Aller au contenu
I Love Immo

Fiscalité · 7 min de lecture

Revenus fonciers d'une location vide : ce qui est imposé, micro-foncier ou réel, et comment déclarer

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

Les loyers d'un logement loué vide sont des « revenus fonciers ». Ils sont soumis à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Si les loyers de votre foyer ne dépassent pas 15 000 € par an, vous êtes au micro-foncier : vous déclarez le total en case 4BE et seuls 70 % sont imposés. Au-delà, ou si vous le choisissez pour trois ans, le régime réel déduit vos vraies charges sur la déclaration 2044.

Qu'est‑ce qu'un revenu foncier ?

Un revenu foncier, c'est l'argent que vous rapporte un bien non meublé. Il peut s'agir d'un appartement ou d'une maison loué vide. C'est aussi le cas d'un garage, d'une cave ou d'un terrain loué sans service. Vous pouvez détenir des parts d'une SCI (société civile immobilière, qui possède des biens à plusieurs) ou d'une SCPI (société qui place l'épargne de nombreux épargnants dans l'immobilier). Votre part de leurs loyers est aussi un revenu foncier, sauf si la société paie l'impôt sur les sociétés.

Ne sont pas des revenus fonciers :

  • les loyers d'un logement meublé : ils sont imposés dans une autre catégorie, celle des BIC (bénéfices industriels et commerciaux). Voir les impôts de la location meublée ;
  • la location d'un parking ou d'une dépendance avec un service en plus, qui relève elle aussi des BIC ;
  • le logement que vous habitez vous-même : il ne produit pas de revenu imposable.

Le revenu brut, c'est-à-dire avant toute déduction, comprend trois éléments :

  • les loyers encaissés dans l'année, hors charges remboursées par le locataire ;
  • les recettes exceptionnelles, comme une indemnité d'assurance pour loyers impayés ou une subvention de l'Anah (Agence nationale de l'habitat) ;
  • le dépôt de garantie, si vous le gardez pour couvrir des impayés ou une remise en état.

Le micro-foncier : pour qui, et comment ?

Le micro-foncier s'applique automatiquement si le total des loyers bruts de votre foyer ne dépasse pas 15 000 € sur l'année. Ce total additionne tous vos biens loués vides (article 32 du code général des impôts). Vous n'avez rien à demander.

Vous ne déduisez aucune charge. À la place, l'administration retire d'office 30 % des loyers : c'est l'« abattement forfaitaire ». Vous êtes donc imposé sur 70 % des loyers.

Concrètement :

  1. Faites le total des loyers bruts encaissés dans l'année, hors charges.
  2. Inscrivez ce montant en case 4BE de votre déclaration de revenus, sans retirer vous-même les 30 %.
  3. Vous n'avez pas de justificatif de charges à garder pour le calcul de l'impôt.

Le micro-foncier est exclu dans certains cas :

  • vous ne touchez des loyers qu'à travers des parts de sociétés ;
  • un de vos biens relève d'un régime spécial : monument historique, ancien dispositif Robien ou Borloo neuf, nue-propriété ;
  • vous avez choisi le statut du bailleur privé pour un logement.

Le régime réel : ce que vous déduisez

Au régime réel, vous êtes imposé sur vos loyers moins vos vraies charges de l'année. Il s'impose à vous au-delà de 15 000 € de loyers. En dessous, vous pouvez le choisir en remplissant la déclaration 2044. Ce choix vous engage pour trois ans et vaut pour tous vos biens loués vides. Quand cette option vaut le coup, et comment la prendre : voir le régime réel des revenus fonciers.

Vous déduisez notamment (article 31 du code général des impôts) :

  • les intérêts et frais de votre emprunt, assurance du prêt comprise ;
  • les travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration, mais pas les travaux d'agrandissement ou de construction ;
  • la taxe foncière, sans la taxe d'ordures ménagères ;
  • les charges de copropriété que le locataire ne vous rembourse pas ;
  • les assurances, par exemple celle du propriétaire non occupant ou contre les loyers impayés ;
  • les frais versés à une agence pour gérer le bien, et un forfait de 20 € par logement.

Vos charges peuvent dépasser vos loyers. Vous avez alors un déficit foncier, qui peut réduire vos autres revenus dans une limite par an : voir le déficit foncier. Le détail des lignes du formulaire est dans la déclaration 2044 pas à pas.

Micro-foncierRégime réel
Pour quiLoyers bruts du foyer de 15 000 € au plusAu-delà de 15 000 €, ou sur option
Revenu imposé70 % des loyers brutsLoyers moins charges réelles et intérêts
Déficit possibleNonOui, imputable en partie sur le revenu global
DéclarationCase 4BE de la 2042Annexe 2044, résultat reporté sur la 2042
JustificatifsAucun pour les chargesFactures et pièces à conserver
Durée d'engagementAucuneTrois ans en cas d'option

Comment l'impôt sur les loyers est‑il calculé ?

Votre revenu foncier imposable s'ajoute à vos autres revenus, puis l'impôt est calculé sur le tout. Le taux monte par tranches : c'est le « barème progressif ». L'impôt en plus dû sur vos loyers dépend de votre tranche la plus haute, appelée tranche marginale : 0, 11, 30, 41 ou 45 %.

Vous payez aussi les prélèvements sociaux de 17,2 %, des contributions qui financent la Sécurité sociale. Pour les revenus fonciers de 2026, ce taux n'a pas été relevé. Celui des locations meublées non professionnelles l'a été (fiche F2329 de Service-Public).

L'impôt et les prélèvements sociaux sont prélevés à la source. Un acompte est débité sur votre compte chaque mois, ou chaque trimestre si vous le demandez (fiche F1991).

Exemple : le même bien dans les deux régimes

Exemple : Martine loue un appartement vide 1 000 € par mois, soit 12 000 € de loyers dans l'année. Elle paie 2 500 € de charges déductibles : taxe foncière, copropriété, assurance, petits travaux. Elle paie aussi 2 000 € d'intérêts d'emprunt. Sa tranche marginale est de 30 %.

Micro-foncierRéel
Revenu imposable12 000 × 70 % = 8 400 €12 000 − 2 500 − 2 000 = 7 500 €
Impôt sur le revenu (30 %)2 520 €2 250 €
Prélèvements sociaux (17,2 %)1 445 €1 290 €
Total3 965 €3 540 €

Ici, le réel fait économiser environ 425 € par an à Martine. En effet, ses charges et ses intérêts (4 500 €) dépassent l'abattement de 30 % (3 600 €). Ce calcul est simplifié. Il ne tient pas compte de la part de CSG (contribution sociale généralisée) déductible, ni de l'effet exact du barème. Le simulateur micro-foncier ou réel compare les deux régimes avec vos chiffres, et le régime meublé en plus.

Quand et comment déclarer ?

Vous déclarez les loyers d'une année au printemps de l'année suivante, en ligne. Vous le faites dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr. Les loyers de 2026 se déclareront donc au printemps 2027, à des dates pas encore publiées.

Le calendrier fiscal du propriétaire rassemble les dates connues. Il rappelle aussi la déclaration d'occupation de vos biens, à faire avant le 1er juillet.

Les cas particuliers

  • Bien en indivision, c'est-à-dire détenu à plusieurs. Chacun déclare sa part des loyers et des charges, selon ses droits sur le bien. Le seuil de 15 000 € se calcule dans chaque foyer : sa part, plus ses autres loyers. Voir l'indivision et ses règles.
  • Démembrement. Le bien est partagé entre l'usufruitier, qui l'utilise ou touche les loyers, et le nu-propriétaire, qui en récupérera la pleine propriété. C'est l'usufruitier qui touche les loyers et les déclare. Le nu-propriétaire qui paie de gros travaux remplit la 2044 spéciale.
  • Location d'une partie de votre logement. Une chambre louée vide dans votre résidence principale produit un revenu foncier. Vous ne déduisez alors que les charges de la partie louée.
  • Changement de régime en cours de route. Si vos loyers dépassent 15 000 € une année, le réel s'applique pour cette année-là. Si vous repassez ensuite sous le seuil sans avoir choisi le réel, le micro-foncier revient.
  • Location meublée en parallèle. Les deux types de location se déclarent séparément. Les loyers meublés ne comptent pas dans le seuil de 15 000 €.

Votre situation peut combiner SCI, démembrement ou biens à l'étranger. Dans ce cas, un expert-comptable ou un conseiller fiscal vous dira ce qui s'applique à vous. I Love Immo n'est pas conseiller fiscal.

À lire aussi : prélèvements sociaux sur loyers et plus-values et déclarer ses loyers : quelles cases remplir.

Ce qu'il faut retenir

  • Les loyers d'une location vide sont des revenus fonciers. Ils sont soumis à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux de 17,2 %.
  • Jusqu'à 15 000 € de loyers bruts par foyer, le micro-foncier impose 70 % des loyers, déclarés en case 4BE.
  • Le réel déduit vos vraies charges et vos intérêts. Il s'impose au-delà de 15 000 € et peut être choisi pour trois ans en dessous.
  • Le réel devient intéressant quand vos charges et intérêts dépassent 30 % des loyers, surtout l'année de gros travaux.
  • L'impôt est prélevé à la source, par un acompte mensuel ou trimestriel.

Passer à l'action

Micro-foncier ou réel, location nue ou meublée : simulateur

Le même bien loué vide ou meublé : le revenu net après impôt dans les quatre régimes.

Ouvrir l'outil gratuit

Questions fréquentes

Les charges payées par le locataire font‑elles partie des revenus fonciers ?

Non. Les charges que le locataire vous rembourse (eau, entretien des parties communes, ordures ménagères) ne sont pas imposables. En retour, vous ne déduisez pas les dépenses correspondantes. Seuls le loyer hors charges et les recettes annexes entrent dans le revenu brut.

Le seuil de 15 000 € s'apprécie‑t‑il par logement ?

Non. Il se calcule pour tout votre foyer fiscal, en additionnant tous vos biens loués vides. Votre part des loyers de SCI ou de SCPI compte aussi. Exemple : deux appartements loués 700 € par mois chacun donnent 16 800 € par an. Vous passez donc obligatoirement au réel.

Le dépôt de garantie versé par le locataire est‑il imposable ?

Pas quand vous le recevez. Il devient imposable l'année où vous le gardez, par exemple pour compenser des loyers impayés. C'est aussi le cas si vous le gardez pour payer une remise en état après le départ du locataire, ou des charges locatives.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

Rédaction

L'équipe éditoriale I Love Immo

Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.

Relecture

À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.

Sources vérifiées le 16 octobre 2026.

Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale

Sources officielles (5)vérifiées le 16 octobre 2026

Sur le même sujet

À lire aussi

Commençons par votre adresse.

Nous en déduisons les documents qui comptent pour votre bien.

Lettre gratuite

Les règles changent, la lettre vous prévient

Une fois par semaine : les nouvelles règles et leurs dates, quelques chiffres du marché avec leur source, et les échéances à prévoir avant de vendre ou de louer.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la lettre I Love Immo chaque semaine par e-mail. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, en un clic, depuis chaque lettre. Votre adresse ne sert qu'à cet envoi : elle n'est ni vendue ni transmise. Confidentialité