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Fiscalité · 7 min de lecture

Amortissement en LMNP : comment il se calcule, sa limite, et ce qu'il coûte à la revente depuis 2025

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

En location meublée au régime réel, l'amortissement vous permet de déduire chaque année une part du prix du logement (sans le terrain) et des meubles. Il réduit souvent à zéro l'impôt sur les loyers. Mais il ne peut pas créer de perte : le surplus se reporte sur les années suivantes (article 39 C du code général des impôts). En contrepartie, pour les ventes faites depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits augmentent la plus-value imposable, sauf dans les résidences étudiantes, seniors et médico-sociales.

Qu'est‑ce que l'amortissement en LMNP ?

L'amortissement, c'est la part de la valeur du bien qui s'use chaque année. Le LMNP, ou loueur en meublé non professionnel, est le statut de la plupart des particuliers qui louent meublé. Au régime réel, cette usure est traitée comme une charge : vous la déduisez de vos loyers. Pourtant, vous ne la payez pas dans l'année.

L'amortissement n'existe pas au micro-BIC, le régime simple. Là, l'administration retire d'office 50 % ou 30 % de vos recettes, à la place de toutes les charges. Pour choisir entre les deux régimes, voir micro-BIC ou réel.

Vous pouvez amortir :

  • le bâtiment, c'est-à-dire le prix d'achat moins la valeur du terrain, qui ne s'amortit jamais ;
  • les meubles et l'équipement : literie, électroménager, vaisselle ;
  • les travaux d'amélioration ou d'agrandissement : ils s'ajoutent au bien au lieu d'être déduits en une seule fois.

Comment calculer l'amortissement ?

On découpe le bâtiment en grandes parties, qui ne s'usent pas au même rythme : c'est l'amortissement par composants. Chaque partie est amortie sur sa propre durée. Aucun texte ne fixe de barème. Les durées ci-dessous sont des hypothèses courantes, celles du simulateur LMNP. Votre comptable les adapte à votre bien.

ÉlémentPart du bâti (hypothèse)Durée (hypothèse)Taux annuel
Gros œuvre60 %50 ans2 %
Toiture, façades, installations techniques25 %25 ans4 %
Agencements intérieurs15 %15 ans6,7 %
MobilierPrix des meubles7 ans14,3 %
TravauxMontant des travaux15 ans6,7 %

Le gros œuvre, ce sont les murs, les planchers et la structure. Les agencements, ce sont les cloisons, la cuisine, les revêtements.

Exemple : Sylvie achète un deux-pièces 180 000 €. La valeur du terrain est estimée à 15 % du prix. Elle le meuble pour 6 000 €. Le bâtiment à amortir vaut donc 153 000 € :

  • gros œuvre : 91 800 € sur 50 ans, soit 1 836 € par an ;
  • toiture, façades, installations : 38 250 € sur 25 ans, soit 1 530 € par an ;
  • agencements : 22 950 € sur 15 ans, soit 1 530 € par an ;
  • mobilier : 6 000 € sur 7 ans, soit 857 € par an.

Sylvie peut amortir environ 5 750 € par an, tant que les meubles ne sont pas entièrement amortis. Le tableau d'amortissement, établi partie par partie, fait partie de la comptabilité du réel.

La limite : l'amortissement ne crée pas de déficit

L'amortissement peut ramener votre résultat à zéro, jamais en dessous. Pour un particulier, il ne se déduit que dans la limite des loyers, moins les autres charges du bien.

La part non déduite n'est pas perdue. Elle se reporte sur les années suivantes, dans les mêmes limites. La loi ne fixe pas de durée maximale à ce report.

Exemple (suite) : le logement de Sylvie rapporte 9 000 € de loyers par an. Ses charges et ses intérêts s'élèvent à 4 500 €. Il reste 4 500 € avant amortissement. Sylvie ne déduit donc que 4 500 € d'amortissement, et son résultat imposable est nul. Environ 1 250 € sont mis en réserve pour plus tard.

Vos charges elles-mêmes peuvent créer un déficit, par exemple les intérêts ou des travaux d'entretien. Ce déficit ne réduit que vos revenus de location meublée non professionnelle, pendant 10 ans (fiche F32744 de Service-Public).

Que devient l'amortissement à la revente ?

Depuis le 15 février 2025, les amortissements que vous avez déduits augmentent votre plus-value, donc votre impôt à la revente. La plus-value est votre gain : le prix de vente moins le prix d'achat. Le prix d'achat est augmenté des frais d'achat et de certains travaux.

Le loueur en meublé non professionnel qui vend suit les règles des plus-values des particuliers. Son gain est réduit selon la durée de détention : ce sont les « abattements » (fiche F10864).

La loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, article 84) a changé le calcul. Pour les ventes faites à partir du 15 février 2025, on retire du prix d'achat les amortissements déduits pendant la location (article 150 VB du code général des impôts). Le gain imposable est donc plus grand. Trois points comptent :

  • seuls les amortissements vraiment déduits sont retirés, pas ceux restés en réserve ;
  • la règle vise les ventes faites depuis cette date, quelle que soit la date d'achat ;
  • certains logements y échappent : ceux des résidences pour étudiants, pour jeunes en formation ou pour personnes de plus de 65 ans, et des établissements sociaux et médico-sociaux, comme les EHPAD. Voir investir en EHPAD ou en résidence services.

La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 47) va plus loin. Elle applique la même règle aux amortissements du nouveau statut du bailleur privé, en location vide. Voir le statut du bailleur privé.

Exemple de revente

Exemple : Alain a acheté un appartement 200 000 € en 2016. Il a payé 15 000 € de frais de notaire, justifiés et non déduits des loyers. Il le revend 230 000 € en 2026, après dix ans de détention. Pendant ces dix ans, il a déduit 50 000 € d'amortissements du bâtiment. L'exemple retient les frais réels, et aucun forfait pour travaux.

Règle applicable avant le 15 février 2025Règle applicable depuis le 15 février 2025
Prix d'acquisition retenu215 000 €215 000 − 50 000 = 165 000 €
Plus-value brute15 000 €65 000 €
Après abattement de 30 % (impôt sur le revenu, 10 ans)10 500 €45 500 €
Impôt à 19 %1 995 €8 645 €
Prélèvements sociaux (abattement de 8,25 %, taux de 17,2 %)2 367 €10 258 €
Total4 362 €18 903 €

Ici, la nouvelle règle coûte environ 14 500 € de plus à Alain lors de la revente. Il faut comparer ce montant aux impôts économisés pendant dix ans grâce à l'amortissement. Plus vous revendez tard, plus les abattements pour durée de détention réduisent cet effet. Vous ne payez plus d'impôt sur le revenu sur la plus-value après 22 ans, ni de prélèvements sociaux après 30 ans. Le calcul de la plus-value refait ce chiffrage pour votre cas.

Les cas particuliers

  • Loueur professionnel (LMP). Ses plus-values suivent les règles des plus-values professionnelles, qui traitent les amortissements autrement. Un expert-comptable est indispensable.
  • Passage du réel au micro-BIC. Les amortissements déjà déduits comptent toujours à la revente. Les années passées au micro-BIC n'en ajoutent pas.
  • Donation ou succession. La règle concerne le calcul du gain lors d'une vente. Si vous héritez ou recevez le bien, puis le revendez, demandez au notaire quel prix d'achat retenir.
  • Travaux déjà déduits. Des travaux déjà pris en compte pour l'impôt sur les loyers, en charge ou par l'amortissement, ne s'ajoutent pas au prix d'achat pour réduire la plus-value.
  • Bien détenu par une société soumise à l'impôt sur les sociétés. Ce n'est plus du LMNP : la société suit ses propres règles d'amortissement et de plus-value. Le comparatif SCI à l'IR ou à l'IS en donne les grandes lignes.

Vos choix comptables vous engagent pendant des années et pèsent sur la revente : part du terrain, découpage par parties, durées. Faites établir le tableau d'amortissement par un expert-comptable. Avant de vendre, demandez au notaire le calcul de la plus-value. I Love Immo ne joue aucun de ces rôles.

À lire aussi : LMNP : conditions et plafond de recettes, amortir un bien immobilier : qui peut le faire et location meublée : quels avantages fiscaux réels.

Ce qu'il faut retenir

  • L'amortissement n'existe qu'au régime réel. Il porte sur le bâtiment sans le terrain, les meubles et les travaux.
  • Il n'y a pas de barème officiel : votre comptable fixe les durées de chaque partie selon le bien.
  • Il ne crée jamais de perte. La part non déduite se reporte, sans limite de durée.
  • Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits augmentent la plus-value à la revente. Les résidences étudiantes, seniors et médico-sociales font exception.
  • Avant de choisir le réel, comparez l'impôt économisé pendant la location avec le surcoût à la revente.

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LMNP 2026 : simulateur micro-BIC ou réel avec amortissement

Micro-BIC ou réel avec amortissement : l'impôt de votre meublé, la 1re année et jusqu'à la revente.

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Questions fréquentes

Sur combien d'années amortit‑on un appartement en LMNP ?

Aucun barème officiel ne fixe la durée : elle correspond au temps pendant lequel chaque élément sert. En pratique, on amortit souvent le bâtiment par parties sur 15 à 50 ans, et les meubles sur 7 ans. Notre simulateur reprend ces hypothèses. Votre expert-comptable fixe les durées selon votre bien.

L'amortissement non utilisé est‑il perdu ?

Non. Vous n'avez pas toujours assez de bénéfice pour déduire tout l'amortissement. La part restante se reporte sur les années suivantes, dans les mêmes limites. La loi ne fixe pas de durée maximale à ce report (article 39 C du code général des impôts).

La réintégration des amortissements s'applique‑t‑elle à un bien acheté avant 2025 ?

Oui. Ce qui compte, c'est la date de la vente, pas celle de l'achat. Toute vente faite depuis le 15 février 2025 est concernée, pour les amortissements déduits pendant toute la location. Certaines résidences font exception : résidences étudiantes, seniors et établissements médico-sociaux.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

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Sources vérifiées le 16 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

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