Aller au contenu
I Love Immo

Succession et donation · 5 min de lecture

Le partage de la succession : les étapes, le droit de partage et les frais du notaire

Mis à jour le 19 octobre 2026

La réponse en bref

Le partage est l'acte qui met fin à l'indivision : chaque héritier reçoit des biens précis et en devient seul propriétaire. Il se fait à l'amiable si tous les héritiers sont d'accord, sinon devant le juge. Avec un bien immobilier, le partage passe obligatoirement par un notaire. Il coûte un droit de partage de 2,50 % de l'actif net partagé (article 746 du code général des impôts), plus les émoluments du notaire, fixés par un barème.

Avant le partage : liquider, puis répartir

Le partage est la dernière étape du règlement de la succession. Avant lui, le notaire fait deux opérations.

  1. La liquidation du régime matrimonial, si le défunt était marié. Il sépare les biens du couple pour isoler ceux du défunt. La part du conjoint survivant dans les biens communs n'est pas un héritage. Voir régime matrimonial et succession.
  2. La liquidation de la succession. Il fait le total des biens du défunt, retire les dettes et ajoute les donations à rapporter. Il calcule ainsi les droits de chaque héritier. Voir calculer la part de chaque héritier.

Ensuite seulement vient le partage, c'est-à-dire l'attribution des biens eux-mêmes.

Le partage amiable, étape par étape

C'est la voie la plus simple et la plus courante. Elle suppose que tous les héritiers soient d'accord.

  1. Les héritiers évaluent les biens, à leur valeur au jour du partage. Le notaire peut les aider, ou faire appel à un expert.
  2. Ils forment des lots qui correspondent aux droits de chacun.
  3. Ils répartissent les lots, d'un commun accord ou par tirage au sort.
  4. Si les lots sont inégaux, celui qui reçoit plus verse une somme d'argent aux autres. C'est la soulte.
  5. Le notaire rédige et publie l'acte de partage. Chaque héritier devient seul propriétaire de ce qu'il reçoit.

Le partage peut être partiel : on partage les comptes et l'on garde la maison en indivision, par exemple.

L'attribution préférentielle. Certains héritiers peuvent demander à recevoir en priorité un bien, en payant une soulte si besoin. C'est le cas du conjoint survivant pour le logement qu'il habitait et son mobilier (article 831-2 du Code civil).

Si un héritier bloque, les autres peuvent le mettre en demeure, par commissaire de justice, de désigner quelqu'un pour le représenter. Si un héritier a disparu, le juge des tutelles peut lui nommer un représentant.

Combien coûte le partage ?

Deux postes s'additionnent : l'impôt et la rémunération du notaire.

PosteMontantCalculé sur
Droit de partage2,50 %L'actif net partagé, après dettes
Droit de partage entre ex-époux ou ex-partenaires de Pacs1,10 % depuis le 1er janvier 2022L'actif net partagé
Émoluments du notaire, de 0 à 6 500 €4,837 % HTL'actif brut, avant dettes
De 6 500 € à 17 000 €1,995 % HTL'actif brut
De 17 000 € à 60 000 €1,330 % HTL'actif brut
Au-delà de 60 000 €0,998 % HTL'actif brut

S'ajoutent la TVA sur les émoluments, les débours, c'est-à-dire les frais avancés par le notaire, et des formalités. La soulte versée dans un partage de succession n'est pas taxée comme une vente.

Exemple. Claire et Thomas héritent de leur mère une maison de 300 000 € et 60 000 € sur des comptes, sans dettes. Claire garde la maison ; Thomas prend les comptes. Chacun a droit à 180 000 €. Claire verse donc à Thomas une soulte de 120 000 €.

  • Droit de partage : 2,50 % de 360 000 €, soit 9 000 €.
  • Émoluments du notaire : environ 4 090 € HT, selon le barème ci-dessus appliqué à 360 000 €.

Le total, hors TVA et débours, approche 13 100 €. Les héritiers le répartissent en général à proportion de leurs parts. Notre outil calcul de la soulte aide à chiffrer la somme à verser.

Le partage judiciaire, si l'accord est impossible

Quand un héritier refuse ou qu'un désaccord persiste, chacun peut saisir le tribunal judiciaire du lieu de la succession. Un avocat est obligatoire. La demande décrit les biens, la répartition souhaitée et les tentatives faites pour s'entendre.

Si l'affaire est simple, le juge ordonne le partage. Sinon, il désigne un notaire pour les opérations et un juge pour les surveiller. Les biens qui ne peuvent pas être partagés peuvent être vendus aux enchères : c'est la licitation.

Ce qui change en 2026. La loi du 7 avril 2026 réécrit les règles du partage judiciaire. Elle renforce les pouvoirs du juge qui suit les opérations. Un décret doit préciser la procédure ; en octobre 2026, Service-Public indique qu'il n'est pas encore paru. Voir la nouvelle loi succession.

Un partage judiciaire dure souvent des années. Une médiation ou une vente amiable reste en général préférable. Les solutions pour sortir d'un blocage sont détaillées dans sortir de l'indivision.

Les cas particuliers

  • Un héritier mineur ou protégé. Le partage amiable reste possible ; son représentant légal y participe, avec l'accord du juge dans certains cas.
  • Un héritier décédé avant le partage. Ses propres héritiers prennent sa place. Voir un héritier décédé avant le partage.
  • Le rachat de la part d'un héritier. Racheter les droits d'un cohéritier pour mettre fin à l'indivision coûte aussi 2,50 %, calculé sur toute la valeur nette du bien.
  • Un oubli ou une erreur. L'héritier oublié peut demander sa part. Un partage obtenu par tromperie ou par erreur peut être annulé dans les cinq ans.
  • Les legs. Un bien légué à une personne précise ne fait pas partie des biens à partager.

Un partage engage chaque héritier pour longtemps. Faites relire le projet d'acte par votre propre notaire ou par un avocat si vous avez un doute. I Love Immo n'est ni l'un ni l'autre.

Ce qu'il faut retenir

  • Le partage met fin à l'indivision : chacun devient seul propriétaire de son lot.
  • Le notaire est obligatoire dès qu'il y a un bien immobilier.
  • Le droit de partage est de 2,50 % de l'actif net, ou 1,10 % pour un couple qui se sépare.
  • Les émoluments du notaire suivent un barème dégressif, calculé sur l'actif brut.
  • Sans accord, le juge partage ; la loi du 7 avril 2026 attend encore son décret d'application.

Passer à l'action

Trouver un professionnel vérifié

Notaires, géomètres-experts, agents immobiliers : l'annuaire des professionnels dont l'inscription ou la carte professionnelle a été vérifiée.

Ouvrir l'annuaire

Questions fréquentes

Est‑on obligé de partager une succession ?

Non. Les héritiers peuvent rester en indivision aussi longtemps qu'ils sont d'accord. Mais personne ne peut être obligé d'y rester : chaque héritier peut demander le partage à tout moment, à l'amiable ou devant le juge.

Le droit de partage est‑il dû si l'on vend la maison et partage l'argent ?

Si la maison est vendue à un tiers et que le notaire répartit simplement le prix entre héritiers, il n'y a en principe pas d'acte de partage, donc pas de droit de partage. Le droit de partage est dû quand un acte constate la répartition des biens entre héritiers.

Un héritier peut‑il contester le partage après sa signature ?

Oui, dans des cas précis. Il peut demander l'annulation dans les cinq ans s'il a été trompé, contraint ou s'il y a eu une erreur. Il peut aussi demander un complément s'il a reçu un lot inférieur de plus du quart à ce qui lui revenait, dans les deux ans.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 19 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (5)vérifiées le 19 octobre 2026

Sur le même sujet

À lire aussi

Commençons par votre adresse.

Nous en déduisons les documents qui comptent pour votre bien.

Lettre gratuite

Les règles changent, la lettre vous prévient

Une fois par semaine : les nouvelles règles et leurs dates, quelques chiffres du marché avec leur source, et les échéances à prévoir avant de vendre ou de louer.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la lettre I Love Immo chaque semaine par e-mail. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, en un clic, depuis chaque lettre. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi : elle n'est ni vendue ni transmise. Confidentialité