Aller au contenu
I Love Immo

Succession et donation · 6 min de lecture

Donation-partage transgénérationnelle : donner directement à ses petits-enfants

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

La donation-partage transgénérationnelle permet à un grand-parent de répartir de son vivant ses biens entre ses enfants et ses petits-enfants, dans un même acte de notaire. Un enfant accepte que ses propres enfants reçoivent à sa place tout ou partie de ce qui lui revenait. Les droits se calculent selon le lien entre le grand-parent et chaque petit-enfant : abattement de 31 865 €, puis barème de la ligne directe. Ce dispositif existe depuis le 1er janvier 2007, et ses règles de base n'ont pas changé depuis.

Comment fonctionne une donation transgénérationnelle ?

Une donation-partage est une donation qui répartit en même temps vos biens entre vos héritiers. Elle est dite « transgénérationnelle » quand des petits-enfants y reçoivent une part, à la place de leur parent. On saute ainsi une génération.

Elle suppose trois accords, tous écrits dans l'acte :

  1. le vôtre, en tant que donateur ;
  2. celui de votre enfant, qui renonce à tout ou partie de ses droits dans cette donation ;
  3. celui des petits-enfants qui reçoivent un lot.

Si l'accord de votre enfant a été obtenu par erreur, tromperie ou pression, la donation est nulle. Le notaire vérifie donc qu'il comprend bien ce qu'il signe.

Le partage par branche

La loi parle de partage « par souche ». Une souche, c'est la branche de chacun de vos enfants : l'enfant lui-même et ses descendants. Chaque branche reçoit sa part. À l'intérieur d'une branche, l'enfant peut tout laisser à ses enfants, ou n'en laisser qu'une partie.

Vous pouvez faire des choix différents selon les branches. Un enfant peut recevoir lui-même, pendant qu'un autre laisse sa part à ses enfants.

Combien de droits faut‑il payer ?

La règle. Les droits dépendent du lien de parenté entre vous et chaque personne qui reçoit. Pour un petit-enfant, l'abattement est de 31 865 € par grand-parent. Il se renouvelle tous les quinze ans. Au-delà, on applique le barème de la ligne directe, de 5 % à 45 %.

Bénéficiaire du lotAbattement par donateurBarème
Votre enfant100 000 €Ligne directe, de 5 % à 45 %
Votre petit-enfant31 865 €Ligne directe, de 5 % à 45 %
Votre arrière-petit-enfant5 310 €Ligne directe, de 5 % à 45 %

Votre enfant qui renonce ne fait pas de donation à ses enfants. Il ne paie donc rien et ne consomme aucun de ses propres abattements. Il pourra plus tard donner à ses enfants avec ses abattements de 100 000 € entiers.

Exemple. Hélène, 76 ans, possède un appartement et une maison qui valent chacun 200 000 €. Elle a deux enfants, Claire et Paul. Paul est bien installé et accepte que ses deux enfants, Léa et Hugo, reçoivent sa part. L'acte attribue l'appartement à Claire, et la maison à Léa et Hugo, à parts égales.

  • Claire reçoit 200 000 €. Après 100 000 € d'abattement, elle paie 18 194 € de droits.
  • Léa reçoit 100 000 €. Après 31 865 € d'abattement, elle paie 11 821 € de droits.
  • Hugo est dans la même situation que Léa : 11 821 €.

Dans cet exemple, les petits-enfants paient plus que Paul ne l'aurait fait : son abattement aurait été de 100 000 €. Le gain est ailleurs. Les biens arrivent directement à la génération suivante, sans seconde transmission plus tard. Paul garde aussi ses propres abattements intacts.

En nue-propriété. Hélène pourrait aussi ne donner que la nue-propriété et garder l'usufruit. À 76 ans, la nue-propriété vaut 70 % de la valeur du bien : les droits portent sur ce montant. Le calcul usufruit et nue-propriété donne cette valeur, et le calcul des droits de donation les droits.

Les frais de notaire suivent le même barème que pour une donation. Pour un bien immobilier, la taxe de publicité foncière s'ajoute.

Que se passe‑t‑il au décès du grand-parent ?

Les biens reçus par les petits-enfants sont comptés sur la part de leur branche dans la succession. Dans l'exemple, la maison reçue par Léa et Hugo compte comme la part de Paul.

La valeur est figée au jour de l'acte si deux conditions sont remplies :

  • tous vos enfants ont donné leur accord à la donation-partage ;
  • vous n'avez pas gardé l'usufruit d'une somme d'argent.

Même si la maison prend de la valeur, on retiendra donc 200 000 €. C'est un avantage sur une donation simple, dont la valeur est réévaluée au moment du partage de la succession. Le mécanisme de la donation simple est expliqué dans donations et succession.

Si une branche n'a rien reçu, ou moins que sa part réservée par la loi, elle peut être complétée sur les autres biens de la succession. À défaut, elle peut demander une réduction.

Et au décès de l'enfant qui a renoncé ?

Dans la succession de Paul, les biens reçus par Léa et Hugo sont traités comme s'ils les tenaient de leur père. Ils peuvent donc être pris en compte pour l'égalité entre ses enfants.

Il y a une exception importante. Si tous les enfants de Paul ont reçu un lot et l'ont accepté, ces biens sont traités comme une donation-partage faite par Paul. Il n'y a alors pas de nouveau calcul d'égalité.

Exemple. Après l'acte, Paul a un troisième enfant, Zoé, qui n'a rien reçu. À la mort de Paul, la maison reçue par Léa et Hugo comptera comme une donation de leur père. Zoé pourra faire valoir ses droits sur la succession de Paul.

Les cas particuliers

  • Réutiliser une donation déjà faite. Hélène avait donné un bien à Paul autrefois. Elle peut l'intégrer à la donation-partage et l'attribuer à Léa et Hugo, avec l'accord de Paul. Si la première donation date de plus de quinze ans, l'opération ne paie que le droit de partage, de 2,50 %. Si elle a moins de quinze ans, les petits-enfants paient les droits de donation, moins ceux que Paul avait déjà payés sur ce bien.
  • Une maison reçue à plusieurs. Léa et Hugo deviennent propriétaires ensemble, en indivision. Les règles de gestion sont expliquées dans la maison en indivision entre frères et sœurs.
  • Un petit-enfant mineur. Il peut recevoir un lot. Ses représentants légaux, en général ses parents, acceptent pour lui.
  • Un couple de grands-parents. Les deux époux peuvent donner ensemble leurs biens communs. Chacun ne donne ses biens personnels qu'à ses propres descendants.
  • Un enfant déjà décédé. Ses enfants viennent alors à sa place, par représentation. Ils partagent l'abattement de 100 000 € de leur parent, en plus du leur.
  • Donner une maison à un seul enfant. Sans partage, la donation simple a ses propres règles : voir donner sa maison de son vivant.

Une donation-partage transgénérationnelle engage trois générations. Elle se prépare avec un notaire, et avec un conseiller fiscal si votre patrimoine est important. I Love Immo n'est ni notaire ni conseiller fiscal.

À lire aussi : donation-partage : fonctionnement, avantages, limites.

Ce qu'il faut retenir

  • Un enfant peut accepter que ses propres enfants reçoivent à sa place, dans la donation-partage de ses parents.
  • L'acte de notaire doit contenir l'accord du grand-parent, de l'enfant qui renonce et des petits-enfants.
  • Chaque petit-enfant a un abattement de 31 865 € par grand-parent, puis le barème de la ligne directe.
  • La valeur des biens est figée au jour de l'acte si tous les enfants y ont consenti.
  • Au décès de l'enfant, ses propres enfants peuvent devoir tenir compte de ce qu'ils ont reçu.

Passer à l'action

Trouver un professionnel vérifié

Notaires, géomètres-experts, agents immobiliers : l'annuaire des professionnels dont l'inscription ou la carte professionnelle a été vérifiée.

Ouvrir l'annuaire

Questions fréquentes

Mon enfant perd‑il tous ses droits sur ma succession ?

Non. Il renonce seulement à ce que la donation-partage attribue à ses enfants à sa place, en tout ou en partie. Il reste votre héritier pour le reste de vos biens. Les biens donnés à ses enfants sont simplement comptés sur la part de sa branche.

Peut‑on faire une donation transgénérationnelle avec un seul enfant ?

Oui. La loi le prévoit expressément. Le partage peut se faire entre votre enfant et ses propres enfants, ou entre vos petits-enfants seulement, si votre enfant y consent dans l'acte.

Les petits-enfants bénéficient‑ils de l'abattement de 100 000 € ?

Non. Dans une donation-partage transgénérationnelle, les droits se calculent selon le lien entre vous et chaque petit-enfant. L'abattement est donc de 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant, tous les quinze ans. Le barème reste celui de la ligne directe.

Peut‑on garder l'usufruit des biens donnés à ses petits-enfants ?

Oui, la donation-partage peut porter sur la seule nue-propriété. Vous gardez l'usage des biens ou leurs revenus, et les droits portent sur la valeur de la nue-propriété selon votre âge. Si vous gardez l'usufruit d'une somme d'argent, la valeur ne sera pas figée au jour de l'acte.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 17 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 17 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (6)vérifiées le 17 octobre 2026

Sur le même sujet

À lire aussi

Commençons par votre adresse.

Nous en déduisons les documents qui comptent pour votre bien.

Lettre gratuite

Les règles changent, la lettre vous prévient

Une fois par semaine : les nouvelles règles et leurs dates, quelques chiffres du marché avec leur source, et les échéances à prévoir avant de vendre ou de louer.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la lettre I Love Immo chaque semaine par e-mail. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, en un clic, depuis chaque lettre. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi : elle n'est ni vendue ni transmise. Confidentialité