Qui hérite dans une famille recomposée ?
Le schéma est simple : on hérite de son parent par le sang ou par l'adoption.
| Personne | Hérite du défunt sans testament ? | Droits de succession |
|---|---|---|
| Enfants du défunt, de toutes ses unions | Oui, à parts égales | Abattement de 100 000 € chacun, puis barème de 5 à 45 % |
| Conjoint marié | Oui, un quart en pleine propriété face à des enfants d'une autre union | Exonéré |
| Partenaire de Pacs | Non | Exonéré s'il reçoit par testament |
| Concubin | Non | 60 % après 1 594 € |
| Bel-enfant non adopté | Non | 60 % après 1 594 € s'il reçoit par testament |
| Bel-enfant adopté en adoption simple | Oui | Comme un enfant, s'il est l'enfant du conjoint |
Ce que reçoit le conjoint face aux enfants d'une autre union
Quand tous les enfants sont communs au couple, le conjoint survivant choisit entre l'usufruit de toute la succession et un quart en pleine propriété. Ce choix est expliqué dans hériter en usufruit. Dès qu'un enfant est né d'une autre union, ce choix disparaît : la loi lui donne un quart en pleine propriété, et les enfants se partagent les trois quarts.
Exemple. Philippe a deux enfants d'un premier mariage. Il épouse Hélène et achète seul, avant le mariage, la maison où ils vivent, d'une valeur de 320 000 €. À son décès, sans testament ni donation, Hélène reçoit un quart, soit 80 000 €. Les deux enfants reçoivent chacun 120 000 €. Hélène se retrouve propriétaire d'un quart de la maison, en indivision avec ses beaux-enfants.
Elle garde toutefois un droit de rester un an gratuitement dans le logement, puis un droit d'y habiter à vie qu'elle doit demander dans l'année. Ce droit d'habitation est retiré de sa part s'il vaut plus que le quart, sans qu'elle ait à rembourser la différence.
Pourquoi les beaux-enfants n'héritent‑ils pas ?
Parce que la loi ne crée aucun lien d'héritage entre un beau-parent et l'enfant de son conjoint, même après des années de vie commune. Au second décès, les biens du beau-parent vont à ses propres enfants ou à sa famille.
C'est le risque principal d'une famille recomposée. Prenons un couple qui a tout mis en commun. Au premier décès, si tout va au survivant, les enfants du premier défunt peuvent ne rien recevoir de ce patrimoine au second décès.
Deux voies existent pour un bel-enfant :
- Le testament, dans la limite de la part libre, avec 60 % de droits.
- L'adoption simple, qui en fait un héritier. Pour l'enfant de votre conjoint, elle ouvre aussi l'abattement de 100 000 € et le barème des enfants.
Les cas particuliers
- Couple pacsé ou en concubinage. Sans testament, le survivant ne reçoit rien. Voir Pacs et concubinage : les droits sur le logement.
- Écart d'âge important. Si le conjoint est proche de l'âge des enfants, l'usufruit peut les faire attendre très longtemps. Le choix d'un quart en propriété, ou une rente, peut mieux convenir à tous.
- Résidence principale. L'abattement de 20 % joue aussi quand l'occupant est l'enfant mineur du conjoint : voir l'abattement sur la résidence principale.
- Donations déjà faites à certains enfants. Elles sont prises en compte au décès : voir le rapport des donations.
- Divorce. Une donation au dernier vivant tombe en principe en cas de divorce.
Une famille recomposée demande une stratégie sur mesure : âges, biens propres ou communs, enfants de chacun. Consultez un notaire, et un conseiller fiscal si le patrimoine est important. I Love Immo n'est ni l'un ni l'autre.
Ce qu'il faut retenir
- Chacun hérite de son parent, jamais de son beau-parent.
- Face à des enfants d'une autre union, le conjoint reçoit un quart en pleine propriété.
- Le partenaire de Pacs et le concubin ne reçoivent rien sans testament.
- Un bel-enfant reçu par testament paie 60 % de droits, sauf adoption simple.
- Donation au dernier vivant, testament, contrat de mariage et donation-partage se combinent.
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Questions fréquentes
Mon beau-fils, que j'ai élevé, héritera‑t‑il de moi ?
Non, pas sans démarche. Un bel-enfant n'est pas héritier. Vous pouvez lui léguer la part libre de vos biens par testament, mais il paiera 60 % de droits après un abattement de 1 594 €. L'adoption simple en fait un héritier, et, pour l'enfant de votre conjoint, lui donne aussi les mêmes droits fiscaux qu'un enfant.
Mon conjoint peut‑il choisir l'usufruit de toute la maison si j'ai des enfants d'une première union ?
Pas sans donation ni testament. Dans ce cas, la loi lui donne seulement un quart des biens en pleine propriété. Une donation au dernier vivant peut lui ouvrir l'usufruit de toute la succession, ou d'autres options, au choix.
Les enfants de chaque union ont‑ils les mêmes droits ?
Oui. Tous les enfants d'un même parent héritent de lui à parts égales, qu'ils soient nés d'un mariage, d'une autre union ou adoptés. Ils n'héritent en revanche que de leur propre parent, pas du conjoint de celui-ci.
Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 18 octobre 2026Voir plusVoir moins
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Sources officielles (6)vérifiées le 18 octobre 2026
- Règles en matière d'héritage : défunt ayant eu des enfantsService-Public.fr
- Comment faire une donation au dernier vivant ?Service-Public.fr
- Contrat de mariageService-Public.fr
- Droits de succession - Évaluation de la succession et calcul des droitsService-Public.fr
- Décès du partenaire de Pacs : quelles sont les règles de succession ?Service-Public.fr
- Succession et couples : droits du survivant sur le logementNotaires de France
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Comment protéger chacun ?
Les outils se combinent. Le notaire vous aide à les doser.
Exemple. Reprenons Philippe et Hélène. Avec une donation au dernier vivant, Hélène peut choisir l'usufruit de toute la succession : elle garde la maison sa vie durant. Les deux enfants en reçoivent la nue-propriété, et récupéreront la maison au décès d'Hélène, sans nouveaux droits sur ce bien. Chacun est protégé.