Libre ou occupée : quelle différence ?
Tout dépend de qui habite le logement après la vente. Le tableau compare les deux formules.
| Vente à terme libre | Vente à terme occupée | |
|---|---|---|
| Qui occupe le bien | L'acheteur, dès la signature | Le vendeur, pendant une durée fixée |
| Droit du vendeur | Aucun sur le logement | Un droit d'usage et d'habitation, c'est-à-dire le droit d'y vivre sans pouvoir le louer |
| Charges courantes (eau, énergie) | L'acheteur | Le vendeur, tant qu'il occupe |
| Prix | Valeur du bien libre | Valeur réduite du fait de l'occupation |
| Pour qui | Un vendeur qui déménage | Un vendeur qui veut rester chez lui quelques années |
Dans la vente occupée, la répartition des autres charges et des travaux doit être écrite dans l'acte. Faites préciser par le notaire qui paie la taxe foncière, les charges de copropriété et les gros travaux.
Vente à terme ou viager ?
On parle parfois de « viager sans rente » pour une vente à terme : ce cas est traité dans le viager sans rente.
La différence tient à une seule question : quand les paiements s'arrêtent‑ils ? En viager, la rente est versée jusqu'au décès du vendeur. Personne ne sait donc combien l'acheteur paiera au total. En vente à terme, tout est fixé dès la signature.
| Vente à terme | Viager | |
|---|---|---|
| Durée des paiements | Fixée dans l'acte | Jusqu'au décès du vendeur |
| Montant total | Connu à l'avance | Inconnu |
| Décès du vendeur avant la fin | Ses héritiers touchent le reste | Les paiements s'arrêtent |
| Impôt sur les sommes reçues | Les mensualités paient le prix : selon les notaires, elles ne sont pas imposables | La rente est imposable en partie, selon l'âge du vendeur |
En viager, la part imposable de la rente va de 30 % à 70 % selon votre âge au premier versement. Par exemple, elle est de 30 % si vous avez plus de 69 ans. En vente à terme, la chambre des notaires de Paris rappelle que les mensualités ne sont pas imposables. Si le contrat prévoit des intérêts en plus du prix, demandez au notaire comment ils sont imposés.
Comment le vendeur est‑il protégé ?
Le vendeur fait crédit à l'acheteur : il doit donc se protéger. Deux garanties principales existent.
- Une garantie sur le bien. La loi donne au vendeur d'un immeuble une garantie sur ce bien pour le paiement du prix. Depuis le 1er janvier 2022, on l'appelle « hypothèque légale spéciale du vendeur », l'ancien privilège du vendeur (Code civil, art. 2402). Si le bien est revendu, le vendeur est payé en priorité sur le prix.
- Une clause résolutoire. Elle prévoit que la vente est annulée si l'acheteur ne paie pas. Pour un immeuble, l'acheteur peut encore payer tant qu'il n'a pas reçu de sommation, c'est-à-dire une mise en demeure officielle. Après celle-ci, le juge ne peut plus lui accorder de délai.
L'acte peut aussi dire ce que deviennent les sommes déjà versées en cas d'annulation. Selon la chambre des notaires de Paris, le vendeur peut les garder si le contrat le prévoit. Ce point se négocie : lisez-le de près, que vous soyez vendeur ou acheteur.
Quels impôts pour le vendeur ?
Pour le vendeur, l'éventuel impôt sur la plus-value est calculé et payé par le notaire au moment de la vente. Il porte sur le prix stipulé dans l'acte. Prévoyez donc une somme comptant suffisante pour le régler. La vente de votre résidence principale reste exonérée, comme dans une vente classique. Pour une estimation, utilisez le calcul de la plus-value, et le prix net vendeur pour ce qui vous reste après frais.
Les cas particuliers
- Bien encore grevé d'un prêt. Votre crédit doit être remboursé à la vente. La somme comptant doit souvent servir à cela, et à lever l'hypothèque de la banque.
- L'acheteur revend avant la fin. Votre garantie suit le bien : le solde vous est payé sur le prix de la revente.
- Vendre seulement les murs et garder l'usage à vie. C'est une autre formule, la vente de la nue-propriété : voir vendre en nue-propriété.
- Vendeur en difficulté qui veut racheter plus tard. La vente avec faculté de rachat répond à un autre besoin : voir la vente à réméré.
I Love Immo n'est ni notaire ni conseiller fiscal. Une vente à terme se construit avec le notaire, qui rédige les garanties et la clause d'indexation.
À lire aussi : crédit vendeur : vendre avec paiement échelonné.
Ce qu'il faut retenir
- L'acheteur est propriétaire dès la signature, mais paie le prix en plusieurs fois, sur une durée fixée.
- Libre, l'acheteur occupe tout de suite ; occupée, le vendeur garde un droit d'habitation pour un temps.
- À la différence du viager, le montant total est connu et les héritiers du vendeur touchent le reste.
- Le vendeur est protégé par une garantie sur le bien et par une clause résolutoire.
- L'impôt sur la plus-value éventuel se paie à la signature : prévoyez une somme comptant suffisante.
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Questions fréquentes
Une vente à terme sans bouquet est‑elle possible ?
Oui, rien ne l'interdit : tout le prix est alors payé en mensualités. Le vendeur prend plus de risque, car il n'a rien encaissé si l'acheteur cesse de payer. Vérifiez aussi qu'il reste de quoi payer l'éventuel impôt sur la plus-value dû à la signature.
Que se passe‑t‑il si l'acheteur meurt avant d'avoir tout payé ?
Le solde du prix est une dette de sa succession. Ses héritiers doivent continuer les versements ou payer le reste. La garantie prise sur le bien protège toujours le vendeur.
Les mensualités d'une vente à terme peuvent‑elles être revalorisées ?
Oui, si le contrat prévoit une clause d'indexation. La chambre des notaires de Paris cite l'indice du coût de la construction comme exemple. Sans clause, les mensualités restent fixes jusqu'au terme.
Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plusVoir moins
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Sources officielles (5)vérifiées le 16 octobre 2026
- Qu'est‑ce qu'une vente à terme ?Chambre des notaires de Paris
- Achat ou vente en viager : quelles sont les règles ?Service-Public.fr
- Code civil, articles 1650 à 1657 (paiement du prix et résolution de la vente)Légifrance
- Code civil, article 2402 (hypothèque légale spéciale du vendeur, depuis le 1er janvier 2022)Légifrance
- Impôt sur le revenu - Plus-value immobilièreService-Public.fr
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Comment fonctionne une vente à terme ?
La réponse courte : c'est une vente ordinaire, avec un paiement étalé. Le notaire rédige l'acte comme pour toute vente. La propriété change de mains le jour de la signature.
Le prix se paie en deux temps :
Le vendeur est payé par l'acheteur lui-même, sans banque. Pour l'acheteur, c'est un moyen d'acquérir sans crédit immobilier. Pour le vendeur, c'est un revenu régulier pendant une durée connue.
Exemple. Hélène, 72 ans, vend son studio 150 000 €. L'acheteur verse 40 000 € à la signature. Il paie ensuite 110 000 € en 120 mensualités, soit 916,67 € par mois pendant dix ans. Si Hélène décède avant la fin, ses héritiers reçoivent les mensualités restantes.
Attention : ne confondez pas cette vente avec la vente d'un logement neuf à construire, qui porte parfois le même nom chez les notaires.