Combien valent les parts ?
Vous déclarez la valeur réelle des parts. Ce n'est pas leur valeur de départ inscrite dans les statuts, dite valeur nominale. Pour la trouver, prenez la valeur des biens de la SCI, retirez ses dettes, puis divisez par le nombre de parts. Service-Public le rappelle : les dettes de la société, notamment le prêt qui a financé l'achat, viennent en déduction.
Exemple : une SCI possède une maison estimée 400 000 €. Elle doit encore 100 000 € à sa banque. Sa valeur nette est donc de 300 000 €. Le capital compte 1 000 parts : chacune vaut 300 €. Un parent qui donne 200 parts transmet 60 000 €, et non un cinquième de la maison.
Faites d'abord estimer sérieusement le bien. L'administration fiscale peut contester une valeur trop basse. Le notaire vous aidera à justifier l'estimation.
Quels droits de donation payer ?
Chaque enfant peut recevoir 100 000 € de chacun de ses parents sans payer de droits, sur une période de quinze ans. C'est l'abattement. Au-delà, l'impôt se calcule par tranches : 5 % jusqu'à 8 072 €, puis des taux qui montent jusqu'à 20 % entre 15 933 € et 552 324 €, et davantage au-delà.
Vous pouvez donc étaler vos dons : une donation de parts aujourd'hui, une autre dans quinze ans, avec un nouvel abattement de 100 000 €.
Petits-enfants. L'abattement est de 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant.
Pour chiffrer votre cas, utilisez le calcul des droits de donation. Les honoraires du notaire, appelés émoluments, s'ajoutent aux droits.
Donner la nue-propriété des parts et garder l'usufruit
Vous pouvez donner les parts tout en gardant leurs revenus. Vous donnez alors la nue-propriété : vos enfants deviennent propriétaires, mais sans les revenus. Vous gardez l'usufruit, c'est-à-dire le droit de toucher votre part des bénéfices. Vos enfants deviendront pleins propriétaires au décès du dernier parent usufruitier.
Les droits ne portent que sur la valeur de la nue-propriété. Elle dépend de l'âge du parent, selon un barème fiscal (article 669 du code général des impôts). Par exemple, elle vaut 60 % de la valeur totale si le parent a moins de 71 ans, et 70 % s'il a moins de 81 ans. Au décès du parent, l'enfant récupère l'usufruit sans payer de nouvel impôt.
Exemple : Anne, 67 ans, et Jacques, 65 ans, détiennent chacun 500 parts d'une SCI, à 300 € la part. Chacun donne la nue-propriété de 250 parts à chacun de leurs deux enfants. Ces 250 parts valent 75 000 € en pleine propriété. Leur nue-propriété, à 60 %, vaut 45 000 €. Chaque enfant reçoit donc 45 000 € de chacun de ses parents. C'est sous l'abattement de 100 000 € : aucun droit de donation n'est dû.
Qui vote ? Le parent usufruitier et l'enfant nu-propriétaire participent tous deux aux décisions. Par défaut, le parent vote sur l'usage des bénéfices, et l'enfant sur le reste. Les statuts peuvent organiser le vote autrement. C'est souvent ce qui permet aux parents de garder la gestion.
Les règles générales sont dans usufruit et nue-propriété. Le barème se calcule avec le calcul usufruit et nue-propriété.
Que se passe‑t‑il au décès d'un associé ?
Le décès ne met pas fin à la SCI : elle continue avec les héritiers ou ceux qui reçoivent les parts par testament. Les statuts peuvent toutefois prévoir autre chose :
- les héritiers doivent être acceptés par les autres associés (c'est l'« agrément ») ;
- la société est dissoute ;
- la société continue avec les seuls associés survivants, ou avec des personnes désignées.
Les héritiers qui ne deviennent pas associés reçoivent la valeur des parts, fixée au jour du décès.
Côté impôt, les parts entrent dans la succession pour leur valeur au décès, dettes de la société déduites. Pour la résidence principale du défunt, la loi prévoit d'habitude une réduction de 20 % de sa valeur. Elle ne s'applique pas si le logement appartient à une SCI. Le calcul des droits de succession donne un ordre de grandeur.
Si plusieurs enfants héritent des mêmes parts, ils les possèdent ensemble, en indivision sur les parts, et non sur la maison. Ils doivent choisir l'un d'eux, ou une autre personne, pour voter en leur nom. S'ils ne s'entendent pas, le juge le désigne.
Vendre des parts à ses enfants plutôt que les donner
Vous pouvez aussi vendre des parts à vos enfants. Les règles sont alors différentes :
- Le prix doit correspondre à la valeur réelle. Dans une famille, l'administration fiscale peut vérifier ce prix. Un prix fictif peut être traité comme une donation déguisée, donc taxé comme une donation.
- La forme. Depuis le 27 juin 2026, la vente de parts d'une SCI qui possède surtout de l'immobilier, dite « à prépondérance immobilière », exige un acte écrit par un professionnel. Ce peut être un acte de notaire, un acte contresigné par un avocat ou, dans certains cas, un acte rédigé par un expert-comptable. Sinon, la vente est nulle (article 1865-1 du Code civil, créé par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026).
- Les droits d'enregistrement, c'est-à-dire la taxe sur la vente, sont payés par l'acheteur, sauf accord contraire. Ils sont de 5 % du prix pour une SCI à prépondérance immobilière. Pour les autres sociétés, ils sont de 3 %, après un abattement de 23 000 € ramené à la proportion des parts vendues.
- Le gain du vendeur peut être imposable. Le calcul dépend du régime fiscal de la SCI et de ce qu'elle possède.
Exemple : Michel vend à sa fille 100 parts d'une SCI à prépondérance immobilière, pour 30 000 €. Elle paie 1 500 € de droits d'enregistrement (5 %). S'y ajoutent les honoraires de l'acte.
Les cas particuliers
- Statuts. Une clause d'agrément peut viser les enfants eux-mêmes. Une clause sur le décès peut prévoir que les parts reviendront au conjoint survivant. Relisez les statuts avant toute donation.
- Pacte Dutreil. Ce dispositif réduit les droits sur la transmission d'une entreprise. Il ne s'applique pas aux sociétés qui gèrent un patrimoine immobilier : une SCI ne peut pas en bénéficier.
- Enfant mineur. Il peut recevoir une donation. Ses représentants légaux, en général ses parents, l'acceptent pour lui.
- Bien apporté puis parts données. Beaucoup de parents apportent d'abord un bien à la SCI, puis en donnent les parts : voir apporter un bien immobilier à une SCI.
- Réserve héréditaire. La loi garantit à vos enfants une part minimale de votre patrimoine. Les donations comptent dans cette part. Une donation trop large au profit d'un enfant peut être réduite à votre décès.
- Bien détenu en direct. Sans SCI, les héritiers possèdent la maison elle-même ensemble : voir la maison en indivision entre frères et sœurs. Pour un bien dont la propriété est partagée entre usufruit et nue-propriété, voir la nue-propriété au décès de l'usufruitier.
Préparez la donation, le choix entre pleine propriété et nue-propriété et la rédaction des statuts avec un notaire. Pour les impôts, consultez aussi un conseiller fiscal. I Love Immo n'est ni notaire ni conseiller fiscal. L'annuaire vous aide à trouver un professionnel près de chez vous.
À lire aussi : SCI : avantages et inconvénients et SCI familiale : avantages, limites, transmission.
Ce qu'il faut retenir
- Vous transmettez des parts de la société, pas le bien : la SCI et le bien restent en place.
- Donner des parts exige un acte de notaire ; les droits portent sur leur valeur, dettes de la SCI déduites.
- Chaque enfant a un abattement de 100 000 € par parent, renouvelable tous les quinze ans.
- Donner la nue-propriété réduit la valeur taxée ; au décès du parent, l'enfant récupère l'usufruit sans nouvel impôt.
- Vendre des parts coûte 5 % de droits pour une SCI immobilière, et l'acte passe par un professionnel depuis le 27 juin 2026.
Passer à l'action
Trouver un professionnel vérifié
Notaires, géomètres-experts, agents immobiliers : l'annuaire des professionnels dont l'inscription ou la carte professionnelle a été vérifiée.
Questions fréquentes
Peut‑on donner des parts de SCI sans passer par un notaire ?
Non. Une donation de votre vivant doit être faite par un acte de notaire, sinon elle est nulle (article 931 du Code civil). Le notaire évalue les parts avec vous, rédige l'acte et l'enregistre auprès de l'administration fiscale.
Mes enfants doivent‑ils être agréés par les autres associés pour recevoir des parts ?
En principe, non : la loi dispense vos enfants de cet accord des autres associés, appelé agrément. Mais les statuts peuvent l'exiger, même pour les enfants. Relisez la clause des statuts sur la cession des parts avant de signer.
Que deviennent les parts si je meurs avant d'avoir tout donné ?
Les parts que vous détenez encore entrent dans votre succession, pour leur valeur au jour du décès, dettes de la société déduites. Vos héritiers deviennent associés, sauf si les statuts exigent leur agrément. Ceux qui ne sont pas acceptés reçoivent la valeur des parts.
Combien coûte une vente de parts de SCI à son enfant ?
L'enfant qui achète paie des droits d'enregistrement de 5 % du prix si la SCI possède surtout de l'immobilier (« à prépondérance immobilière »). S'y ajoutent les honoraires de l'acte. Depuis le 27 juin 2026, cet acte doit être établi par un notaire, contresigné par un avocat ou, dans certains cas, rédigé par un expert-comptable.
Rédaction : L'équipe éditoriale I Love Immo · sources vérifiées le 16 octobre 2026Voir plusVoir moins
Rédaction
L'équipe éditoriale I Love Immo
Nous rédigeons à partir des textes officiels, cités en bas de page, et republions chaque page quand une règle change.
Relecture
À faire vérifier par un avocat ou un professionnel avant de signer.
Sources vérifiées le 16 octobre 2026.
Règle : obligations, durées et seuils : tirés de nos règles versionnées, avec leurs textes et leur date. Explication de la rédaction : le reste du texte, rédigé par l'équipe à partir de ces règles. Ce n'est pas un avis juridique. Notre politique éditoriale
Sources officielles (10)vérifiées le 16 octobre 2026
- Société civile immobilière (SCI) : ce qu'il faut savoir (transmission, valeur des parts)Entreprendre Service-Public
- Quels sont les droits à payer sur une donation selon le lien avec le donateur ?Service-Public.fr
- Faire une donationService-Public.fr
- Article 931 du Code civil (donation par acte notarié)Légifrance
- Article 669 du code général des impôts (valeur de l'usufruit et de la nue-propriété)Légifrance
- Article 1133 du code général des impôts (réunion de l'usufruit à la nue-propriété)Légifrance
- Article 1844 du Code civil (vote de l'usufruitier et du nu-propriétaire, parts indivises)Légifrance
- Articles 1870 et 1870-1 du Code civil (décès d'un associé, héritiers non agréés)Légifrance
- Cession de parts sociales d'une SCI (agrément, forme de l'acte, droits d'enregistrement)Entreprendre Service-Public
- Article 1865-1 du Code civil (cession de parts d'une société à prépondérance immobilière)Légifrance
Sur le même sujet
- Comptabilité d'une SCI : obligations et compte bancaireToute SCI tient une comptabilité et le gérant rend des comptes chaque année. Ce qu'exigent l'IR et l'IS, le compte bancaire et les pièces à garder.
- Prêt immobilier en SCI : conditions, caution, assuranceUne SCI peut emprunter pour acheter ou faire des travaux. Ce que regarde la banque, le rôle du gérant, la caution des associés et l'assurance.
- SCI : combien ça coûte par an ?Une SCI coûte à créer, puis chaque année : comptabilité, assemblée, déclaration, banque, modifications. Les postes de frais et les tarifs officiels de 2026.
- SCI ou SARL de famille : laquelle choisir ?La SCI convient à la location vide, la SARL de famille à la location meublée. Activité, impôt, responsabilité, coûts et transmission : le comparatif.
- SCI seul : peut‑on créer une SCI tout seul ?Une SCI ne se crée pas seul : il faut au moins deux associés. Ce qui se passe si vous restez seul associé, et les autres formules pour détenir un bien seul.
- Acheter un bien en SCI : comment ça marche ?En SCI, c'est la société qui achète et vous détenez des parts. Deux associés au moins, des statuts, l'immatriculation, puis l'acte signé par le gérant.
- Apporter un bien immobilier à une SCIApporter un bien à une SCI, c'est l'échanger contre des parts. Acte notarié, droits selon que la SCI est à l'IR ou à l'IS, plus-value comme pour une vente.
- Assemblée générale de SCI : PV et obligationsChaque décision des associés d'une SCI doit être écrite dans un procès-verbal au contenu fixé par décret. Convocation, majorités, registre et trame du PV.
À lire aussi
- Donation immobilière : droits et frais de notaire 2026Les droits de donation après abattement, la valeur de la nue-propriété et les frais de notaire de l'acte.
- Droits de succession immobilier : calcul par héritierLa part de chaque héritier, son abattement et ses droits, selon son lien avec le défunt.
- Nue-propriété et usufruit : calcul de la valeur selon l'âgeLa valeur fiscale de l'usufruit et de la nue-propriété d'un bien, selon l'âge de l'usufruitier.
- SCI : avantages et inconvénientsLa SCI organise la détention et la transmission d'un bien à plusieurs, mais elle ne baisse pas l'impôt à elle seule. Vrais avantages, contraintes et règles 2026.
- Usufruit et nue-propriété : définitions et droitsL'usufruitier habite le bien ou en perçoit les loyers, le nu-propriétaire en deviendra plein propriétaire. Définitions, droits, charges et fin de l'usufruit.
- Nue-propriété et succession : au décès de l'usufruitierAu décès de l'usufruitier, le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans droits de succession sur ce bien. Exceptions, démarches et décès du nu-propriétaire.
- Succession, donation, indivision : les guidesHéritage, donation, indivision, SCI et viager.
Comment se transmet une SCI ?
Vos enfants peuvent recevoir des parts de quatre façons : trois de votre vivant, et une à votre décès. Une SCI est une société qui possède un ou plusieurs biens immobiliers ; ses associés détiennent des parts, appelées parts sociales.
La société, elle, ne change pas. Le bien reste à son nom et le gérant continue de gérer. Seule la répartition des parts évolue. Il faut ensuite mettre à jour les statuts, c'est-à-dire le règlement de la société.