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État des lieux d'un local commercial ou de bureaux : quand le faire, qui paie, que vérifier

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Pour un bail commercial, l'état des lieux est obligatoire à l'entrée du locataire et à sa sortie. Il se fait à l'amiable, par le bailleur et le locataire ensemble ou par une personne qu'ils mandatent. À défaut, un commissaire de justice l'établit, avec des frais partagés par moitié. Le bailleur qui n'a pas tout fait pour l'obtenir ne peut plus prétendre que le local a été remis en bon état, ce qui l'empêche souvent de facturer des dégradations.

Quand faut‑il faire un état des lieux ?

L'obligation date de la loi du 18 juin 2014, dite loi Pinel. Elle vise chaque prise de possession du local et chaque restitution.

MomentÉtat des lieux obligatoire ?À savoir
Signature d'un bail commercialOui, à l'entréeJoint au bail ou gardé par chacun
Cession du droit au bail par le locataireOuiLe nouveau locataire entre dans les lieux
Vente ou transmission gratuite du fonds de commerceOuiMême règle que pour une cession du bail
Départ du locataire, à la fin du bail ou en cours de bailOui, à la sortieComparé à celui d'entrée
Bail dérogatoire de 3 ans au plusOui, à l'entrée et à la sortieJoint au contrat
Bail professionnel (médecin, avocat, architecte)Oui, à l'entrée et à la sortieMême principe, autre texte
Bureaux loués par un bail commercialOuiLes bureaux suivent le bail commercial

Exemple. Nadine loue sa boutique à une créatrice de bijoux depuis 2022. En 2026, la locataire vend son fonds à un caviste. Un nouvel état des lieux doit être fait à l'arrivée du caviste. Celui de 2022 sert à mesurer ce que la créatrice a dégradé ; le nouveau servira pour le caviste.

Qui l'établit et qui paie ?

À deux, à l'amiable. C'est la règle. Vous visitez le local ensemble, vous notez son état, vous signez chacun. Vous pouvez aussi confier cette visite à une personne que vous mandatez tous les deux, par exemple l'agent immobilier. Ses honoraires sont fixés par son mandat.

Par un commissaire de justice, en cas de blocage. Si l'état des lieux ne peut pas se faire à l'amiable, la partie la plus diligente fait appel à un commissaire de justice, l'ancien huissier. Ses frais sont partagés par moitié entre le bailleur et le locataire. Son tarif dépend de la taille du local et du temps passé : demandez-le avant.

L'état des lieux est joint au bail. À défaut, chacun en garde un exemplaire signé.

Que doit contenir l'état des lieux d'un local commercial ?

Aucun modèle n'est imposé pour un local commercial ou des bureaux. Votre document doit permettre, des années plus tard, de comparer l'état de sortie à celui d'entrée. Une description vague comme « bon état général » ne sert presque à rien.

Concrètement, faites figurer :

  1. la date, l'adresse, le nom des parties et la référence du bail ;
  2. les relevés des compteurs d'eau, d'électricité et de gaz, avec leurs numéros ;
  3. le nombre et le type de clés, badges et télécommandes remis ;
  4. la façade, la vitrine, le rideau métallique, l'enseigne et la porte d'entrée ;
  5. pour chaque pièce : sols, murs, plafonds, portes, fenêtres et éclairage ;
  6. les installations techniques : tableau électrique, chauffage, climatisation, ventilation, alarme ;
  7. les points d'eau et les sanitaires, et l'extraction de cuisine pour un restaurant ;
  8. les aménagements laissés par le bailleur ou par l'ancien locataire, et qui en est propriétaire ;
  9. les réserves de chacun, puis la signature des deux parties sur chaque page.

Ajoutez des photos datées, rattachées à chaque pièce. Elles complètent la description mais ne la remplacent pas.

Pensez aussi aux autres annexes du bail. Le bailleur doit y joindre l'inventaire des charges, impôts et taxes, avec leur répartition. Il remet aussi l'état des travaux prévus sur trois ans et de ceux réalisés sur les trois dernières années. Pour les diagnostics à fournir, voyez les diagnostics d'un local commercial.

À la sortie : comparer, chiffrer, rendre le dépôt

L'état des lieux de sortie se fait en principe le jour de la remise des clés, dans les mêmes formes. Le locataire doit rendre le local tel qu'il l'a reçu d'après l'état d'entrée. Deux limites le protègent :

  • l'usure normale, ou vétusté, et les dommages de force majeure ne sont pas à sa charge ;
  • les grosses réparations, comme la toiture ou les gros murs, ne peuvent pas, en principe, lui être facturées.

Le locataire répond en revanche des dégradations survenues pendant le bail, sauf s'il prouve qu'elles ne viennent pas de sa faute.

Le dépôt de garantie. Pour un local de commerce ou d'artisanat, il se rend au plus trois mois après la remise des clés, depuis la fin août 2026. Vous pouvez retenir les sommes justifiées encore dues : loyers, charges, réparations constatées. Gardez donc les devis et factures de chaque retenue. Le montant, les intérêts et les cas particuliers sont détaillés dans le dépôt de garantie d'un bail commercial.

Exemple. Des années plus tard, le caviste s'en va. À la sortie, Nadine constate une vitrine fêlée et un rideau métallique bloqué. Ces dégâts n'existaient pas à l'entrée. Elle fait établir deux devis et retient leur montant sur le dépôt. Elle rend le solde dans les trois mois avec le détail des retenues.

Sans état des lieux : qui perd ?

Dans un bail soumis au seul Code civil, l'absence d'état des lieux joue contre le locataire. Le Code civil présume qu'il a reçu le local en bon état de réparations locatives et qu'il doit le rendre ainsi (article 1731). C'est à lui de prouver le contraire.

Pour un bail commercial, la loi retourne cette règle contre le bailleur négligent. Le bailleur qui n'a pas fait toutes les démarches pour obtenir l'état des lieux ne peut pas invoquer cette présomption. À la sortie, c'est alors à lui de prouver que le locataire a dégradé le local. Sans document d'entrée, cette preuve est souvent difficile.

Si le locataire refuse de participer, ne restez pas sans état des lieux : proposez une date par écrit, puis faites appel à un commissaire de justice. Vous prouvez ainsi que vous avez fait le nécessaire.

Les cas particuliers

  • Un local en copropriété. Décrivez aussi les parties communes que le locataire utilise seul, comme une cour ou une réserve en sous-sol, si le bail les lui réserve.
  • Des travaux faits par le locataire. Le bail dit en général s'ils restent au bailleur en fin de bail ou s'ils doivent être retirés. Notez-les dans l'état des lieux de sortie, avec ce qui a été convenu.
  • Un logement loué avec le commerce. S'il est loué par le même bail, décrivez-le dans le même état des lieux, pièce par pièce.
  • Une cession du bail. Le vendeur du fonds et son acheteur ont intérêt à être présents tous les deux. Voir la cession du bail commercial.

Pour un logement, les règles sont différentes : voyez l'état des lieux d'entrée. Pour les règles générales du contrat, voyez le bail commercial 3-6-9 et le bail professionnel. I Love Immo n'est ni avocat ni commissaire de justice : en cas de litige sur les réparations, un professionnel des baux commerciaux pourra vous conseiller.

Ce qu'il faut retenir

  • L'état des lieux est obligatoire à chaque entrée et à chaque sortie d'un local commercial, y compris lors d'une cession.
  • Il se fait à deux, ou par un commissaire de justice dont les frais sont partagés par moitié.
  • Aucun modèle n'est imposé : décrivez chaque pièce, les équipements, les compteurs, et ajoutez des photos datées.
  • Un bailleur qui n'a pas cherché à faire l'état des lieux perd la présomption de bon état.
  • Le dépôt de garantie d'un commerce se rend au plus tard trois mois après la remise des clés.

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Questions fréquentes

Existe‑t‑il un modèle officiel d'état des lieux pour un local commercial ?

Non. Contrairement au logement, aucun modèle n'est imposé pour un local commercial ou des bureaux. Vous pouvez utiliser le document de votre choix, à condition qu'il décrive le local pièce par pièce, qu'il soit daté et signé par les deux parties, puis joint au bail.

Le locataire peut‑il refuser de signer l'état des lieux ?

Il peut refuser de le signer s'il conteste son contenu. La partie la plus diligente fait alors appel à un commissaire de justice, l'ancien huissier. Ses frais sont partagés par moitié entre le bailleur et le locataire. Son constat sert ensuite d'état des lieux.

Faut‑il refaire un état des lieux quand le locataire vend son fonds de commerce ?

Oui. La loi l'impose à chaque prise de possession des locaux, y compris lors d'une cession du droit au bail ou d'une cession du fonds. L'acheteur du fonds entre ainsi dans les lieux avec une description à jour, et le vendeur sait ce qu'on peut encore lui reprocher.

Combien de temps le bailleur a‑t‑il pour rendre le dépôt après l'état des lieux de sortie ?

Pour un local de commerce ou d'artisanat, trois mois au plus après la remise des clés, déduction faite des sommes justifiées encore dues. Cette règle vaut pour les clés rendues à partir de fin août 2026, même pour un bail plus ancien.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plus

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Sources officielles (9)vérifiées le 17 octobre 2026

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