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Succession et donation · 4 min de lecture

Succession d'une personne célibataire sans enfant : qui hérite, et combien paie chacun

Mis à jour le 18 octobre 2026

La réponse en bref

Sans enfant, sans conjoint et sans testament, les biens d'une personne vont d'abord à ses parents et à ses frères et sœurs, ou aux neveux d'un frère décédé. À défaut, ils vont aux grands-parents, puis aux oncles, tantes et cousins. Les droits de succession sont lourds hors ligne directe : 35 à 45 % entre frères et sœurs, 55 % pour un neveu, un oncle ou un cousin germain, 60 % au-delà. Un testament permet de tout léguer librement, car un célibataire sans enfant n'a aucun héritier réservataire.

Qui hérite d'un célibataire sans enfant ?

La loi appelle les héritiers dans un ordre précis. Un groupe n'hérite que si le précédent est vide.

Famille du défuntQui reçoit quoi
Ses deux parents vivants, avec des frères et sœursLa moitié aux parents (un quart chacun), l'autre moitié aux frères et sœurs à parts égales
Un seul parent vivant, avec des frères et sœursUn quart au parent, trois quarts aux frères et sœurs
Plus de parents, des frères et sœursTout aux frères et sœurs, à parts égales
Des parents, mais ni frère ni sœurTout aux ascendants : parents, puis grands-parents, moitié côté paternel, moitié côté maternel
Ni ascendant, ni frère ou sœurLes oncles, tantes, cousins et cousines
Aucun héritier connuLa succession est vacante et gérée par l'État

L'ordre complet des héritiers, avec ou sans enfant, est détaillé dans qui hérite dans une succession. Les demi-frères et demi-sœurs ont les mêmes droits que les frères et sœurs. Un frère décédé est remplacé par ses enfants, les neveux et nièces du défunt.

Exemple. Michel, célibataire et sans enfant, décède à 74 ans. Ses parents sont morts. Il avait une sœur, Claire, vivante, et un frère décédé qui a laissé deux fils. La succession se partage en deux : la moitié à Claire, l'autre moitié aux deux neveux, soit un quart chacun.

Combien paient les héritiers ?

Les droits dépendent du lien de parenté de chacun avec le défunt.

HéritierAbattement (part non taxée)Taux sur le reste
Père ou mère100 000 €5 % à 45 % selon les tranches
Frère ou sœur15 932 €35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà
Neveu ou nièce venant à la place d'un parent décédéL'abattement de ce parent, partagéLes taux entre frères et sœurs
Neveu ou nièce héritant par testament7 967 €55 % (voir les droits d'un neveu)
Oncle, tante, cousin germain1 594 €55 %
Parent plus éloigné, ami1 594 €60 %

Une exonération pour le frère ou la sœur qui vivait avec le défunt. Elle s'applique s'il remplit trois conditions au décès. Il a vécu avec le défunt les cinq années précédentes. Il est célibataire, veuf, divorcé ou séparé. Il a plus de 50 ans, ou une infirmité qui l'empêche de travailler.

Exemple chiffré, suite. La succession de Michel vaut 300 000 €, dont sa maison. Claire reçoit 150 000 €. Après son abattement de 15 932 €, elle est taxée sur 134 068 € : 35 % sur 24 430 €, puis 45 % sur le reste, soit environ 57 900 € de droits. Chaque neveu reçoit 75 000 €. Ils partagent l'abattement de leur père, soit 7 966 € chacun, et paient les mêmes taux : environ 27 700 € de droits chacun.

Faites votre calcul avec le calcul des droits de succession.

Que peut changer un testament ?

Tout, ou presque. Une personne sans enfant ni conjoint n'a pas d'héritier réservataire : aucune part n'est protégée. Elle peut léguer ses biens à un neveu, un filleul, un ami ou une association.

Le testament ne change pas les droits de succession, qui restent liés au lien de parenté. Un ami paiera 60 %.

Une limite. Les parents gardent un droit de retour : ils peuvent reprendre les biens qu'ils avaient donnés à leur enfant.

Pour transmettre de son vivant à un neveu ou un frère, voir la donation à un frère, une sœur ou un neveu.

Les cas particuliers

Dans ces successions, les droits pèsent lourd et l'ordre des héritiers peut surprendre. Pour préparer la vôtre ou régler celle d'un proche, consultez un notaire, et un conseiller fiscal si le patrimoine est important.

Ce qu'il faut retenir

  • Sans enfant ni conjoint, les parents et les frères et sœurs héritent en premier.
  • Les neveux et nièces remplacent un frère ou une sœur décédé, avec ses droits fiscaux.
  • Les droits vont de 35 % à 60 % hors parents, d'où l'intérêt d'anticiper.
  • Un frère ou une sœur qui vivait avec le défunt peut être exonéré, sous conditions.
  • Un testament permet de tout léguer librement, mais ne réduit pas les droits.

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Questions fréquentes

Mon oncle célibataire est décédé, mon père (son frère) aussi : est‑ce que j'hérite ?

Oui, si votre oncle n'avait ni enfant ni conjoint, et pas de testament contraire. Vous venez à la place de votre père, avec vos frères et sœurs : c'est la représentation. Vous partagez alors l'abattement de 15 932 € de votre père et payez les taux prévus entre frères et sœurs, 35 % puis 45 %.

Un célibataire sans enfant peut‑il tout léguer à un ami ?

Oui. Sans enfant ni conjoint, il n'a aucun héritier réservataire : il peut léguer tous ses biens à qui il veut. Ses parents gardent seulement le droit de reprendre ce qu'ils lui avaient donné. L'ami paiera toutefois 60 % de droits après un abattement de 1 594 €.

Que se passe‑t‑il s'il n'y a aucun héritier ?

La succession est déclarée vacante. Le service des Domaines de l'État est alors chargé de la gérer : il dresse l'inventaire, vend les biens, paie les dettes. Il en va de même si tous les héritiers renoncent.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plus

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