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Vendre · 4 min de lecture

Annuler un compromis de vente : ce que peuvent faire le vendeur et l'acheteur

Mis à jour le 18 octobre 2026

La réponse en bref

Après un compromis, le vendeur ne peut pas revenir sur sa parole, sauf si le contrat lui en donne expressément le droit. L'acheteur particulier peut annuler sans motif pendant ses 10 jours de rétractation, puis seulement si une condition suspensive échoue. Hors de ces cas, celui qui renonce s'expose à des pénalités ou à une vente forcée. Un accord amiable reste toujours possible.

Le vendeur peut‑il annuler un compromis ?

En principe, non. Le compromis est une vente déjà conclue : vous êtes d'accord sur le bien et sur le prix (article 1583 du Code civil). Le vendeur n'a pas de délai de rétractation.

Une seule exception : le compromis contient une clause de dédit en faveur du vendeur. Elle lui permet de renoncer en payant une somme prévue d'avance. Si cette clause n'existe pas, et que vous refusez de signer l'acte, l'acheteur peut :

  1. exiger la vente devant le juge, qui peut faire constater qu'elle a eu lieu (article 1221 du Code civil) ;
  2. demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi ;
  3. réclamer la pénalité prévue par le compromis, appelée clause pénale.

Exemple. Mme Faure, 68 ans, signe un compromis pour vendre sa maison. Un mois après, ses enfants la convainquent de la garder. Le compromis ne prévoit pas de dédit. L'acheteur, qui a obtenu son prêt, peut l'assigner pour obtenir la vente. Le plus sage pour elle est de proposer un accord, avec l'aide de son notaire.

Dans une promesse unilatérale, c'est encore plus net. Si le vendeur se retire pendant le délai laissé à l'acheteur, la vente peut quand même être formée (article 1124 du Code civil).

Quand l'acheteur peut‑il annuler sans pénalité ?

SituationConséquenceCe que récupère l'acheteur
Rétractation dans les 10 joursAnnulation sans motifTout, sous 21 jours
Prêt refusé, dans les conditions du compromisVente caduqueTout, immédiatement
Autre condition suspensive non réalisée (préemption, permis)Vente caduqueTout
Information déterminante cachée par le vendeurAnnulation possible, souvent devant le jugeTout, et parfois des dommages et intérêts
Simple changement d'avis après les 10 joursPas d'annulation de droitIl perd en général son dépôt de garantie

Le délai de 10 jours est détaillé dans le délai de rétractation. Les conditions suspensives le sont dans notre guide dédié.

Le refus de prêt : comment annuler proprement ?

C'est le cas le plus fréquent. Pour que l'annulation soit sans frais, l'acheteur doit avoir respecté le compromis :

  1. déposer ses demandes de prêt dans le délai prévu ;
  2. demander un prêt conforme au montant, à la durée et au taux écrits dans la clause ;
  3. obtenir des refus écrits des banques ;
  4. prévenir le vendeur et le notaire avant la date limite, avec ces refus.

Dans ce cas, toutes les sommes versées sont remboursées sans retenue (article L313-41 du Code de la consommation). En revanche, si l'acheteur a demandé un prêt plus élevé que prévu pour provoquer un refus, la condition est considérée comme remplie. Il peut alors perdre son dépôt.

Et si l'acheteur change simplement d'avis ?

Après les 10 jours et hors condition suspensive, l'acheteur est engagé. S'il renonce, le vendeur peut :

  • garder le dépôt de garantie, quand le compromis le prévoit comme pénalité ;
  • ou exiger la vente en justice, ce qui est plus long et plus rare.

Le sort de la somme versée est expliqué dans dépôt de garantie et indemnité d'immobilisation.

L'annulation d'un commun accord

Vendeur et acheteur peuvent toujours décider ensemble d'annuler. Cela évite une procédure longue et coûteuse.

  1. Mettez‑vous d'accord sur le sort du dépôt et des frais déjà engagés.
  2. Faites rédiger un acte d'annulation par le notaire ou l'agence qui a fait le compromis.
  3. Signez-le tous les deux, comme le compromis.
  4. Le notaire libère le dépôt selon ce que vous avez convenu.

Les cas particuliers

  • Vente par plusieurs héritiers. Si l'un d'eux veut se retirer après le compromis, les autres restent engagés envers l'acheteur. Le désaccord se règle entre héritiers, avec le notaire.
  • Décès du vendeur après le compromis. Ses héritiers doivent en principe respecter l'engagement.
  • Achat en couple qui se sépare. La séparation n'annule pas le compromis. Il faut un accord avec le vendeur.
  • Litige. Les règles de procédure et les montants en jeu justifient l'avis d'un avocat pour votre cas.

À lire aussi : annuler une vente immobilière : les motifs admis, offre acceptée, pas encore de compromis : quels engagements.

Ce qu'il faut retenir

  • Le vendeur ne peut pas annuler un compromis, sauf clause de dédit écrite.
  • L'acheteur peut annuler sans motif pendant 10 jours, puis seulement si une condition échoue.
  • Un prêt refusé dans les règles permet de récupérer toutes les sommes versées.
  • Celui qui renonce sans raison valable s'expose à une pénalité ou à une vente forcée.
  • Un accord amiable, écrit par le notaire, évite souvent un procès.

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Questions fréquentes

On me propose un prix plus élevé après le compromis. Puis‑je l'accepter ?

Non. Le compromis vous engage envers votre premier acheteur. Si vous vendez à un autre, il peut demander au juge de faire constater la vente à son profit et réclamer des dommages et intérêts.

L'acheteur peut‑il annuler s'il découvre un défaut après le compromis ?

Cela dépend du défaut. Si le vendeur a caché une information déterminante, l'acheteur peut demander l'annulation du contrat. Pour un défaut mineur, une renégociation est plus réaliste. Un avocat peut évaluer sa situation.

Combien coûte une annulation d'un commun accord ?

Il n'y a pas de tarif légal. Tout dépend de ce que vous convenez : rendre le dépôt en totalité, en garder une partie, partager les frais déjà engagés. Faites écrire l'accord par le notaire.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plus

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