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Succession et donation · 4 min de lecture

Succession avec un héritier mineur ou sous tutelle : qui décide et avec quelles autorisations

Mis à jour le 19 octobre 2026

La réponse en bref

Quand un héritier est mineur ou majeur protégé, quelqu'un choisit pour lui d'accepter ou de renoncer : ses parents, son tuteur, ou lui-même assisté de son curateur. Accepter « à concurrence de l'actif net », c'est-à-dire sans risquer de payer les dettes au-delà de ce qu'on reçoit, se fait sans juge. Accepter sans réserve ou renoncer demande le plus souvent l'accord du juge. Si c'est la personne sous tutelle qui décède, la mission du tuteur s'arrête et la succession suit les règles ordinaires.

Quels sont les trois choix possibles ?

Comme tout héritier, la personne protégée a trois options. Le représentant les exerce en son nom.

  • Accepter purement et simplement : elle reçoit les biens, mais répond aussi de toutes les dettes.
  • Accepter à concurrence de l'actif net : elle ne paie les dettes que dans la limite des biens reçus.
  • Renoncer : elle ne reçoit rien et ne paie rien.

Les deux dernières options protègent la personne. C'est pourquoi la loi demande plus de contrôle pour la première et pour la renonciation. Les options sont détaillées dans accepter ou renoncer à une succession.

Qui décide pour un enfant mineur ?

Les parents qui exercent l'autorité parentale, ou le tuteur si l'enfant est sous tutelle.

OptionParentsTuteur d'un mineur
Accepter purement et simplementAutorisation du juge aux affaires familialesAccord du conseil de famille, ou du juge
Accepter à concurrence de l'actif netSans autorisationAccord du conseil de famille
RenoncerAutorisation du juge aux affaires familialesAccord du conseil de famille, ou du juge

Le tuteur peut se passer d'autorisation pour accepter purement et simplement si les biens dépassent nettement les dettes. Il lui faut alors une attestation du notaire chargé de la succession. Quand les biens valent moins de 50 000 €, l'autorisation du juge peut remplacer celle du conseil de famille.

En pratique, le juge refuse d'autoriser l'acceptation pure et simple d'une succession endettée.

Exemple. Le mari de Sandrine meurt en laissant une maison de 220 000 € et un crédit de 60 000 €. Leurs deux enfants ont 12 et 15 ans. Sandrine demande au juge l'autorisation d'accepter en leur nom. Elle pourrait aussi choisir l'actif net, sans juge, mais avec une publicité au Bodacc et dans un journal d'annonces légales.

Qui décide pour un majeur protégé ?

Tout dépend de la mesure prononcée par le juge.

OptionMajeur sous tutelleMajeur sous curatelle
Accepter purement et simplementLe tuteur, avec l'accord du juge des contentieux de la protection ou une attestation du notaire si l'actif dépasse nettement les dettesLa personne elle-même, assistée du curateur, sans juge
Accepter à concurrence de l'actif netLe tuteur, par déclaration au greffe ou au notaireLa personne, assistée du curateur
RenoncerLe tuteur, avec l'autorisation du juge des contentieux de la protectionLa personne, assistée du curateur, sans juge

Pour une habilitation familiale, la personne habilitée agit seule ou accompagne le majeur, selon ce que dit le jugement. L'acceptation pure et simple et la renonciation passent par le juge des contentieux de la protection.

Comment faire concrètement ?

  1. Prenez contact avec le notaire chargé de la succession et donnez-lui le jugement de protection.
  2. Demandez-lui un état de l'actif et des dettes : il guidera le choix de l'option.
  3. Pour une autorisation, remplissez la requête prévue sur Service-Public et adressez-la au greffe du juge compétent, au tribunal du domicile de la personne protégée.
  4. Pour l'actif net, déposez la déclaration au greffe du tribunal du dernier domicile du défunt ou chez le notaire. Elle doit ensuite être publiée au Bodacc, pour 16 € à la charge de la succession, puis dans un journal d'annonces légales dans le mois.

En attendant, vous pouvez protéger les biens : payer les obsèques, assurer la maison, encaisser un loyer. Ces gestes n'engagent pas l'héritier (article 784 du Code civil).

Et si c'est la personne sous tutelle qui décède ?

La mission du tuteur ou du curateur prend fin immédiatement, et la succession s'ouvre. Le tuteur, par exemple une UDAF ou une association, ne règle pas la succession. Il doit rendre ses comptes de gestion et remettre les biens qu'il détenait aux héritiers ou au notaire.

Les héritiers procèdent ensuite comme pour toute succession : notaire, déclaration dans les six mois, partage. Voir quand le notaire est obligatoire et la durée du règlement d'une succession.

Les cas particuliers

  • Vendre une maison héritée par un mineur. Une autorisation est en principe nécessaire. Le notaire vérifie laquelle avant la promesse : voir maison héritée : vendre, louer ou garder.
  • Un héritier handicapé. Il peut bénéficier d'un abattement de 159 325 € : voir l'abattement handicapé.
  • Les deux parents en désaccord. Le juge aux affaires familiales peut être saisi pour trancher.
  • Le parent survivant non marié. Il gère la part des enfants communs, mais n'hérite pas lui-même : voir les droits du concubin survivant.

I Love Immo n'est ni notaire ni avocat. Pour une personne protégée, le notaire et le juge restent vos interlocuteurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Le représentant choisit pour l'héritier mineur ou protégé : accepter, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer.
  • L'actif net, qui protège des dettes, se choisit sans juge.
  • Accepter sans réserve ou renoncer demande le plus souvent l'accord du juge ou du conseil de famille.
  • Sous curatelle, la personne décide elle-même avec son curateur.
  • Au décès d'un majeur protégé, la mesure prend fin et les héritiers règlent la succession avec le notaire.

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Questions fréquentes

Je suis veuve avec deux enfants mineurs : dois‑je aller voir le juge pour la succession de leur père ?

Pour accepter purement et simplement en leur nom, oui : il faut l'autorisation du juge aux affaires familiales. Pour accepter « à concurrence de l'actif net », c'est-à-dire sans payer les dettes au-delà des biens reçus, aucune autorisation n'est nécessaire.

Ma mère était sous tutelle de l'UDAF : qui règle sa succession ?

Ses héritiers, avec un notaire. La mission du tuteur prend fin au décès. L'UDAF remet ensuite ses comptes de gestion et les biens qu'elle détenait. Elle ne règle pas la succession elle-même.

Le curateur peut‑il accepter une succession à la place de la personne protégée ?

Non. Sous curatelle, la personne décide elle-même, avec l'assistance de son curateur. Elle peut accepter purement et simplement sans demander au juge. Pour renoncer, elle n'a pas besoin du juge non plus pour une succession ouverte depuis novembre 2017.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plus

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