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Gestion locative · 4 min de lecture

Votre locataire ne part pas malgré le congé : vérifier, relancer, puis saisir le juge

Mis à jour le 18 octobre 2026

La réponse en bref

Si votre congé était valable, le locataire perd tout droit d'occuper le logement à la date de fin du préavis. Mais vous ne pouvez pas le faire sortir vous-même. Il faut demander au juge des contentieux de la protection de valider le congé et d'ordonner l'expulsion. Le locataire aura ensuite, en principe, 2 mois après un commandement de quitter les lieux, et l'expulsion est impossible pendant la trêve hivernale.

D'abord : votre congé était‑il valable ?

Avant toute démarche, relisez votre congé. Le juge le vérifiera, et le locataire peut le contester. Un congé est souvent annulé pour l'une de ces raisons :

  • un motif absent, ou une mention obligatoire manquante (prix, bénéficiaire de la reprise) ;
  • une lettre reçue moins de 6 mois avant la fin du bail en vide, moins de 3 mois en meublé ;
  • une lettre envoyée à un seul des deux époux, ou par simple courrier ;
  • un locataire protégé par son âge et ses ressources, sans relogement proposé ;
  • un motif de vente ou de reprise qui paraît inventé.

Si le congé n'était pas valable, le bail a été reconduit. Le locataire est dans son droit en restant. Vous devrez donner un nouveau congé pour l'échéance suivante : voir le congé donné par le bailleur.

Les étapes pour récupérer le logement

ÉtapeQui agitDélai
1. Lettre de rappel ou de mise en demeureVous, en recommandéDès la date d'effet du congé
2. Tentative de conciliationConciliateur de justice, gratuitFacultative, mais souvent utile
3. Assignation devant le jugeCommissaire de justiceLe juge valide le congé et ordonne l'expulsion
4. Commandement de quitter les lieuxCommissaire de justice, après le jugementAu moins 2 mois avant l'expulsion, sauf exceptions
5. ExpulsionCommissaire de justice, avec la police si besoinJamais du 1er novembre au 31 mars, sauf exceptions

Dans l'assignation, demandez aussi le paiement d'une indemnité d'occupation à partir de la date d'effet du congé. Le loyer n'est plus dû, mais l'occupant doit payer l'usage du logement.

Le juge peut accorder des délais au locataire, entre un mois et un an, s'il ne peut pas se reloger dans des conditions normales. Il tient compte de son âge, de sa santé, de sa situation familiale et de ses efforts pour trouver un logement.

Exemple. M. Girard a donné congé pour reprise, reçu le 10 février, pour un bail se terminant le 31 août 2026. Le 1er septembre, la locataire est toujours là. Il lui écrit en recommandé, puis l'assigne en octobre. Le jugement est rendu début décembre. Avec la trêve hivernale, l'expulsion ne pourra pas avoir lieu avant avril 2027, sauf départ volontaire.

Les étapes après le jugement sont détaillées dans l'expulsion d'un locataire. Le coût des actes est expliqué dans le rôle et le coût du commissaire de justice.

Ce que vous ne devez jamais faire

Même face à un locataire de mauvaise foi, ne vous faites pas justice vous-même :

  • changer la serrure ou bloquer l'accès ;
  • couper l'eau, l'électricité ou le chauffage ;
  • sortir ses meubles ou entrer sans son accord ;
  • le menacer ou le harceler pour qu'il parte.

Ces gestes sont punis par la loi pénale, même si vous êtes dans votre droit sur le fond. Ils peuvent aussi vous faire perdre le procès.

Les cas particuliers

  • Le locataire a demandé à rester un peu. Un accord écrit et daté, avec une date de départ ferme, évite un procès. Précisez que c'est une tolérance et non un nouveau bail.
  • Le locataire a accepté d'acheter. S'il a accepté l'offre de vente, le bail est prolongé jusqu'à la date limite de la vente. S'il ne signe pas à temps, il perd son droit d'occuper.
  • Trêve hivernale. L'expulsion est suspendue chaque année du 1er novembre au 31 mars : voir la trêve hivernale.
  • Occupant entré par effraction. Ce n'est plus un locataire mais un squatteur : la procédure est différente, voir la loi anti-squat de 2023.

Une procédure en justice demande de la rigueur. I Love Immo n'est pas avocat : faites‑vous accompagner par un avocat ou par l'ADIL de votre département.

À lire aussi : locataire âgé ou handicapé : un congé encadré et congé pour vente : délais et préemption du locataire.

Ce qu'il faut retenir

  • Après un congé valable, le locataire n'a plus de droit d'occuper le logement.
  • Seul un juge peut ordonner son départ, puis un commissaire de justice l'exécuter.
  • Demandez une indemnité d'occupation depuis la date d'effet du congé.
  • Comptez au moins 2 mois après le commandement, et aucune expulsion en hiver.
  • Ne changez jamais la serrure et ne coupez rien : c'est une infraction.

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Questions fréquentes

Le locataire doit‑il encore payer après la date du congé ?

Il ne doit plus de loyer, puisque le bail a pris fin. Mais il occupe le logement sans droit : il doit une indemnité d'occupation, dont le juge fixe le montant. Demandez-la dans votre assignation, à partir de la date d'effet du congé.

Puis‑je changer la serrure s'il est absent ?

Non. Même après un congé valable, le logement reste son domicile tant qu'un juge n'a pas ordonné l'expulsion. Changer la serrure, couper l'eau ou sortir ses meubles est une infraction pénale.

Combien de temps faut‑il pour récupérer le logement ?

Aucune durée n'est fixée. Il faut compter le temps de l'audience, puis au moins 2 mois après le commandement de quitter les lieux. Le juge peut accorder des délais d'un mois à un an, et la trêve hivernale suspend l'expulsion du 1er novembre au 31 mars.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plus

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Sources vérifiées le 18 octobre 2026.

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Sources officielles (3)vérifiées le 18 octobre 2026

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