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Fiscalité · 8 min de lecture

Charges déductibles des revenus fonciers : la liste de l'article 31, les travaux qui passent et ceux qui ne passent pas

Mis à jour le 17 octobre 2026

La réponse en bref

En location vide, si vous déclarez vos dépenses réelles, seules les charges prévues par la loi se déduisent de vos loyers (article 31 du code général des impôts). Ce sont l'entretien, les réparations, l'amélioration, les assurances, les charges de copropriété, la taxe foncière, les intérêts d'emprunt et les frais de gestion, payés dans l'année. Les travaux de construction ou d'agrandissement, les frais d'achat et le capital emprunté ne se déduisent jamais. Au micro-foncier, le régime simple, une réduction forfaitaire de 30 % remplace toutes ces charges.

Une liste fixée par la loi

En location vide, vous ne déduisez que les charges prévues par la loi. C'est l'inverse de la règle de la location meublée. Le code général des impôts fixe cette liste pour les immeubles bâtis. La version actuelle s'applique depuis le 21 février 2026.

Une nouvelle version s'appliquera au 1er janvier 2027. Elle découle de la réorganisation des textes sur la TVA. Elle garde notamment le forfait de 20 € par local.

Trois conditions s'ajoutent à cette liste :

  • le régime réel, c'est-à-dire la déclaration de vos vraies dépenses. Il est obligatoire si vos loyers dépassent 15 000 € par an, avant toute charge. En dessous, vous pouvez le choisir, mais pour trois ans (fiche F1991 de Service-Public) ;
  • le paiement dans l'année : une facture de décembre réglée en janvier se déduit l'année suivante ;
  • les justificatifs : factures, avis de taxe foncière, relevés du syndic, tableau de remboursement du prêt. Vous les gardez chez vous, sans les joindre à la déclaration.

Les charges déductibles, catégorie par catégorie

Le tableau suit l'ordre de la loi. Pour chaque catégorie, il donne des exemples et ce qui reste exclu.

CatégorieExemplesCe qui reste exclu
Réparation et entretienRemise en état d'une toiture, ravalement, remplacement de la chaudière, traitement contre les termitesVotre propre travail : le temps que vous y passez ne se déduit pas
AssurancesAssurance propriétaire non occupant, loyers impayés, incendie, dégâts des eauxAssurance du mobilier ou du matériel
Dépenses du locataire que vous avez payéesCharges récupérables encore impayées au 31 décembre de l'année de son départCelles que vous récupérez ensuite
Provisions de copropriétéSommes versées au syndic dans l'année, corrigées l'année suivantePart récupérable sur le locataire
AméliorationInstallation du chauffage central, d'une salle d'eau, d'une cuisine ; réfection de l'électricité sans gain de surfaceLocaux qui ne sont pas des logements, sauf retrait de l'amiante ou accès des personnes handicapées
ImpôtsTaxe foncière et taxes annexes à votre chargeTaxe d'enlèvement des ordures ménagères, que vous récupérez sur le locataire
Intérêts et frais d'empruntIntérêts, assurance du prêt, frais de dossier, garantie, honoraires de l'acte de prêtRemboursement du capital
Frais de gestionAgence, administrateur de biens, gardien, frais de procédure ; forfait de 20 € par local pour les petits fraisAucun complément au-delà de ces 20 € pour les petits frais

Sources : code général des impôts et notice de la déclaration 2044 de 2026. La 2044 est le formulaire des revenus fonciers, c'est-à-dire des loyers de location vide. Pour savoir sur quelle ligne reporter chaque dépense, voir la déclaration 2044.

Les travaux : entretien, amélioration ou agrandissement ?

C'est la question qui compte le plus. L'entretien et l'amélioration se déduisent, l'agrandissement jamais. La notice de la 2044 distingue trois catégories :

  • Entretien et réparation : vous gardez le logement en état, ou vous le remettez en état, sans le transformer. Déductible. Exemples : remplacer une chaudière, refaire la toiture à l'identique, mettre un ascenseur aux normes, faire les diagnostics imposés par la réglementation.
  • Amélioration : vous ajoutez un équipement ou un confort nouveau, sans toucher à la structure. Déductible pour les logements. Exemples : créer une salle d'eau, installer le chauffage central, agrandir les fenêtres, aménager des appartements dans les volumes existants.
  • Construction, reconstruction, agrandissement : vous créez des locaux, vous modifiez fortement la structure (murs porteurs, planchers, charpente), ou vous augmentez le volume ou la surface habitable. Non déductible. Les travaux qui vont avec ne se déduisent pas non plus, comme la réfection de la toiture quand vous surélevez d'un étage.

Les réparations que le bail ou la loi mettent à la charge du locataire, dites « locatives », ne se déduisent pas. Il existe trois exceptions :

  • les réparations dues à l'usure normale (la vétusté) ou à un événement imprévisible et inévitable (la force majeure) ;
  • les travaux faits pour relouer plus facilement, comme repeindre avant un nouveau bail ;
  • les charges récupérables que le locataire ne vous a pas payées.

Les travaux de rénovation énergétique sont des travaux d'amélioration ordinaires, donc déductibles. Ils donnent droit à un bonus s'ils font passer le logement d'une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D. Ces classes sont celles du diagnostic de performance énergétique (DPE). Le bonus porte sur le déficit foncier, c'est-à-dire l'excédent de vos charges sur vos loyers. Hors intérêts d'emprunt, ce déficit se déduit de vos autres revenus, comme une retraite ou un salaire. La limite passe alors de 10 700 € à 21 400 € par an. Cela vaut pour les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2027 : voir le déficit foncier.

Ce qui ne se déduit pas

Cinq dépenses ne se déduisent pas, même quand elles concernent le logement loué :

  • Les frais d'achat : droits de mutation (les taxes payées à l'achat), honoraires de l'acte de vente, commission d'agence. Ils servent à acheter le bien, pas à en tirer un loyer. Seuls les frais liés au prêt se déduisent : voir les frais de notaire et l'impôt.
  • Le capital remboursé : seuls les intérêts et les frais du prêt se déduisent, selon la doctrine publiée par l'administration fiscale (BOFiP).
  • La taxe d'enlèvement des ordures ménagères : vous la récupérez sur le locataire, même si elle figure sur votre avis de taxe foncière.
  • Les travaux d'agrandissement ou de construction, et votre propre main-d'œuvre.
  • Les charges d'un logement que vous occupez : dans un immeuble dont une partie seulement est louée, seules les charges des parties louées se déduisent. Le partage suit les pourcentages de répartition des charges entre occupants.

Exemple : une maison louée vide

Michèle loue une maison vide 1 200 € par mois, soit 14 400 € de loyers en 2026. Dans l'année, elle paie :

DépenseMontantDéductible ?
Remplacement de la chaudière4 800 €Oui, entretien
Assurances propriétaire non occupant et loyers impayés520 €Oui
Taxe foncière hors ordures ménagères1 300 €Oui
Honoraires de l'agence de gestion860 €Oui
Forfait de gestion pour un local20 €Oui
Intérêts et assurance du prêt1 900 €Oui
Construction d'une véranda12 000 €Non, agrandissement

Ses charges déductibles s'élèvent à 9 400 €. Son revenu foncier net, celui qui est imposé, est donc de 14 400 − 9 400 = 5 000 €. Au micro-foncier, possible puisque ses loyers restent sous 15 000 €, elle aurait été imposée sur 14 400 × 70 % = 10 080 €.

Le réel est plus favorable cette année. Mais ce choix l'engage pour trois ans. Le comparateur micro-foncier ou réel refait le calcul sur plusieurs années.

La véranda n'est pas perdue pour autant. Comme elle n'a jamais été déduite des loyers, elle pourra s'ajouter au prix d'achat lors du calcul de la plus-value.

Travaux déductibles et plus-value : ne pas compter deux fois

Une dépense déduite de vos loyers ne sert pas une seconde fois quand vous revendez. La plus-value, c'est le gain imposé à la revente : en gros, le prix de vente moins le prix d'achat. Vous pouvez ajouter au prix d'achat vos dépenses de construction, d'agrandissement ou d'amélioration. Mais seulement celles qui n'ont pas déjà réduit votre impôt sur le revenu (article 150 VB du code général des impôts).

Une chaudière déduite des loyers ne compte donc pas une seconde fois. Après cinq ans de détention, si vous n'avez pas de justificatifs, vous pouvez ajouter un forfait de 15 % du prix d'achat.

Concrètement :

  1. Tenez un dossier en deux parties : les travaux déduits des loyers, et ceux qui ne l'ont pas été.
  2. Gardez-y les factures, année par année.
  3. Remettez ce dossier au notaire au moment de la vente : il en aura besoin pour calculer la plus-value.

Le calcul de la plus-value vous donne un ordre de grandeur.

Les cas particuliers

  • SCI à l'impôt sur le revenu. Une société civile immobilière (SCI) qui loue vide suit les mêmes règles. Elle calcule son revenu foncier sur la déclaration 2072. Chaque associé reporte ensuite sa part sur sa propre déclaration. Voir la déclaration 2072 de la SCI.
  • Logement acheté sous le statut du bailleur privé. Depuis le 21 février 2026, la loi ajoute une déduction pour certains logements neufs ou rénovés loués vide. C'est un amortissement : une part du prix du logement se déduit chaque année. Voir le statut du bailleur privé.
  • Nu-propriétaire qui paie de gros travaux. Le nu-propriétaire possède le logement, mais c'est l'usufruitier qui l'occupe ou en touche les loyers. S'il paie de gros travaux, il les déclare sur la 2044 spéciale, même sans toucher de loyers. Voir qui paie quoi entre usufruitier et nu-propriétaire.
  • Local professionnel ou commercial. Les travaux d'amélioration n'y sont déductibles que dans deux cas : retirer l'amiante ou faciliter l'accueil des personnes handicapées.
  • Monument historique. Il suit ses propres règles de déduction : voir Malraux et monuments historiques.
  • Subventions et indemnités. Une aide de l'Anah (l'Agence nationale de l'habitat) ou une indemnité d'assurance peut financer des travaux déduits. Dans ce cas, vous la déclarez comme une recette.

Pour un chantier important, un démembrement (nue-propriété d'un côté, usufruit de l'autre) ou une SCI familiale, faites valider le classement des travaux par un expert-comptable ou un conseiller fiscal. I Love Immo n'est ni l'un ni l'autre.

À lire aussi : intérêts d'emprunt : déductibles des loyers ? et régime réel des revenus fonciers : quand l'opter.

Ce qu'il faut retenir

  • En location vide au régime réel, seules les charges prévues par la loi se déduisent, pour le montant payé dans l'année.
  • L'entretien, les réparations et l'amélioration des logements se déduisent ; la construction, la reconstruction et l'agrandissement, jamais.
  • Les assurances, la taxe foncière hors ordures ménagères, les provisions de copropriété, les intérêts et frais d'emprunt et les frais de gestion se déduisent aussi.
  • Les frais d'achat du logement et le capital emprunté ne se déduisent pas.
  • Une dépense déduite des loyers ne s'ajoute pas une seconde fois au prix d'achat à la revente.

Passer à l'action

Micro-foncier ou réel, location nue ou meublée : simulateur

Le même bien loué vide ou meublé : le revenu net après impôt dans les quatre régimes.

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Questions fréquentes

Les diagnostics immobiliers sont‑ils déductibles des loyers ?

Oui, au régime réel, quand la réglementation les impose. La notice de la déclaration 2044 les range parmi les dépenses d'entretien déductibles. Elle cite la recherche d'amiante, le constat de risque d'exposition au plomb et l'information des locataires sur les risques naturels et technologiques.

Les frais d'agence pour trouver un locataire se déduisent‑ils ?

Oui. La commission versée à une agence pour trouver un locataire et rédiger le bail se déduit pour son montant réel. Elle fait partie des frais de gestion, comme les honoraires d'un administrateur de biens, le professionnel qui gère le logement à votre place.

Peut‑on déduire les travaux d'une résidence secondaire ?

Pas si elle n'est pas louée. Un logement que vous gardez pour vous ne rapporte aucun loyer, donc aucune charge ne se déduit. Louée vide, elle suit les règles de cette page. Louée meublée, même quelques semaines, elle suit d'autres règles : celles des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), le régime de la location meublée.

Toutes les charges de copropriété sont‑elles déductibles ?

Non. Seule la part qui reste à votre charge se déduit. Vous déduisez d'abord les provisions versées au syndic dans l'année. L'année suivante, vous corrigez ce montant : vous retirez la part récupérable sur le locataire et les dépenses non déductibles, comme l'agrandissement des parties communes.

Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plus

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