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Succession et donation · 4 min de lecture

Accepter ou refuser une succession : les trois choix, les délais et la démarche

Mis à jour le 18 octobre 2026

La réponse en bref

Face à une succession, chaque héritier a trois choix : l'accepter entièrement, l'accepter seulement à hauteur de ce qu'elle contient, ou la refuser. Refuser, c'est-à-dire renoncer, vous libère des dettes du défunt, mais vous ne recevez alors aucun bien, maison comprise. La renonciation se fait par une déclaration écrite, déposée au greffe du tribunal du dernier domicile du défunt ou chez un notaire. Personne ne peut vous presser pendant 4 mois après le décès, et vous avez au maximum 10 ans pour choisir.

Quels sont les trois choix ?

ChoixVous recevezLes dettesPeut‑on changer d'avis ?
Acceptation pure et simpleVotre part des biensVous payez votre part, même sur vos biens personnelsNon
Acceptation à hauteur de l'actif netVotre part des biensSeulement dans la limite de la valeur des biens reçusVers l'acceptation pure et simple seulement
RenonciationRienAucune, sauf une participation aux obsèquesOui, tant que personne d'autre n'a accepté, et dans les 10 ans

L'acceptation pure et simple est le choix habituel quand la succession est clairement positive. Si vous découvrez plus tard une dette grave que vous ignoriez, vous avez 5 mois pour demander au tribunal d'en être déchargé.

L'acceptation à hauteur de l'actif net protège votre patrimoine personnel. Vous héritez, mais les créanciers ne peuvent pas réclamer plus que la valeur de ce que vous recevez. Elle demande un inventaire et des publications : c'est le choix prudent quand on ne connaît pas toutes les dettes.

La renonciation est utile quand les dettes dépassent clairement les biens. Vous êtes alors considéré comme n'ayant jamais été héritier.

Quand faut‑il refuser une succession ?

Quand les dettes sont plus lourdes que les biens, ou quand vous n'êtes pas sûr de pouvoir les payer.

Exemple. Gérard décède en laissant une maison estimée 120 000 €. Il laisse aussi un prêt de 90 000 €, ainsi que des impôts impayés et des crédits à la consommation, pour 60 000 €. La succession est négative de 30 000 €. Ses deux fils renoncent. Ils ne reçoivent pas la maison et ne paient aucune dette. S'ils avaient voulu garder la maison, l'acceptation à hauteur de l'actif net aurait limité leur risque à la valeur de la maison.

Avant de décider, demandez au notaire un état des biens et des dettes. Il consulte notamment le fichier national des comptes bancaires.

Comment renoncer, concrètement ?

  1. Remplissez la déclaration de renonciation, sur le formulaire prévu pour une personne majeure. La notice indique les pièces à joindre, dont l'acte de décès.
  2. Déposez-la ou envoyez-la au greffe du tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt, ou remettez-la à un notaire. Le notaire en adresse alors une copie au tribunal.
  3. Gardez la copie de votre renonciation. Si un créancier vous relance, envoyez-la lui.

C'est la « déclaration judiciaire de renonciation » : un simple dépôt, sans audience ni avocat.

Quels gestes valent acceptation sans le vouloir ?

C'est le piège le plus fréquent. Certains actes montrent que vous vous comportez en héritier : la loi les traite comme une acceptation pure et simple.

Vendre un bien de la succession, même un meuble ou une voiture, vaut acceptation. Vendre la maison héritée vous engage donc : voir vendre une maison héritée.

D'autres gestes ne vous engagent pas. Vous pouvez payer l'assurance de la maison et encaisser les loyers d'un bien loué. Vous pouvez aussi payer les obsèques sur le compte du défunt, jusqu'à 5 965 €. Signer l'acte de notoriété chez le notaire ne vaut pas non plus acceptation.

Les délais pour choisir

  • Pendant 4 mois après le décès, personne ne peut vous obliger à choisir.
  • Après 4 mois, un créancier, un cohéritier ou l'État peut vous sommer de choisir. Vous avez alors 2 mois, sinon vous êtes considéré comme ayant accepté purement et simplement.
  • Au bout de 10 ans sans choix ni sommation, vous êtes considéré comme ayant renoncé.

Ces délais sont expliqués aussi dans combien de temps dure une succession.

Les cas particuliers

  • Assurance-vie. Le capital versé au bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession. Vous pouvez le recevoir même en renonçant.
  • Donations reçues. Vous les gardez en général, dans la limite de la part libre du défunt. L'acte peut prévoir une autre règle : voir le rapport des donations.
  • Tous les héritiers renoncent. Le tribunal confie la succession au service des Domaines de l'État. Il vend les biens, dont la maison, pour payer les créanciers.
  • Frais d'obsèques. Même en renonçant, un enfant ou un parent du défunt doit y participer selon ses moyens.
  • Héritier mineur ou protégé. Le choix demande l'accord du conseil de famille ou du juge des tutelles.
  • Déclaration de succession. Celui qui renonce n'a pas à en déposer.

Le choix est lourd de conséquences et, pour l'acceptation pure et simple, définitif. Faites le point avec le notaire avant de signer quoi que ce soit ; un avocat peut vous conseiller en cas de dettes importantes.

À lire aussi : succession sans descendant : qui hérite du célibataire ? et succession et conjoint survivant : droits sur le logement.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois choix : accepter, accepter à hauteur de l'actif net, ou renoncer.
  • Renoncer libère des dettes, mais vous ne recevez aucun bien.
  • La renonciation se dépose au greffe du tribunal, gratuitement, ou chez un notaire.
  • Vendre un bien du défunt vaut acceptation : attendez d'avoir choisi.
  • Si vous renoncez, vos enfants héritent à votre place et doivent choisir à leur tour.

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Questions fréquentes

Si je refuse la succession de mon père, puis‑je garder l'assurance-vie dont je suis bénéficiaire ?

Oui, en principe. Le capital d'une assurance-vie est versé directement au bénéficiaire désigné dans le contrat. Il ne fait pas partie de la succession et ne sert pas à payer les dettes du défunt. Il obéit à sa propre fiscalité. Si aucun bénéficiaire n'est désigné, il revient en revanche à la succession.

Mes enfants héritent‑ils si je renonce ?

Oui. Quand un enfant du défunt renonce, ses propres enfants viennent à sa place. Ils doivent alors choisir à leur tour. S'ils sont mineurs, leurs parents ne peuvent renoncer en leur nom qu'avec les autorisations prévues pour les mineurs : parlez-en au notaire ou au greffe.

Combien coûte une renonciation ?

Elle est gratuite si vous déposez la déclaration au greffe du tribunal. Un notaire peut aussi la recevoir et la transmettre au tribunal : il peut alors facturer ce service.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plus

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