Que recouvrent les « frais de notaire » ?
Ce sont toutes les sommes que l'acheteur verse au notaire à la signature. Dans l'ancien, la plus grande part revient à l'État et aux collectivités locales :
- les droits de mutation, c'est-à-dire les taxes sur la vente : taxe départementale, taxe communale et frais d'assiette perçus par l'État ;
- la contribution de sécurité immobilière, une taxe liée à l'inscription de la vente au fichier immobilier ;
- les émoluments du notaire, c'est-à-dire sa rémunération, fixée par un barème national, et les débours, les frais qu'il avance pour le dossier.
Si vous empruntez, d'autres frais peuvent s'ajouter : honoraires de l'acte de prêt, frais d'inscription d'une hypothèque ou d'un privilège de prêteur de deniers. Ces deux garanties protègent la banque si le prêt n'est pas remboursé. Pour estimer les frais d'un achat, utilisez le calcul des frais de notaire.
Cette distinction compte : les deux groupes de frais n'ont pas le même traitement fiscal.
En location vide : pas de déduction des frais d'achat
En location vide, vos frais d'achat ne se déduisent pas. Vos loyers sont des revenus fonciers, et seules les charges prévues par la loi s'en déduisent (article 31 du code général des impôts). Les frais d'achat n'en font pas partie : voir la liste des charges déductibles.
La doctrine de l'administration fiscale, le BOFiP, le dit clairement. Les honoraires de l'acte d'achat servent à acquérir un bien immobilier : ils ne se déduisent pas. Les droits de mutation sont, eux aussi, exclus des impôts déductibles.
Voici où déclarer chaque frais sur la 2044, le formulaire des revenus fonciers :
| Frais | Location vide au réel | Où le déclarer |
|---|---|---|
| Droits de mutation de l'achat | Non déductibles | — |
| Honoraires du notaire pour l'acte d'achat | Non déductibles | — |
| Commission d'agence payée par l'acheteur | Non déductible | — |
| Honoraires du notaire pour l'acte de prêt, hypothèque, privilège de prêteur de deniers | Déductibles | Ligne 250 de la 2044, avec les intérêts |
| Frais de dossier bancaire, commission de caution | Déductibles | Ligne 250 |
| Intérêts d'un emprunt qui finance aussi les frais d'achat | Déductibles | Ligne 250 |
| Honoraires d'un notaire pour un litige avec le locataire | Déductibles | Ligne 221, frais de procédure |
Sources : doctrine fiscale (BOFiP) et notice de la 2044 de 2026. Pour la commission de caution, seule la part qui ne vous est pas rendue en fin de prêt se déduit.
Concrètement :
- Demandez au notaire un décompte détaillé, qui sépare les frais du prêt de ceux de la vente.
- Reportez les frais du prêt ligne 250 de la 2044, avec les intérêts.
- Gardez ce décompte avec vos justificatifs.
La règle est la même au micro-foncier et au réel. Au micro-foncier, de toute façon, rien ne se déduit : la réduction forfaitaire de 30 % couvre déjà toutes les charges.
En location meublée au réel : déduire ou amortir
En location meublée au réel, vous avez le choix : déduire les frais d'achat la première année, ou les étaler sur plusieurs années. La location meublée non professionnelle (LMNP) est le statut du particulier qui loue meublé sans en faire son métier. Au régime réel, le logement est inscrit dans vos comptes comme un bien d'entreprise.
La loi vous laisse alors deux options pour les droits de mutation, les honoraires et les frais d'acte (article 38 quinquies de l'annexe III du code général des impôts) :
- les déduire en une fois, l'année de l'achat ;
- ou les ajouter au coût du bien et les amortir avec lui : une part se déduit alors chaque année.
Vous faites ce choix dans votre comptabilité elle-même. Il est définitif. Il s'applique de la même façon à tous les biens inscrits dans vos comptes.
Exemple : Paul achète un studio 200 000 € et paie 15 000 € de frais d'achat. Il le loue meublé au réel. La première année, il encaisse 9 000 € de loyers et paie 3 000 € d'autres charges.
| Frais déduits la première année | Frais ajoutés au coût du bien | |
|---|---|---|
| Résultat avant amortissement | 9 000 − 3 000 − 15 000 = − 9 000 € | 9 000 − 3 000 = 6 000 € |
| Effet sur l'année | Déficit de 9 000 €, reporté sur les bénéfices de location meublée des dix années suivantes | L'amortissement, grossi des frais, peut ramener le résultat à zéro |
| Effet ensuite | Pas d'amortissement de frais les années suivantes | Une fraction des frais se déduit chaque année, pour la part qui correspond au bâtiment, hors terrain |
Le premier choix concentre la déduction au début de la location. Le second l'étale sur la durée d'amortissement du bâtiment. Votre expert-comptable retient celui qui convient à vos prévisions.
Les autres charges et l'amortissement sont détaillés dans les charges déductibles en LMNP et l'amortissement en LMNP. Au micro-BIC, le régime simple de la location meublée, aucune déduction n'est possible, comme au micro-foncier.
Dans une SCI : tout dépend de son régime
Une société civile immobilière (SCI) suit les règles de son régime fiscal :
- SCI à l'impôt sur le revenu qui loue vide : ses loyers sont des revenus fonciers. Les règles de la location vide s'appliquent : les frais d'achat ne se déduisent pas, les frais du prêt, si.
- SCI à l'impôt sur les sociétés : elle tient une comptabilité d'entreprise. Elle a le même choix que le loueur en meublé : déduire les frais tout de suite ou les amortir.
Le comparatif SCI à l'IR ou à l'IS donne les grandes lignes, et l'achat d'un bien en SCI détaille les étapes.
À la revente : les frais réduisent la plus-value
À la revente, vos frais d'achat vous servent à nouveau, sauf pour votre résidence principale. La plus-value est le gain imposé : en gros, le prix de vente moins le prix d'achat. La loi permet d'ajouter les frais d'achat au prix d'achat, ce qui réduit ce gain (article 150 VB du code général des impôts). Vous avez le choix entre :
- les frais réels, avec justificatifs : honoraires du notaire, droits d'enregistrement, commission d'agence due par l'acheteur ;
- un forfait de 7,5 % du prix d'achat, sans justificatif.
Exemple : Anne a acheté un appartement 200 000 € avec 14 000 € de frais réels. Le forfait lui donne 15 000 € : il est plus favorable. Si ses frais réels avaient atteint 16 000 €, elle aurait eu intérêt à les justifier. Le calcul de la plus-value permet de comparer.
En LMNP, une règle de 2025 retire du prix d'achat les amortissements déjà déduits. Elle complique ce calcul quand les frais ont été amortis ou déduits. Demandez au notaire chargé de la vente le prix d'achat à retenir.
Les cas particuliers
- Résidence principale. Aucune déduction tant que vous l'habitez, et le gain fait à la vente n'est pas imposé.
- Succession ou donation. Les droits de succession ou de donation ne se déduisent pas des loyers. En revanche, si vous empruntez pour payer les droits de succession d'un bien loué, les intérêts de ce prêt se déduisent.
- Denormandie ou Pinel. Les frais d'achat entrent dans le prix de revient, c'est-à-dire le coût total qui sert de base à la réduction d'impôt : voir le dispositif Denormandie.
- Vente d'une quote-part. Vous ne vendez qu'une partie du bien, ou un droit sur celui-ci ? Les frais d'achat ne comptent alors que dans la même proportion que le prix. C'est le cas, par exemple, si vous vendez votre part d'une indivision, quand plusieurs personnes possèdent le bien ensemble.
Ces choix pèsent sur plusieurs années d'impôt et sur la revente. Pour votre cas, demandez conseil à votre notaire, à un expert-comptable ou à un conseiller fiscal. I Love Immo n'exerce aucune de ces professions.
À lire aussi : intérêts d'emprunt : déductibles des loyers ? et régime réel des revenus fonciers : quand l'opter.
Ce qu'il faut retenir
- En location vide, les frais de notaire de l'achat ne se déduisent pas des loyers ; ceux du prêt, oui, avec les intérêts.
- Demandez au notaire un décompte qui sépare l'acte de vente de l'acte de prêt.
- En location meublée au réel ou en société à l'impôt sur les sociétés, les frais d'achat se déduisent la première année ou s'amortissent. Ce choix est définitif.
- À la revente d'un bien autre que la résidence principale, ils s'ajoutent au prix d'achat : frais réels ou forfait de 7,5 %.
- Au micro-foncier et au micro-BIC, la réduction forfaitaire couvre tout : aucune déduction n'est possible.
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Micro-foncier ou réel, location nue ou meublée : simulateur
Le même bien loué vide ou meublé : le revenu net après impôt dans les quatre régimes.
Questions fréquentes
Les frais de notaire d'une résidence principale sont‑ils déductibles des impôts ?
Non. Un logement que vous habitez ne rapporte aucun revenu imposable, donc aucune charge ne s'en déduit. Et le gain fait à la vente de votre résidence principale, la plus-value, n'est pas imposé. La question des frais d'achat ne se pose donc pas non plus à la revente.
Les honoraires du notaire pour le prêt immobilier se déduisent‑ils ?
Oui, si le prêt finance un logement loué vide. Les honoraires de l'acte de prêt sont des frais d'emprunt déductibles des revenus fonciers. C'est aussi le cas des frais d'inscription d'une hypothèque ou d'un privilège de prêteur de deniers, deux garanties prises par la banque. Il faut pouvoir les distinguer des frais de l'acte d'achat sur le décompte du notaire.
Peut‑on étaler les frais de notaire en LMNP ?
Oui, au régime réel. Vous ajoutez les frais au coût du logement, et ils s'amortissent avec lui : une part se déduit chaque année, sauf celle qui correspond au terrain. L'autre choix est de les déduire en une fois la première année. Ce choix est définitif et vaut pour tous les biens inscrits dans vos comptes de loueur en meublé.
Faut‑il garder le décompte du notaire après l'achat ?
Oui, aussi longtemps que vous gardez le bien. Il sépare les frais de l'acte d'achat de ceux du prêt. À la revente, il prouve vos frais réels si vous ne prenez pas le forfait de 7,5 %. En location meublée, il sert aussi de base au tableau d'amortissement.
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Sources officielles (6)vérifiées le 16 octobre 2026
- BOI-RFPI-BASE-20-80 : revenus fonciers, intérêts et frais d'emprunt (honoraires de l'acte d'achat non déductibles)BOFiP-Impôts (DGFiP)
- BOI-RFPI-BASE-20-50 : revenus fonciers, impôts déductibles (droits de mutation exclus)BOFiP-Impôts (DGFiP)
- BOI-BIC-CHG-20-20-10 : frais d'acquisition des immobilisations (option charge ou actif)BOFiP-Impôts (DGFiP)
- BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20 : plus-values immobilières, majoration du prix d'acquisition (forfait de 7,5 %)BOFiP-Impôts (DGFiP)
- Article 31 du code général des impôts (charges déductibles des revenus fonciers)Légifrance
- Notice pour remplir la déclaration n° 2044 des revenus fonciers de l'année 2025impots.gouv.fr (DGFiP)
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