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Succession et donation · 4 min de lecture

Régime matrimonial et succession : ce qui revient au conjoint avant l'héritage

Mis à jour le 19 octobre 2026

La réponse en bref

Au décès d'un époux, il y a deux étapes. D'abord, le notaire sépare les biens du couple selon le régime matrimonial : c'est la « liquidation ». Le conjoint survivant reprend ses biens propres et, s'il y a une communauté, la moitié des biens communs. Ensuite seulement, ce qui appartenait au défunt forme sa succession, que se partagent le conjoint et les autres héritiers.

Pourquoi le régime matrimonial passe‑t‑il avant la succession ?

Parce qu'on ne peut transmettre que ce que l'on possède. Le régime matrimonial dit à qui appartient chaque bien du couple. Service-Public le rappelle : en cas de décès, la liquidation de la communauté précède la succession.

Le notaire procède dans cet ordre :

  1. Il fait l'inventaire des biens propres de chaque époux et des biens communs.
  2. Il fait de même pour les dettes.
  3. Il calcule les « récompenses » : ce que la communauté doit à un époux, ou l'inverse. Par exemple, si l'argent d'un héritage a servi à rénover la maison commune.
  4. Chaque époux reprend ses biens propres.
  5. Les biens communs sont partagés par moitié.

La moitié du défunt et ses biens propres forment sa succession.

Biens propres et biens communs : qu'est‑ce qui change ?

Un bien propre appartient à un seul époux. Un bien commun appartient aux deux. Sans contrat de mariage, vous êtes mariés sous la « communauté réduite aux acquêts », c'est-à-dire que seuls les biens acquis pendant le mariage sont communs.

BienSans contrat (communauté réduite aux acquêts)
Logement acheté avant le mariagePropre à celui qui l'a acheté
Maison reçue en héritage ou en donation, même pendant le mariagePropre à celui qui l'a reçue
Appartement acheté pendant le mariage avec les salairesCommun
Salaires, retraites et économies du coupleCommuns

Exemple. Jacques et Martine se sont mariés sans contrat en 1980. Ils ont acheté leur maison ensemble en 1985 : elle vaut 300 000 €. Jacques a hérité d'un studio de sa mère, estimé 100 000 €. Au décès de Jacques, Martine garde d'abord sa moitié de la maison, soit 150 000 €. La succession de Jacques comprend l'autre moitié de la maison et le studio : 250 000 €. C'est sur ces 250 000 € que Martine et les enfants exercent leurs droits d'héritiers.

Et avec un contrat de mariage ?

Le contrat change la répartition de départ. Il se signe devant notaire, avant le mariage ou plus tard par un changement de régime.

RégimeCe que le survivant garde avant la successionCe qui forme la succession
Communauté réduite aux acquêts (sans contrat)Ses biens propres et la moitié des biens communsLes biens propres du défunt et l'autre moitié des biens communs
Séparation de biensSes propres biens, et sa part des biens achetés à deuxTous les biens du défunt, y compris sa part des biens achetés à deux
Communauté universelleLa moitié de tous les biensL'autre moitié
Communauté universelle avec attribution intégrale au survivantTous les biens communsRien au premier décès : les enfants héritent au second

En séparation de biens, chacun reste propriétaire de ce qu'il achète. Une maison achetée à deux est en indivision, chacun selon sa part. Au décès, la part du défunt entre dans sa succession.

La communauté universelle met tous les biens en commun, présents et à venir. Avec une clause d'attribution intégrale, le survivant reçoit tout au premier décès. Les enfants n'héritent alors qu'au décès du second parent.

Les cas particuliers

Le conjoint survivant ne paie pas de droits de succession. La liquidation et le choix d'un régime engagent toute la famille : un notaire peut étudier votre situation. I Love Immo n'est pas notaire.

À lire aussi : la fente successorale et la représentation.

Ce qu'il faut retenir

  • Le notaire liquide d'abord le régime matrimonial, puis règle la succession.
  • Sans contrat, les biens acquis pendant le mariage sont communs ; les biens hérités ou reçus en donation restent propres.
  • Le survivant garde ses biens propres et sa moitié des biens communs : cette part n'est pas un héritage.
  • La communauté universelle avec attribution intégrale reporte l'héritage des enfants au second décès.
  • Les enfants d'une autre union peuvent contester un avantage matrimonial excessif.

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Questions fréquentes

La maison que j'ai héritée de mes parents entre‑t‑elle dans la succession de mon mari ?

Non. Un bien reçu par héritage ou donation reste propre à celui qui l'a reçu, même pendant un mariage sans contrat. À votre décès, il entrera dans votre propre succession, pas dans celle de votre mari.

Avec la communauté universelle, les enfants n'ont‑ils plus rien ?

Si le contrat prévoit que tout revient au survivant, les enfants n'héritent qu'au second décès. Les enfants qui ne sont pas issus du couple peuvent cependant contester cet avantage s'il dépasse ce que la loi permet de donner au conjoint.

Faut‑il changer de régime matrimonial pour protéger son conjoint ?

Ce n'est pas toujours nécessaire : une donation au dernier vivant ou un testament peut suffire. Le changement de régime se fait devant notaire et a un coût. Le notaire vous dira ce qui convient à votre famille.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 19 octobre 2026Voir plus

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