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Fiscalité · 7 min de lecture

Charges déductibles en LMNP : ce que vous déduisez au réel, ce qui s'amortit, ce qui ne passe jamais

Mis à jour le 19 octobre 2026

La réponse en bref

En location meublée non professionnelle (LMNP), vous ne déduisez vos charges qu'au régime réel. Au micro-BIC, le régime simple, un abattement forfaitaire de 50 % ou 30 % les remplace toutes. Au réel, il n'existe pas de liste officielle : toute dépense faite pour la location, payée, justifiée et rattachée à la bonne année comptable se déduit (impots.gouv.fr). Le logement, le mobilier et les gros travaux s'amortissent : vous les déduisez par fractions, sans pouvoir créer de déficit (article 39 C du Code général des impôts).

Micro-BIC ou réel : où les charges comptent‑elles ?

Les charges ne comptent qu'au régime réel. Au micro-BIC, vous déclarez vos recettes brutes, et l'administration retire elle-même un abattement forfaitaire. Aucune charge ne s'y ajoute, même si vous avez payé de gros frais dans l'année.

Le régime réel vous demande de tenir une comptabilité. Vous remplissez aussi la liasse 2031, le dossier de déclaration des loueurs au réel. Voir les formulaires du LMNP au réel.

On parle parfois de « charges déductibles des revenus fonciers » pour un meublé. C'est un abus de langage. Les loyers d'un meublé ne sont pas des revenus fonciers. Ce sont des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), c'est-à-dire des revenus d'activité commerciale. Les règles de la location vide, avec leur liste fermée de charges, ne s'appliquent donc pas. Elles sont décrites dans les charges déductibles des revenus fonciers.

Les trois conditions d'une charge déductible

Une dépense se déduit si elle remplit trois conditions. L'administration fiscale (la DGFiP) applique en effet aux loueurs en meublé au réel les règles générales des BIC. La dépense doit :

  1. être faite dans l'intérêt direct de la location, ou relever de sa gestion normale ;
  2. correspondre à une charge réelle, prouvée par des justificatifs : factures, avis d'imposition, relevés du syndic, contrats ;
  3. se rattacher à l'exercice où elle a été engagée, c'est-à-dire à l'année comptable concernée.

Une conséquence en découle : vous déclarez vos recettes charges comprises. Ce que le locataire vous rembourse pour les charges entre dans vos recettes. Ce que vous payez se déduit ensuite.

La liste des charges courantes

Voici les charges les plus fréquentes au régime réel. La cotisation foncière des entreprises (CFE) y figure : c'est l'impôt local dû par les activités, location meublée comprise.

ChargeAu réelÀ savoir
Intérêts d'emprunt, assurance emprunteur, frais de dossier et de garantieDéductiblesLe capital remboursé ne se déduit jamais
Taxe foncière, taxe d'ordures ménagères compriseDéductibleLa part refacturée au locataire figure aussi dans les recettes
Cotisation foncière des entreprises (CFE)DéductibleExonération possible si les recettes ne dépassent pas 5 000 €
Charges de copropriétéDéductiblesY compris la part refacturée, comptée en recettes
Assurances : propriétaire non occupant, loyers impayésDéductibles
Frais de gestion, d'agence, de plateforme ou de conciergerieDéductiblesSur facture ou relevé de la plateforme
Honoraires de l'expert-comptableDéductibles
Entretien et petites réparationsDéductiblesSi la dépense ne fait que maintenir le bien en état
Eau, électricité, internet, linge, ménage payés par vousDéductiblesFréquents en location saisonnière
Diagnostics obligatoires (DPE, état des risques…)DéductiblesLiés à la mise en location
Frais d'acquisition (notaire, droits de mutation, agence)Au choix : charge immédiate ou amortissementOption irrévocable, voir plus bas

Sources : impots.gouv.fr (régimes d'imposition et questions sur la location meublée) et dépliant de la DGFiP sur les loueurs en meublé non professionnels (mars 2026). Ce tableau n'est pas limitatif. Une autre dépense peut se déduire si elle remplit les trois conditions.

Ce qui s'amortit au lieu de se déduire

Les dépenses qui créent ou améliorent un bien durable ne se déduisent pas l'année du paiement. Elles s'inscrivent à l'actif, c'est-à-dire dans la liste des biens de votre activité de location. Vous les amortissez : vous en déduisez une fraction chaque année. C'est le cas :

  • du prix du logement, hors valeur du terrain, qui ne s'amortit jamais ;
  • du mobilier et de l'équipement : literie, électroménager, canapé, télévision ;
  • des travaux d'amélioration, de rénovation lourde ou d'agrandissement, qui augmentent la valeur ou la durée de vie du bien.

La frontière entre entretien et amélioration se décide au cas par cas. L'entretien se déduit tout de suite, l'amélioration s'amortit. Repeindre un mur, c'est de l'entretien. Refaire une cuisine relève de l'amortissement.

L'amortissement suit sa propre règle. Il ne peut pas dépasser les loyers diminués des autres charges. La part non déduite se reporte sur les années suivantes, sans limite de durée (article 39 C). Le calcul est détaillé dans l'amortissement en LMNP.

Les frais d'achat : déduire ou amortir ?

Pour les frais d'achat du logement, vous avez le choix. Ces frais comprennent les droits de mutation, c'est-à-dire les taxes payées lors de la vente. S'y ajoutent les honoraires du notaire, les frais d'acte et la commission d'agence payée par l'acheteur.

Vous pouvez soit les déduire immédiatement en charges, soit les ajouter au coût du bien pour les amortir avec lui. Ce choix est prévu par l'annexe III au Code général des impôts (article 38 quinquies). Il est commenté au BOFiP, la doctrine officielle de l'administration fiscale.

Votre choix résulte simplement de la façon dont vous comptabilisez ces frais. Il est irrévocable et vaut pour tous les biens inscrits à l'actif. Déduire les frais d'un coup peut créer un déficit la première année. Ce déficit s'impute sur les bénéfices de location meublée des dix années suivantes. Les amortir étale la déduction sur la durée de vie du bâtiment. Pour comparer avec la location vide, où ces frais ne se déduisent pas, voir les frais de notaire et l'impôt.

Exemple : un deux-pièces meublé loué à l'année

Exemple : Claire loue un deux-pièces meublé 900 € par mois, charges comprises. Elle encaisse donc 10 800 € de recettes en 2026. Voici ses charges de l'année.

ChargeMontant
Intérêts et assurance de l'emprunt2 400 €
Taxe foncière850 €
Charges de copropriété1 200 €
Assurance propriétaire non occupant150 €
CFE250 €
Honoraires comptables480 €
Entretien et petites réparations400 €
Internet fourni au locataire360 €
Total6 090 €

Son résultat avant amortissement est de 10 800 − 6 090 = 4 710 €. Son amortissement calculé pour l'année atteint 5 600 €. Seuls 4 710 € sont déduits, et son résultat imposable est nul. Les 890 € d'amortissement restants sont mis en réserve pour les années suivantes.

Au micro-BIC, Claire aurait été imposée sur 5 400 €, soit la moitié des recettes. Elle aurait payé, en plus de l'impôt, 18,6 % de prélèvements sociaux, le taux applicable depuis les revenus de 2025. Le simulateur LMNP refait ce calcul avec vos chiffres.

Ce qui ne se déduit jamais

Certaines dépenses ne se déduisent dans aucun cas :

  • le remboursement du capital de l'emprunt ;
  • les dépenses personnelles sans lien avec la location, et la valeur de votre propre travail ;
  • les charges des périodes où vous occupez le logement. Pour une résidence secondaire louée une partie de l'année, seules les charges de la période louée se déduisent, ou une part calculée au prorata ;
  • les amendes et pénalités.

Attention aussi à l'inscription du logement à l'actif. Sans elle, vous ne déduisez qu'une partie des frais de gestion, au prorata de la durée réelle de location, précise la DGFiP. Cette inscription se fait au bilan ou sur le tableau 2033-C. Elle conditionne donc à la fois l'amortissement et la déduction complète des charges liées à la propriété.

Les cas particuliers

  • Déficit. Un déficit dû aux charges, et non à l'amortissement, ne s'impute que sur vos bénéfices de location meublée non professionnelle. Il compte sur l'année et les dix années suivantes, jamais sur vos salaires ou pensions.
  • Location saisonnière. Le ménage, le linge, les consommables et les commissions de plateforme sont souvent les plus gros postes. Voir les impôts d'une location Airbnb.
  • Loueur professionnel. Les charges se déduisent de la même façon. En revanche, le déficit s'impute sur le revenu global, c'est-à-dire sur l'ensemble de vos revenus. Voir les conditions du LMNP.
  • Résidence avec services. L'exploitant prend souvent des charges à son compte, selon le bail commercial. Seules celles qui restent à votre charge se déduisent. Voir investir en résidence services.
  • Réduction Censi-Bouvard en cours. Cette réduction d'impôt visait les achats en résidence avec services. La part du prix qui a servi à la calculer ne peut pas être amortie.

Classer une dépense en charge ou en bien amortissable engage votre comptabilité pour des années. Faites établir la liasse par un expert-comptable, ou faites-lui valider vos choix. I Love Immo n'en est pas un.

À lire aussi : amortir un bien immobilier : qui peut le faire, intérêts d'emprunt : déductibles des loyers ? et location meublée : quels avantages fiscaux réels.

Ce qu'il faut retenir

  • Les charges ne se déduisent qu'au régime réel. Au micro-BIC, l'abattement forfaitaire les remplace.
  • Au réel, toute dépense faite pour la location, payée, justifiée et rattachée à la bonne année se déduit.
  • Vous déclarez vos recettes charges comprises, et toutes les charges payées, même refacturées, se déduisent.
  • Le logement hors terrain, le mobilier et les gros travaux s'amortissent. L'amortissement ne crée pas de déficit.
  • Les frais d'achat se déduisent la première année ou s'amortissent : ce choix est irrévocable.

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Micro-BIC ou réel avec amortissement : l'impôt de votre meublé, la 1re année et jusqu'à la revente.

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Questions fréquentes

La taxe foncière est‑elle déductible en LMNP ?

Oui, au régime réel, comme toute charge payée pour la location. Au micro-BIC, en revanche, rien ne se déduit. L'abattement de 50 % ou 30 % couvre déjà, de façon forfaitaire, la taxe foncière et toutes les autres charges.

Les meubles achetés pour un LMNP se déduisent‑ils l'année de l'achat ?

En général, non. Le mobilier et l'équipement sont des biens durables : ils s'inscrivent à l'actif et s'amortissent sur leur durée d'utilisation. Seules les petites dépenses courantes, comme le linge ou les fournitures, passent directement en charges. Votre comptable fixe la frontière selon le bien acheté.

Les commissions de la plateforme ou de l'agence sont‑elles déductibles ?

Oui, au régime réel. Les frais de gestion, les commissions de plateforme et les honoraires de conciergerie ou d'agence servent la location. Ils se déduisent sur justificatifs. Au micro-BIC, vous n'avez rien à déduire : l'abattement les couvre déjà.

Pourquoi déclarer les loyers charges comprises en meublé ?

Parce que l'administration fiscale demande de déclarer toutes les sommes reçues : les loyers et les charges facturées au locataire. Au réel, les charges que vous payez, y compris celles que vous refacturez, se déduisent ensuite dans votre comptabilité. C'est une différence avec la location vide, où les charges récupérables restent en dehors du calcul.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plus

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