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Succession et donation · 4 min de lecture

Évaluer une maison pour la succession : la bonne valeur, et ce que coûte une sous-estimation

Mis à jour le 18 octobre 2026

La réponse en bref

Un bien immobilier se déclare dans la succession à sa valeur vénale au jour du décès, c'est-à-dire le prix qu'on en obtiendrait en le vendant normalement à cette date. Une valeur trop basse fait payer moins de droits, mais le fisc peut la contrôler et réclamer la différence, avec des intérêts et une majoration. Elle coûte aussi à la revente : la valeur déclarée devient votre prix d'achat, et une valeur basse grossit la plus-value taxable. Pour estimer gratuitement, l'administration ouvre aux particuliers les prix des ventes réelles autour du bien.

Quelle valeur faut‑il déclarer ?

La valeur du marché au jour du décès, pas le prix payé à l'achat ni une valeur « de famille ». C'est la règle pour tous les biens immobiliers : maison, appartement, terrain, part de bien en indivision.

Quelques précisions changent le chiffre :

  • La résidence principale du défunt peut bénéficier d'un abattement de 20 % si son conjoint, son partenaire de Pacs ou un enfant mineur y vit encore. Voir l'abattement de 20 % sur la résidence principale.
  • Une part indivise se déclare pour la quote-part du défunt, par exemple la moitié de la maison qu'il possédait avec son épouse.
  • Un bien démembré se déclare selon un barème fiscal qui dépend de l'âge de l'usufruitier.
  • Les meubles s'ajoutent, pour 5 % de la valeur des autres biens s'il n'y a pas d'inventaire.

Comment estimer le bien gratuitement ?

Trois moyens simples, à croiser entre eux :

  1. Le service « Rechercher des transactions immobilières » de votre espace sur impots.gouv.fr. Il montre les ventes réelles autour du bien : adresse, surface, prix, date. C'est la base de comparaison que l'administration elle-même utilise. Il ne couvre ni l'Alsace, ni la Moselle, ni Mayotte.
  2. Un avis de valeur d'un agent immobilier ou du service immobilier d'un notaire. Il tient compte de l'état réel du bien, que les chiffres bruts ne montrent pas.
  3. Une estimation en ligne, comme notre estimation immobilière, pour situer un ordre de grandeur avant d'en parler au notaire.

Gardez une trace de votre travail : les ventes comparables retenues, les photos de l'état du bien, les devis de travaux. Ce dossier justifie votre valeur en cas de question du fisc.

Exemple. Une maison de 110 m² à rénover, à Bourges. Les ventes de maisons comparables du quartier se situent entre 1 600 et 1 900 € le m². La toiture est à refaire, avec un devis de 25 000 €. Les héritiers retiennent 1 650 € le m², soit 181 500 €, et joignent le devis au dossier. La valeur est basse, mais elle est justifiée.

Que risque‑t‑on en sous-estimant la maison ?

Deux choses : un redressement, puis un impôt plus lourd à la revente.

Le redressement. L'administration peut contrôler la déclaration. Si elle retient une valeur plus élevée, elle réclame les droits manquants. Des intérêts de retard s'ajoutent, et une majoration peut s'appliquer, plus forte si l'erreur est jugée volontaire. Tous les héritiers restent solidaires de ce paiement.

La plus-value à la revente. Quand vous vendez une maison héritée qui n'est pas votre résidence principale, la plus-value est imposable, sauf exonération. Son point de départ est la valeur déclarée dans la succession.

Valeur déclaréePrix de vente un an aprèsPlus-value brute
250 000 € (valeur juste)260 000 €10 000 €
200 000 € (sous-estimée de 20 %)260 000 €60 000 €

Avant la sixième année de détention, la plus-value ne bénéficie d'aucun abattement pour durée de détention. L'économie faite sur les droits est donc souvent reprise, et au-delà, par l'impôt sur la plus-value. Simulez les deux avec le calcul des droits de succession et le calcul de la plus-value.

Et une surestimation ?

Elle fait payer plus de droits de succession tout de suite. En échange, elle réduit la plus-value future. Pour un enfant unique qui hérite d'une maison de 150 000 €, l'abattement de 100 000 € absorbe une grande partie de la valeur. Une estimation juste, ni basse ni gonflée, reste la seule position solide.

Les cas particuliers

  • Maison vendue juste après le décès. Le prix de vente est le meilleur indicateur de la valeur. Un écart important avec la valeur déclarée attire l'attention. Voir vendre une maison héritée.
  • Bien loué. Un logement occupé par un locataire se vend en général à un prix plus bas qu'un logement libre. Signalez le bail au notaire pour qu'il en tienne compte.
  • Bien en mauvais état ou inhabitable. Rassemblez des preuves datées : photos, diagnostics, devis.
  • Désaccord entre héritiers sur la valeur. Elle compte aussi pour le partage et la soulte (la somme versée par celui qui garde le bien). Une expertise indépendante peut trancher. Le calcul de la soulte aide à chiffrer un rachat.
  • Héritier exonéré. Le conjoint ou le partenaire de Pacs ne paie pas de droits, mais la valeur déclarée fixera sa plus-value future.

La valeur à déclarer engage les héritiers devant le fisc. Pour un bien important ou difficile à évaluer, faites‑vous accompagner par le notaire chargé de la succession ou un expert immobilier.

À lire aussi : maison en héritage : vendre, louer ou garder ? et succession et notaire : quand est‑il obligatoire ?.

Ce qu'il faut retenir

  • On déclare la valeur de marché au jour du décès.
  • Les ventes réelles publiées sur impots.gouv.fr sont la base de comparaison gratuite.
  • Une sous-estimation expose à un redressement et alourdit la plus-value à la revente.
  • Gardez les preuves de votre estimation : ventes comparables, photos, devis.
  • Les meubles s'ajoutent pour 5 % sans inventaire.

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Questions fréquentes

Le notaire est‑il obligé de faire estimer la maison par un expert ?

Non. Aucune expertise n'est imposée. Les héritiers proposent une valeur, souvent avec l'aide du notaire, d'un agent immobilier ou des ventes publiées par l'administration. Ils restent responsables de cette valeur devant le fisc, même si le notaire remplit la déclaration.

Faut‑il déclarer les meubles de la maison en plus ?

Oui. Sans inventaire fait par un notaire, les meubles sont comptés pour 5 % de la valeur des autres biens de la succession. Un inventaire peut retenir une valeur plus basse quand le mobilier vaut peu, mais il a un coût.

Si la maison se vend plus cher que la valeur déclarée, faut‑il corriger la déclaration ?

Un écart important peu après le décès doit vous alerter : le prix de vente montre la valeur du marché. Parlez-en au notaire : il vous dira s'il vaut mieux corriger la valeur déclarée.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plus

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