Dette | Fait partie de la succession ? | À savoir |
|---|---|---|
| Crédit immobilier | Oui | Souvent remboursé par l'assurance décès du prêt, selon le contrat |
| Crédits à la consommation | Oui | Vérifiez s'ils étaient assurés |
| Impôts dus : revenu de l'année, taxe foncière | Oui | L'impôt sur les revenus jusqu'au décès est déclaré par les héritiers |
| Charges de copropriété, factures | Oui | Jusqu'au décès, puis charges du bien hérité |
| Frais d'obsèques | Oui | Payables sur le compte du défunt dans une limite fixée |
| Loyers dus par le défunt locataire | Oui | Le bail prend fin ou se transmet selon les cas |
Les dettes personnelles des héritiers restent les leurs. À l'inverse, le capital d'une assurance-vie versé à un bénéficiaire désigné ne sert pas à payer les dettes du défunt.
Jusqu'où l'héritier est‑il engagé ?
Tout dépend du choix que vous faites. Le tableau résume l'essentiel ; notre article sur accepter ou refuser une succession explique chaque démarche.
| Votre choix | Les dettes que vous payez | Vos biens personnels |
|---|---|---|
| Acceptation pure et simple | Votre part de toutes les dettes, sans plafond | Exposés si l'héritage ne suffit pas |
| Acceptation à hauteur de l'actif net | Votre part, dans la limite de ce que vous recevez | Protégés |
| Renonciation | Aucune, sauf une participation aux obsèques d'un parent | Protégés, mais vous ne recevez rien |
Exemple. Mme Roux laisse une maison estimée 150 000 € et 190 000 € de dettes. Son fils unique accepte purement et simplement. Il doit 40 000 € sur ses économies. S'il avait accepté à hauteur de l'actif net, sa perte se serait limitée à la maison.
Et si une dette apparaît après l'acceptation ?
Vous pouvez demander au juge d'en être déchargé, en tout ou partie. Trois conditions doivent être réunies :
- vous aviez de bonnes raisons d'ignorer cette dette quand vous avez accepté ;
- la payer porterait gravement atteinte à votre patrimoine personnel ;
- vous saisissez le tribunal judiciaire dans les 5 mois après avoir appris son existence.
Exemple. Deux ans après avoir accepté, Paul apprend que son père s'était porté caution d'un prêt de 60 000 € pour un ami. Rien ne le laissait deviner. Il a 5 mois pour demander au juge de l'en libérer.
Combien de temps pour se décider ?
La loi vous laisse le temps de vérifier. Pendant 4 mois après le décès, personne ne peut vous obliger à choisir. Ensuite, un créancier peut vous sommer de le faire : vous avez alors 2 mois. Sans réponse, vous êtes considéré comme ayant accepté purement et simplement. Sans sommation, vous avez 10 ans ; au-delà, vous êtes considéré comme ayant renoncé.
Pendant ce temps, certains gestes valent acceptation. Vendre un bien du défunt ou vider ses comptes pour vous-même, par exemple. Demandez au notaire avant d'agir.
Si vous acceptez à hauteur de l'actif net, les créanciers ont 15 mois pour se manifester après la publicité de votre déclaration. Passé ce délai, une créance sans garantie qui n'a pas été déclarée ne peut plus être réclamée sur la succession.
Les cas particuliers
- La maison est grevée d'une hypothèque. La banque peut la faire vendre pour se payer. Vendre vous-mêmes, à l'amiable, évite souvent une vente forcée à prix bas. Voir vendre, louer ou garder une maison héritée.
- Le conjoint survivant. Il reste tenu des dettes qu'il a signées lui-même, comme un prêt commun, même s'il refuse la succession.
- Tous les héritiers renoncent. Le service du Domaine, nommé curateur, vend les biens du défunt pour régler ses dettes.
- Un héritier décédé entre-temps. Ses propres héritiers choisissent pour sa part. Voir l'héritier décédé avant le partage.
- Les droits de succession. Ils se calculent sur ce que vous recevez réellement. Le simulateur de droits de succession aide à estimer le montant ; le notaire vérifie les dettes à retenir.
Avant de choisir, demandez au notaire un état précis des biens et des dettes. Si une dette est contestée ou si l'enjeu est lourd, faites‑vous conseiller par un avocat. I Love Immo n'est ni notaire ni avocat.
Ce qu'il faut retenir
- On ne paie les dettes du défunt que si l'on accepte la succession.
- Chaque héritier paie selon sa part, jamais celle des autres.
- L'acceptation à hauteur de l'actif net met vos biens personnels à l'abri.
- Une dette découverte plus tard peut être écartée par le juge, si vous agissez dans les 5 mois.
- Vous avez 4 mois de répit pour vérifier, sans pouvoir être pressé.
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Questions fréquentes
Les dettes de mon père peuvent‑elles être réclamées à ma mère ?
Pas en tant que veuve, sauf si elle accepte la succession comme héritière. En revanche, elle reste tenue des dettes qu'elle a signées avec lui, comme un prêt commun. Le notaire fait le tri entre ses dettes et celles de la succession.
Un créancier peut‑il saisir ma maison personnelle pour une dette de ma mère décédée ?
Seulement si vous avez accepté la succession purement et simplement et que les biens hérités ne suffisent pas. Si vous l'avez acceptée à hauteur de l'actif net, ou refusée, vos biens personnels sont protégés.
Le crédit immobilier du défunt est‑il remboursé par l'assurance ?
Souvent, si le prêt était couvert par une assurance décès. L'assurance rembourse alors tout ou partie du capital restant, selon le contrat. Le notaire ou la banque vous le confirme : la dette disparaît pour la part couverte.
Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plusVoir moins
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Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale
Sources officielles (4)vérifiées le 19 octobre 2026
- Accepter ou renoncer à la succession (option successorale)Service-Public.fr
- Renonciation à la succession : qui s'occupe des dettes et biens du défunt ?Service-Public.fr
- Code civil, titre Ier du livre III : des successions (articles 771, 772, 785, 786, 791, 792 et 806 sur l'option, les dettes et les délais), version en vigueur au 18 octobre 2026Légifrance
- Article 873 du Code civil (dettes payées par chaque héritier pour sa part), en vigueur depuis le 1er janvier 2007Légifrance
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