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Vendre · 4 min de lecture

Vendre les murs d'un local commercial, loué ou vide : les règles à suivre

Mis à jour le 19 octobre 2026

La réponse en bref

Vous pouvez vendre les murs d'un local commercial loué, sans attendre la fin du bail. Si votre locataire y exploite un commerce ou un atelier d'artisan, vous devez d'abord lui proposer d'acheter, au prix demandé : c'est son droit de préférence. Il a un mois pour répondre. Depuis le 28 mai 2026, la loi précise les locaux concernés : les bureaux seuls et les entrepôts sont exclus.

Les murs ou le fonds : ce que vous vendez

Le fonds de commerce appartient au commerçant : sa clientèle, son enseigne, son droit au bail. Les murs sont le local lui-même, qui vous appartient. Comme propriétaire bailleur, vous vendez les murs. Le commerçant reste propriétaire de son fonds et continue son activité.

Vous vendez donc soit un local occupé, avec son bail commercial, soit un local vide.

Local louéLocal vide
Acheteurs intéressésSurtout des investisseurs, qui regardent le loyerCommerçants, artisans, investisseurs
BailIl continue avec l'acheteurAucun
Priorité du locataireOui, pour un commerce ou un atelier d'artisanNon
Ce qui fait le prixLoyer, durée restante du bail, solidité du locataireEmplacement, état, usages permis

Pour fixer un prix, voyez comment estimer un local commercial.

Le droit de préférence du locataire, étape par étape

  1. Vous informez le locataire. Par lettre recommandée avec avis de réception, ou remise en main propre contre récépissé. La lettre indique le prix et les conditions de la vente. Elle vaut offre de vente.
  2. Il a un mois pour répondre. Sans réponse dans ce délai, l'offre tombe.
  3. S'il accepte, il a deux mois pour signer l'acte. Ce délai passe à quatre mois s'il demande un prêt.
  4. S'il refuse ou ne répond pas, vous vendez à un autre acheteur, au même prix ou plus cher.

Attention au prix. Si vous acceptez ensuite de baisser votre prix, ou à des conditions plus avantageuses, le notaire doit refaire l'offre au locataire. Il a de nouveau un mois. Sans cette nouvelle offre, la vente peut être annulée.

Exemple. Jacqueline, 64 ans, possède à Angers les murs d'une boulangerie, louée depuis douze ans. Elle propose la vente à 210 000 € à son boulanger, le 2 mars. Il ne répond pas. En juin, un investisseur offre 195 000 €. Jacqueline accepte, mais son notaire doit d'abord renvoyer l'offre au boulanger, à 195 000 €, avec un nouveau délai d'un mois.

Quand ce droit ne s'applique pas

La loi écarte plusieurs ventes :

  • la vente en une fois de plusieurs locaux d'un ensemble commercial ;
  • la vente en une fois de locaux commerciaux distincts ;
  • la vente d'un local à un copropriétaire de l'ensemble commercial ;
  • la vente globale d'un immeuble qui comprend des locaux commerciaux ;
  • la vente à votre conjoint, à vos parents ou à vos enfants, ou à ceux de votre conjoint ;
  • la vente où la commune exerce son propre droit de préemption.

Les locaux utilisés uniquement comme bureaux et les entrepôts ne sont pas concernés. La loi du 26 mai 2026 l'a précisé, pour les ventes conclues depuis sa publication. Si vous vendez tout l'immeuble, voyez vendre un immeuble entier.

Ce que l'acheteur reprend

Le bail commercial continue avec le nouveau propriétaire, aux mêmes conditions : loyer, durée, charges. Le dépôt de garantie suit, comme les obligations du bailleur. À la fin du bail, refuser le renouvellement coûte en principe une indemnité d'éviction au commerçant. L'acheteur en tient compte dans son offre. Les détails sont dans le bail commercial 3-6-9.

Les documents à préparer

  • Le bail commercial et ses avenants, avec l'état des loyers payés.
  • La liste des charges et impôts refacturés au locataire, et l'état prévisionnel des travaux.
  • Les diagnostics : amiante pour un local construit avant juillet 1997, état des risques, et DPE si le local est chauffé. Voyez les diagnostics d'un local commercial.
  • Le règlement de copropriété si le local est en copropriété : il peut limiter certaines activités.

Si vous passez par une agence, elle doit avoir un mandat écrit et afficher ses honoraires.

Les cas particuliers

  • Local vide à transformer en logement. L'acheteur devra peut-être demander un changement de destination. Voyez changer la destination d'un local.
  • Locataire en difficulté ou impayés. Le prix s'en ressent. Voyez les loyers commerciaux impayés.
  • Local détenu par une SCI. Vendre les parts de la société est une autre opération, avec d'autres règles. Faites‑vous conseiller par un notaire ou un avocat.
  • Impôts. La plus-value suit les règles des particuliers si vous détenez le local en direct. Une TVA peut s'appliquer dans certains cas. Faites chiffrer votre cas par un notaire ou un conseiller fiscal.

À lire aussi : vente en zone de préemption : DIA et délai de la mairie.

Ce qu'il faut retenir

  • Vous vendez les murs ; le commerçant garde son fonds et son bail.
  • Pour un commerce ou un atelier d'artisan, proposez d'abord la vente au locataire : il a un mois.
  • Si vous baissez votre prix ensuite, le notaire doit refaire l'offre au locataire.
  • Depuis mai 2026, les bureaux seuls et les entrepôts sont clairement exclus.
  • L'acheteur reprend le bail en cours, aux mêmes conditions.

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Questions fréquentes

Mon locataire commerçant peut‑il refuser que je vende ?

Non. Il ne peut pas bloquer la vente. Il peut seulement acheter en priorité, au prix que vous proposez, dans le délai d'un mois. S'il ne répond pas, vous vendez à qui vous voulez, et son bail continue avec l'acheteur.

Que se passe‑t‑il si j'oublie de prévenir mon locataire ?

La vente risque d'être annulée à sa demande. Le notaire vérifie en principe ce point avant de signer. Ne signez pas de promesse avec un acheteur avant d'avoir purgé ce droit, ou prévoyez-le dans la promesse.

Les murs d'un bureau sont‑ils concernés ?

Non, pour un local utilisé uniquement comme bureau. Les entrepôts sont aussi exclus. La loi du 26 mai 2026 l'a écrit clairement, pour les ventes conclues depuis.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plus

Rédaction

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Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

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Sources vérifiées le 19 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (3)vérifiées le 19 octobre 2026

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