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Gestion locative · 7 min de lecture

Acheter un local commercial pour le louer : bail, charges, impôt et pièges à éviter

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Un particulier peut acheter les murs d'un commerce et les louer par un bail commercial d'au moins 9 ans, que le locataire peut quitter tous les trois ans. Si vous refusez de renouveler ce bail à sa fin, vous devez en principe verser au locataire une indemnité d'éviction (article L145-14 du code de commerce). Le bail peut lui faire payer la taxe foncière, jamais les grosses réparations. Les loyers sont des revenus fonciers, et l'achat ne donne pas droit au délai de rétractation de 10 jours, réservé aux logements.

Ce qui distingue un local commercial d'un logement

Un local commercial engage plus longtemps qu'un logement, avec moins de liberté pour le bailleur. En contrepartie, le locataire peut payer davantage de charges. Le tableau compare les deux :

Point de comparaisonLocal commercialLogement loué nu
ContratBail commercial du code de commerceBail de la loi du 6 juillet 1989
Durée9 ans au moins3 ans au moins pour un bailleur particulier
Départ du locataireTous les 3 ans, avec 6 mois de préavisÀ tout moment, avec 1 ou 3 mois de préavis
Fin de bailRefus de renouveler : indemnité d'éviction en principeCongé pour vendre, habiter ou motif légitime
ChargesLarges, dont la taxe foncière si le bail le prévoitLimitées à la liste des charges récupérables
DPE et décencePas de calendrier d'interdiction de louerClasses F et G progressivement exclues
ReventeDroit de préférence du locataire, sauf exceptionsPas de priorité du locataire si le logement est vendu occupé
Rétractation à l'achatAucune10 jours pour un acquéreur non professionnel

Le bail commercial, ce qu'il vous impose

Une durée longue. Le bail dure au moins 9 ans. Le locataire peut partir à la fin de chaque période de trois ans, avec un préavis d'au moins six mois. Vous, bailleur, ne pouvez le faire que dans des cas précis : reconstruire, surélever ou réaliser certains travaux prévus par la loi (article L145-4 du code de commerce). Le contrat peut prévoir d'autres règles pour un bail de plus de 9 ans, pour des bureaux ou pour des locaux de stockage.

Un renouvellement protégé. À la fin du bail, vous pouvez refuser de le renouveler. Vous devez alors payer au locataire une indemnité d'éviction, qui répare le tort que vous lui causez. Elle comprend en principe la valeur de son fonds de commerce, c'est-à-dire sa clientèle et son activité. Elle couvre aussi ses frais de déménagement et de réinstallation. La loi prévoit quelques exceptions, par exemple un motif grave et légitime reproché au locataire. Acheter un local en pensant le récupérer vide rapidement est donc rarement réaliste.

Une solution plus courte. Quand le locataire entre dans les lieux, vous pouvez signer avec lui un bail dérogatoire, c'est-à-dire un bail court qui échappe aux règles du bail commercial. Il dure trois ans au plus, au total. Attention : si le locataire reste plus d'un mois après la fin sans que vous vous y opposiez, il passe sous le régime du bail commercial.

Ce qui a changé en 2026. La loi du 26 mai 2026 a modifié le bail des locaux de commerce et d'artisanat, pas celui des bureaux. Le locataire peut exiger de payer son loyer chaque mois. Le dépôt de garantie ne peut plus dépasser un trimestre de loyer pour un bail signé ou renouvelé depuis cette date. Il doit être rendu en trois mois au plus après la remise des clés. Le détail est dans le bail commercial 3-6-9 et le dépôt de garantie d'un bail commercial.

Les charges : ce que le locataire peut payer, ce qui reste pour vous

Le bail répartit les charges, mais le code de commerce fixe des limites (article R145-35). Vous ne pouvez pas refacturer au locataire :

  • les grosses réparations, comme les gros murs, les voûtes ou la toiture entière, ni les travaux de vétusté ou de mise aux normes qui en font partie ;
  • les impôts que vous devez en tant que propriétaire, sauf la taxe foncière et les taxes qui s'y ajoutent : celles-là peuvent être mises à la charge du locataire ;
  • vos frais de gestion du loyer ;
  • dans un ensemble de plusieurs locaux, les charges des locaux vides ou celles qui concernent d'autres locataires.

Chaque année, vous envoyez au locataire un récapitulatif des charges. La date limite est le 30 septembre de l'année suivante. Dans un immeuble en copropriété, le délai est de trois mois après l'arrêté annuel des comptes de la copropriété.

Exemple : Philippe achète 150 000 € les murs d'une boutique louée 1 000 € par mois hors charges. Son rendement brut est de 8 % par an. Le bail refacture la taxe foncière au locataire. Cinq ans plus tard, la toiture doit être refaite. Ce sont des grosses réparations : elles restent pour Philippe. Prévoyez donc une réserve, et faites expertiser l'état du bâtiment avant d'acheter.

Comment les loyers sont‑ils imposés ?

Les loyers d'un local nu, loué sans le commerce lui-même, sont des revenus fonciers. Deux régimes existent (BOFiP, BOI-RFPI-CHAMP-10-30) :

  • le micro-foncier, le régime simple où l'on ne déduit pas ses charges réelles, jusqu'à 15 000 € de loyers bruts par an pour le foyer ;
  • le régime réel, où vous déduisez vos charges réelles, au-delà de ce seuil ou si vous le choisissez.

Si vous louez aussi le fonds de commerce, avec sa clientèle et ses équipements, tous les revenus sont imposés comme des bénéfices commerciaux (BIC).

La location d'un local nu est en principe sans TVA. Vous pouvez choisir d'y soumettre vos loyers. Ce choix permet notamment de récupérer la TVA payée sur l'achat ou les travaux, mais il vous engage. Faites ce choix avec un expert-comptable ou un conseiller fiscal, comme celui d'acheter en votre nom ou en société. Notre outil de rentabilité locative calcule le rendement net, en location nue.

Les frais d'achat et la promesse

Les droits de mutation, la plus grosse part des « frais de notaire », se calculent au taux normal du département pour un local ancien. Une exception évite aux primo-accédants la hausse temporaire de ce taux. Elle ne vise que l'achat de leur résidence principale : elle ne concerne pas un local commercial. Notre calcul des frais de notaire donne un ordre de grandeur selon le département.

Il n'y a pas de délai de rétractation. Celui de 10 jours ne concerne que l'achat d'un logement (article L271-1 du code de la construction et de l'habitation). Votre protection doit donc être écrite dans l'offre et dans la promesse.

Concrètement, faites-y figurer :

  1. une condition suspensive de prêt, qui annule la vente si votre banque refuse le crédit ;
  2. la copie du bail en cours ;
  3. le montant du loyer et des charges ;
  4. l'état des loyers impayés, s'il y en a.

Notre modèle d'offre d'achat, conçu pour un logement, vous en donne la structure.

Demandez aussi les diagnostics du local, qui ne sont pas les mêmes que pour un logement. Voyez les diagnostics d'un local commercial.

Les cas particuliers

  • Revendre le local. Votre locataire exploite un commerce ou un atelier d'artisan ? Il a un droit de préférence : vous devez d'abord lui proposer la vente, avec le prix. Il a un mois pour accepter, puis deux mois pour signer, quatre s'il emprunte. Depuis la loi du 26 mai 2026, ce droit vise les locaux de commerce de détail ou de gros, de services commerciaux et d'artisanat, réserves comprises. Il ne s'applique pas aux bureaux seuls, aux entrepôts, ni à une vente à votre conjoint, vos parents ou vos enfants.
  • Transformer le local en logement. C'est un changement de destination, avec une autorisation d'urbanisme et, en copropriété, l'accord du règlement ou de l'assemblée : voyez le changement de destination d'un local.
  • Local vide à l'achat. Le prix est souvent plus accessible. Mais c'est vous qui cherchez le locataire et qui supportez les mois sans loyer, parfois longs pour un commerce.
  • Un box ou un parking. Ce n'est pas un local commercial : le contrat est libre, mais la TVA se pose autrement. Voyez investir dans un parking ou un garage.
  • Achat en SCI. Plusieurs personnes peuvent acheter ensemble par une société civile immobilière, qui loue ensuite le local nu.

I Love Immo n'est ni notaire ni avocat. Pour rédiger un bail ou analyser un bail en cours, consultez un professionnel des baux commerciaux.

À lire aussi : investir en nue-propriété : fonctionnement et premier investissement locatif : les étapes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le bail commercial dure au moins 9 ans. Le locataire peut partir tous les trois ans, vous presque jamais.
  • Refuser le renouvellement coûte en principe une indemnité d'éviction.
  • La taxe foncière peut être refacturée si le bail le prévoit. Les grosses réparations restent au bailleur.
  • Les loyers d'un local nu sont des revenus fonciers, en principe sans TVA.
  • Pas de rétractation de 10 jours : écrivez vos conditions suspensives dans l'offre et la promesse.

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Questions fréquentes

Un particulier peut‑il acheter un local commercial ?

Oui. Aucune règle ne réserve l'achat des murs d'un commerce aux professionnels. Vous pouvez l'acheter seul, à plusieurs ou par une société civile immobilière (SCI), puis le louer par un bail commercial. Les loyers d'un local nu, c'est-à-dire loué sans le commerce lui-même, sont alors des revenus fonciers.

Le délai de rétractation de 10 jours s'applique‑t‑il à un local commercial ?

Non. Ce délai est réservé à l'acheteur non professionnel d'un logement (article L271-1 du code de la construction et de l'habitation). Pour un local commercial, la promesse vous engage dès sa signature. Seules les conditions suspensives qu'elle prévoit, comme l'obtention du prêt, peuvent vous libérer.

La taxe foncière d'un local commercial peut‑elle être payée par le locataire ?

Oui, si le bail le prévoit. Le code de commerce permet de refacturer au locataire la taxe foncière et les taxes qui s'y ajoutent. Le bailleur ne peut pas lui refacturer les grosses réparations, ni ses propres frais de gestion du loyer.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plus

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Sources vérifiées le 17 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (8)vérifiées le 17 octobre 2026

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